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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2203856

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2203856

vendredi 28 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2203856
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème Chambre
Avocat requérantALBERTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juin 2022, Mme A D, représentée par Me Albertin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 mai 2022 par lequel la préfète de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme, si la décision est annulée pour un motif de forme, de réexaminer son dossier dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et, si la décision est annulée pour un motif de fond, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

* La décision portant refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- méconnaît l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour ;

- est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'instruction de sa demande d'autorisation de travail ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain, lues avec les dispositions des articles L. 421-3 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 5221-2 du code du travail ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

* Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

- sont illégales compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- méconnaissent les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme d'Elbreil, conseillère,

- et les observations de Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante marocaine née en 1999, est entrée en France le 11 juin 2021 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de long séjour valable du 14 avril 2021 au 14 avril 2022, obtenu en sa qualité de conjointe d'un ressortissant français. Le 23 mars 2022, elle a sollicité un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée. Par un arrêté du 18 mai 2022, la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer le titre de séjour souhaité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme D demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant refus d'un titre de séjour :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C Argouarc'h, secrétaire générale de la préfecture de la Drôme, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par arrêté du 27 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de la décision portant refus de titre de séjour, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable portant la mention "salarié" éventuellement assorties de restrictions géographiques ou professionnelles. / Après trois ans de séjour en continu en France, les ressortissants marocains visés à l'alinéa précédent pourront obtenir un titre de séjour de dix ans. Il est statué sur leur demande en tenant compte des conditions d'exercice de leurs activités professionnelles et de leurs moyens d'existence. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 1er sont applicables pour le renouvellement du titre de séjour après dix ans ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Il résulte de ces stipulations que l'accord franco-marocain renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et sont nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi, pour le titre de séjour portant la mention " salarié " mentionné à l'article 3 cité ci-dessus délivré sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes.

4. A cet égard, aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () ". Aux termes de l'article R. 5221-3 de ce code : " I. - L'étranger qui bénéficie de l'autorisation de travail prévue par l'article R. 5221-1 peut, dans le respect des termes de celle-ci, exercer une activité professionnelle salariée en France lorsqu'il est titulaire de l'un des documents et titres de séjour suivants : / 1° La carte de séjour temporaire portant la mention "travailleur temporaire", délivrée en application du 2° de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ". Aux termes de l'article R. 5221-15 de ce code : " La demande d'autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est adressée au moyen d'un téléservice au préfet du département dans lequel l'établissement employeur a son siège ou le particulier employeur sa résidence. ". Aux termes de l'article R. 5221-17 dudit code, dans sa rédaction issue du décret n° 2021-360 du 31 mars 2021 relatif à l'emploi d'un salarié étranger : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur ou au mandataire qui a présenté la demande, ainsi qu'à l'étranger ".

5. Il[0] résulte des dispositions précitées du code du travail que, d'une part, la demande d'autorisation de travail présentée pour un étranger déjà présent sur le territoire national doit être adressée par l'employeur au préfet, autorité investie du pouvoir décisionnel. D'autre part, la demande d'autorisation de travail doit être formulée par le biais d'un téléservice[0]. Il suit de là que le préfet peut refuser l'admission au séjour d'un étranger au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail s'il n'a pas été saisi d'une demande présentée par l'employeur au moyen du téléservice dédié à cette fin. Dans le cas contraire, il lui appartient en revanche de faire instruire la demande d'autorisation de travail par ses services avant de statuer sur la demande d'admission au séjour. L'absence d'autorisation de travail ne peut alors fonder un refus.

6. Il ressort de la décision attaquée que Mme D a saisi la préfète de la Drôme d'une demande de titre de séjour en qualité de salarié, sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain. Si Mme D dit avoir joint à sa demande de titre de séjour les pièces relatives à sa demande d'autorisation de travail, la préfète de la Drôme fait valoir que cette demande n'a pas été déposée par l'employeur de l'intéressée, et ce par le biais de la plateforme dont l'utilisation est rendue obligatoire par les dispositions précitées de l'article R. 5221-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme D n'établit ni même n'allègue que son employeur aurait été empêché d'avoir accès à cette plateforme. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la procédure serait, pour ce motif, entachée d'irrégularité.

En ce qui concerne la légalité interne :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Aux termes de l'article L. 423-5 du même code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie. / En cas de rupture de la vie commune imputable à des violences familiales ou conjugales subies après l'arrivée en France du conjoint étranger, mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer la carte de séjour prévue à l'article L. 423-1 sous réserve que les autres conditions de cet article soient remplies ".

8. Mme D soutient que la rupture de la vie commune avec son époux résulte de violences dont elle a fait l'objet de la part de ce dernier. Elle soutient qu'elle aurait dû se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions précitées et se prévaut d'une plainte qu'elle a déposée à l'encontre de son époux. Toutefois, il ressort de la décision attaquée que Mme D a uniquement sollicité un changement de statut pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de salariée, et non un renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de français. Par suite, elle ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 5221-2 du code du travail : " Sont dispensés de l'autorisation de travail prévue à l'article R. 5221-1 : / () / 4° Le titulaire de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention "vie privée et familiale", délivrée en application des articles L. 423-1, () ".

10. Mme D soutient qu'elle disposait, à la date de la décision attaquée, d'un visa de long séjour valant titre de séjour et délivré en qualité de conjointe d'un ressortissant français, de sorte qu'elle serait dispensée de l'autorisation de travail prévue à l'article R. 5221-1 du code du travail. Toutefois, les dispositions précitées ont seulement pour objet de permettre au titulaire d'un titre de séjour, pendant sa durée de validité, d'être dispensé d'autorisation de travail. Ils ne dispensent pas ces mêmes personnes de la détention d'une telle autorisation dans le cadre d'une demande d'obtention d'un titre de séjour en qualité de salarié, notamment sur le fondement des stipulations de l'article 3 de la convention franco-marocaine. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Il est constant que Mme D n'était présente sur le territoire national que depuis moins d'un an à la date de la décision attaquée et qu'elle a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 21 ans. En outre, si elle se prévaut de sa prise en charge par une association d'aide aux victimes spécialisée dans les violences faites aux femmes, de son insertion professionnelle et de son apprentissage de la langue française, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser une insertion dans la société française d'une particulière intensité. Dans ces circonstances, et eu égard à la durée et aux conditions du séjour de la requérante en France, le refus de titre de séjour attaqué n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la préfète de la Drôme aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ".

14. Mme D ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées au regard des articles L. 421-3 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la commission du titre de séjour n'est pas saisie dans ces cas.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'ayant pas été annulée par le présent jugement, Mme D n'est pas fondée à exciper de son illégalité au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

16. En deuxième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12 du présent jugement.

17. En troisième lieu, un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français lorsque la loi prescrit qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour.

18. D'une part, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme D n'établit pas remplir les conditions nécessaires à la délivrance d'un titre de séjour du fait de l'exercice d'une activité salariée, et notamment l'obtention d'une autorisation de travail, de sorte qu'elle ne peut se prévaloir du droit à se voir délivrer un titre de séjour sur ce fondement. D'autre part, elle se prévaut des dispositions précitées des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, elle se borne à produire un dépôt de plainte du 22 mai 2022 ainsi qu'une attestation du centre d'information sur les droits des femmes et des familles de la Drôme du 14 juin 2022 selon laquelle elle aurait eu un rendez-vous téléphonique avec une juriste pour obtenir des informations sur une demande de divorce compte tenu, selon ses dires, de violences conjugales. Elle produit enfin deux certificats médicaux du 22 mai 2022 et du 27 juillet 2022 suite à la consultation en ligne d'une psychiatre qui affirme qu'elle présente des troubles qu'elle affirme être en lien avec des violences conjugales, sans toutefois affirmer que l'état de Mme D est effectivement en lien avec des violences conjugales. Ainsi, Mme D n'établit pas, en l'état des pièces du dossier, qu'elle pouvait prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en application de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de l'Isère a pu légalement prendre à son encontre l'obligation de quitter le territoire français attaquée.

Sur la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'ayant pas été jugée illégale par le présent jugement, Mme D n'est pas fondée à exciper de son illégalité au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision fixant le pays de destination.

20. En second lieu, les moyens tirés d'une erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont, s'agissant de la décision fixant le pays de destination, dépourvus des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Albertin et à la préfète de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Heintz, premier conseiller,

Mme d'Elbreil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.

La rapporteure,

M. D'ELBREIL

Le président,

V. L'HÔTELa greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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