jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2022, Mme B A, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 6 mai 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé la destination d'éloignement en cas de non-respect de ce délai de départ volontaire ;
- d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation avant de le prendre ;
- la décision de refus de titre de séjour : méconnaît les articles L. 422-1 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français : est illégale en raison de l'illégalité entachant le refus de titre de séjour ; viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les observations de Me Miran substituant Me Huard, avocat de Mme A également présente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née en décembre 1993, est entrée en France le 12 septembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour afin de poursuivre ses études. Elle a ainsi résidé sur le territoire en qualité d'étudiante jusqu'en décembre 2021, date à laquelle elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en se prévalant d'une inscription en deuxième année de master " sciences du langage, parcours linguistique " à l'Université Grenoble Alpes. Par l'arrêté attaqué du 6 mai 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours.
2. L'arrêté du 6 mai 2022 qui comporte les motifs de droit et de fait en constituant le fondement est suffisamment motivé. En outre, le préfet a procédé à un examen de son parcours universitaire et de sa situation personnelle avant de prendre l'arrêté attaqué.
3. Les certificats de résidence portant la mention " étudiant " sont délivrés aux ressortissants algériens en application du titre III du protocole annexé à l'accord du 27 décembre 1968 modifié, selon lequel : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". " Ces dispositions permettent à l'administration d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
4. Mme A, titulaire d'un master en linguistique et didactique du FLE en Algérie, s'est inscrite en première année de master " sciences du langage parcours linguistique " en septembre 2017, lors de son arrivée en France. Elle n'a pu valider le premier semestre en raison d'une absence à un examen ni le second semestre qui nécessitait la réalisation d'un stage et d'un mémoire. Elle a néanmoins validé le premier semestre de son année de master au cours de l'année 2018-2019 et a été admise à se réinscrire l'année suivante pour valider le second semestre après avoir présenté un certificat médical préconisant la réalisation de sa première année de master en deux ans. Inscrite en deuxième année de master au cours de l'année universitaire 2020-2021, elle a validé le premier semestre mais, en l'absence de stage, n'a pu valider le second semestre. Elle s'est ainsi inscrite une seconde fois en master deuxième année au cours de l'année 2021-2022 afin de valider le second semestre. Toutefois, le 8 avril 2022, elle a bénéficié d'un plan d'accompagnement de l'étudiant tenant compte de son handicap et lui octroyant un délai non déterminé pour rendre son mémoire. Il résulte de ce qui précède que si Mme A justifie de problèmes de santé qui ont été pris en compte par le préfet, elle n'a validé en cinq ans que trois semestres de son master. Les certificats médicaux qu'elle verse au dossier ne peuvent suffire à justifier les recherches entreprises ni l'impossibilité dans laquelle elle se trouvait de suivre un stage afin de valider sa seconde année de master. En outre, aucun délai n'était fixé à la date de l'arrêté, pour la restitution du mémoire validant ses études. Par suite, en estimant que Mme A ne justifiait pas du caractère réel et sérieux des études entreprises, le préfet n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision de refus de titre de séjour n'étant pas illégale, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire doit être annulée en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour.
6. Mme A a séjourné régulièrement en France pendant plus de quatre ans afin de poursuivre ses études. Ainsi, les titres qu'elle a obtenus ne lui donnait pas vocation à se maintenir durablement sur le territoire. Âgée de vingt-huit ans, elle ne justifie d'aucune attache en France alors que sa famille réside en Algérie. Dans ces conditions, la décision l'obligeant à quitter le territoire ne viole pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme C et Mme D, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 202Le rapporteur,
C. C
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026