vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203851 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BORGES DE DEUS CORREIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 juin et 16 septembre 2022, M. A C B, représenté par Me Borges De Deus Correia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de renouveler sa carte professionnelle pour l'exercice d'une activité privée de sécurité ;
2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui accorder l'autorisation préalable d'exercer, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, ou à défaut de lui notifier une nouvelle décision sous les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil et, en toute hypothèse, une somme qui ne saurait être inférieure au montant de l'aide juridictionnelle majoré de 50 %.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle a été rendue à la suite d'une procédure irrégulière dans la mesure où il n'est pas justifié que les membres de la commission ont été régulièrement convoqués, que le quorum a été atteint et que la commission a délibéré collégialement ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a été condamné pour défaut d'assurance et a acquitté une amende forfaitaire et qu'aucun autre fait n'est allégué à son encontre ;
- la décision refusant de lui renouveler sa carte professionnelle a conduit à son licenciement par un de ses employeurs et à la suspension de son contrat par l'autre alors qu'il est marié, père d'un jeune enfant et subvient seul aux besoins de sa famille ;
- elle a été signée par une autorité incompétente.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. C B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,
- les conclusions de Mme Brenner-Adanlété, rapporteur publique,
- et les observations de Me Borges De Deus Correia, avocat de M. C B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C B a sollicité, le 7 février 2022, le renouvellement de la carte professionnelle qui lui a été délivrée en qualité d'agent privé de sécurité. La commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a implicitement rejeté sa demande. M. C B a saisi la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), le 23 juin 2022, d'un recours administratif préalable obligatoire dirigé contre cette décision. Ce recours a d'abord été rejeté par une décision implicite le 7 avril 2022, puis par une décision expresse du 15 juin 2022. Par une ordonnance du 12 juillet 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a suspendu l'exécution de la décision du 15 juin 2022. Par la présente requête, M. C B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure, " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; / () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".
3. Le directeur du CNAPS, pour rejeter la demande de renouvellement de la carte professionnelle de M. C B, s'est fondé sur des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance commis le 8 octobre 2021. Ces faits ont été sanctionnés par le paiement d'une amende forfaitaire délictuelle d'un montant de 750 euros acquittée par le requérant. Aucune autre infraction n'a été constatée à son encontre. Ainsi, les faits en cause, compte tenu de leur nature et de leur caractère isolé, ne sont pas incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, le directeur du CNAPS a entaché sa décision du 15 juin 2022 d'une erreur d'appréciation. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. C B est fondé à demander l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, eu égard à ses motifs, implique que le directeur du CNAPS délivre, en l'absence de modification de fait ou de droit, la carte professionnelle en vue d'exercer la profession d'agent de sécurité à M. C B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. M. C B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 900 euros à verser à Me Borges De Deus Correia, avocat de M. C B, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Borges De Deus Correia renonce à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 juin 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de délivrer à M. C B une carte professionnelle en vue d'exercer la profession d'agent privé de sécurité, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer une carte professionnelle en vue d'exercer la profession d'agent privé de sécurité à M. C B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à Me Borges De Deus Correia, avocat de M. C B, une somme de 900 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Borges De Deus Correia renonce à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B, à Me Borges De Deus Correia et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
La rapporteure,Le président,
N. BARDADV. L'HÔTE
La greffière,
V. BARNIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026