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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2203749

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2203749

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2203749
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 8
Avocat requérantCOHEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 17 juin 2022 et le 7 septembre 2022, M. C, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique du 12 avril 2022 demandant l'annulation de la décision référencée " 48SI " du 17 février 2022 et l'annulation de cette décision ;

2°) d'annuler les décisions de retraits de points imputés à son permis de conduire pour les infractions des 22 avril 2017, 30 mai 2019, 1er mai 2020 et 25 juillet 2021 ainsi que celles des infractions des 30 janvier 2014, 24 mars 2015, 2 octobre 2015, 25 septembre 2017 et 14 août 2018 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui rendre son permis de conduire avec ses points restitués ;

4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que:

- sa requête est recevable dès lors qu'il ne peut produire la décision attaquée du fait du refus implicite de l'administration de lui transmettre le duplicata de la décision " 48SI " demandée par courrier du 12 avril 2022, et qu'il n'a jamais reçue ;

- les décisions de retraits de points pour les infractions des 22 avril 2017, 30 mai 2019, 1er mai 2020 et 25 juillet 2021 n'ont pas respecté l'obligation d'information imposée par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et il n'en a pas eu notification ;

- la réalité de ces infractions n'est pas établie et il a déposé plusieurs réclamations contentieuses pour trois des amendes correspondantes ;

- en réplique : il n'a toujours pas la copie demandée de la décision " 48SI " et les retraits de points correspondants aux infractions des 30 janvier 2014, 24 mars 2015, 2 octobre 2015, 25 septembre 2017, 14 août 2018 sont entachés des mêmes vices que les autres.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : le requérant ne produit pas la décision attaquée " 48SI " dont il a accusé réception le 17 février 2022 (pièce n°2) ;

- à titre subsidiaire : la réalité des infractions contestées est établie et les retraits de points correspondants ont été décidés après information préalable obligatoire de l'intéressé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C conteste les retraits de points imputés à son permis de conduire pour toutes les infractions commises depuis la reconstitution totale de douze points dont il a bénéficié le 14 juin 2013. Compte-tenu d'ajouts de points en 2016, 2018 et 2019, le solde de son permis de conduire est resté positif jusqu'à l'infraction commise le 25 juillet 2021. Il ressort du relevé d'information intégral de M. C, daté du 19 juillet 2022 et produit par le ministre de l'intérieur au soutien de son mémoire en défense, que le requérant a accusé réception le 17 février 2022 de la décision " 48SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul.

2. L'administration oppose une fin de non recevoir à la requête sur le fondement de l'article R. 412-1 du code de justice administrative selon lequel : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué. () ". Le requérant fait valoir dans sa requête qu'il a appris l'invalidité de son permis de conduire lors d'un banal contrôle routier et qu'en outre il a demandé le duplicata de la décision " 48SI " par courrier RAR reçu par le ministère le 12 avril 2022.

3. En l'espèce, la décision " 48SI " contestée est une décision explicite de l'administration qui a produit à l'instance l'avis rose d'accusé réception de la lettre RAR portant le numéro postal du pli mentionné au relevé d'information intégral précité et concernant la décision " 48SI " attaquée et non produite. Cet avis de couleur rose comporte la mention manuscrite 17/2/22 à la rubrique " Distribué le : " ainsi qu'une signature qui correspond aux signatures de l'intéressé portées sur les procès-verbaux électroniques produits à l'instance et correspondant à des infractions de 2017 et 2019 contestées par le requérant. En outre le numéro postal du pli en cause est identique à celui de la mention portée sur le relevé d'information intégral, daté du 1er mars 2022 et produit à l'instance par M. C, correspondant à la " Lettre 48SI envoyée le 15/02/2022 ".

4. En réponse à la fin de non recevoir opposée à la requête par le ministre de l'intérieur dans son mémoire en défense, le requérant par un mémoire en réplique, se borne à reprendre ses écritures initiales concernant la non réception de la décision " 48SI " sans apporter d'élément de nature à établir l'impossibilité justifiée de produire la décision " 48SI " attaquée. Dans ces conditions la requête qui ne comporte pas l'acte attaqué requis par les dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, est entachée d'irrecevabilité et doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

La magistrate désignée,

D. ALa greffière,

L. Bourechak

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2203749

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