mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 30 juin 2022 et le 1er septembre 2022, M. B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48SI " du 30 mai 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions de retrait de points consécutives aux sept infractions commises entre 13 septembre 2019 et le 4 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui reconstituer son capital de points et de lui restituer son titre de conduite dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- qu'il n'a pas bénéficié des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- que la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision " 48SI " du 30 mai 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux sept infractions commises entre 13 septembre 2019 et le 4 octobre 2021 et mentionnées dans la décision " 48SI ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la réalité des infractions :
2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
3. Il ressort du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. B, extrait du système national du permis de conduire, daté du 19 juillet 2022 et produit à l'instance, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute leur exactitude, que des titres exécutoires des six amendes forfaitaires majorées ont été émis suite à six infractions commises. Il suit de là que la réalité de ces infractions doit être tenue pour établie conformément aux dispositions susmentionnées de l'article L. 223-1 du code de la route, le requérant n'alléguant pas avoir formé de requête en exonération au titre de l'ensemble de ces amendes.
4. L'infraction du 13 septembre 2019 a donné lieu à une suspension du permis de conduire qui a fait l'objet d'un jugement du 4 novembre 2019 devenu définitif le 31 décembre 2019 tel que mentionné dans le relevé d'information intégral précité. Si le requérant affirme qu'aucune indication ne permet de caractériser le caractère définitif de cette décision, il n'apporte aucun élément de nature à établir le contraire notamment qu'il aurait fait appel du jugement du 4 novembre 2019. Par suite la réalité de cette infraction est établie.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
5. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.
6. La preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
7. En l'espèce, il ressort du relevé intégral d'information que les cinq infractions commises les 20 septembre 2021, 28 septembre 2021, 29 septembre 2021 à 6H43, 29 septembre 2021 à 23H07 et 4 octobre 2021, ont toutes fait l'objet d'amende forfaitaires majorées qui ont été payées le 15 avril 2022 comme l'établissent les attestations de paiement produites en défense, d'un montant de 144 euros chacune.
8. La décision de retrait de six points suite à l'infraction du 13 septembre 2019 a donné lieu à un jugement du Tribunal de grande instance d'Annecy. Ainsi le juge pénal a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, de sorte que l'omission de cette formalité d'information préalable est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
9. En revanche l'infraction du 13 juillet 2021 qui n'a été précédée d'aucune infraction comparable récemment, a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, qui si elle établit la réalité de l'infraction ne prouve pas que l'intéressé a eu l'information préalable requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. L'administration fait valoir qu'en application de l'article R. 322-7 du code de la route, le propriétaire d'un véhicule doit informer le préfet de département d'un changement d'adresse et que les contraventions sont envoyées automatiquement à cette adresse. Et que l'administration a mis en œuvre toutes les diligences pour faire parvenir la contravention contenant toutes les informations obligatoires à l'intéressé. Toutefois, aucun principe général ni aucune disposition législative ou réglementaire y compris l'article R. 322-7 du code de la route ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier et l'administration n'établit pas que M. B aurait reçu, en l'espèce, une information sur la qualification de l'infraction en litige, lui permettant notamment de connaître si elle entraînait un retrait de point. M. B doit être regardé comme ayant été privé d'une garantie, et est fondé à soutenir que la décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction commise le 13 juillet 2021 est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
10. Il résulte de ce qui précède que la décision de retrait d'un point suite à l'infraction du 13 juillet 2021 doit être annulée ainsi que la décision référencée " 48SI " du 30 mai 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. B. En revanche les autres conclusions à fin d'annulation ne peuvent être que rejetées.
Sur les autres conclusions à fin d'injonction :
11. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'exécution de celui-ci implique nécessairement, la restitution au capital de points affectés au permis de conduire de M. B d'un point retiré à la suite de l'infraction citée au point 9. Dans ces conditions, il y a lieu de prescrire au ministre de l'intérieur qu'il rétablisse ce point dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points et qu'il réexamine, dans le même délai, la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son droit de conduire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre des frais exposés par B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de retrait d'un point suite à l'infraction du 13 juillet 2021 doit être annulée ainsi que la décision référencée " 48SI " du 30 mai 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. B.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer un point au permis de conduire de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points et qu'il réexamine, dans le même délai, la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son droit de conduire.
Article 3 : L'Etat versera a` M. B une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La magistrate désignée,
D. ALa greffière,
L. Bourechak
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2204022
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026