mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204041 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BRIOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, Mme C A, représentée par Me Briot, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 2 mai 2022 par laquelle le directeur général du centre hospitalier Métropole Savoie l'a suspendue de ses fonctions à compter du 3 mai 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Métropole Savoie une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est privée de toute rémunération depuis le 3 mai 2022 alors que le montant mensuel de ses charges fixes s'élève à 1219 euros ;
- la décision de suspension en date du 2 mai 2022, à effet au 3 mai 2022 et notifiée le 9 juin 2022, méconnaît les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dès lors que son entrée en vigueur n'est pas différée au terme de son congé maladie du 3 mai au 17 juin 2022 ;
- le caractère contraignant de la loi précitée imposant la vaccination contre le covid-19 aux personnes travaillant au sein des établissements médico-sociaux méconnaît le droit à la liberté de conscience et à la santé dès lors que s'agissant de vaccins en phase 3 d'essai clinique qui bénéficient seulement d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle de la part de l'Agence européenne du médicament, les personnes qui se font vacciner participent à un essai clinique et doivent donc nécessairement donner leur consentement ;
- par l'instauration d'une vaccination obligatoire pour le personnel soignant et toutes personnes travaillant dans le secteur médico-social, la loi n°2021-1010 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire rompt le principe d'égalité consacré par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 23 août 1789 et le premier article de la Constitution du 4 octobre 1958 ainsi que le principe de non discrimination garantit par l'article 6 de la même Déclaration ;
- la mention sur les plannings de gestion du personnel hospitalier en libre accès sur l'intranet de l'hôpital, en face de certains noms d'agents, du terme " Antivax ", porte une atteinte manifeste aux droits des agents ;
- la décision qui constitue une sanction déguisée porte atteinte au droit à l'emploi garanti par le cinquième alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le Centre hospitalier Métropole Savoie, représenté par Me Duraz, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la conditions d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'il résulte des articles 12, 14 et 16 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire que l'autorité hiérarchique d'un établissement public de santé est tenue de prendre une mesure de suspension automatique des fonctions d'un agent public soumis à une obligation vaccinale contre la covid-19 et refusant de s'y conformer, se plaçant ainsi lui-même dans l'impossibilité de poursuivre son activité professionnelle ; la suspension doit également être maintenue en considération de la nécessité de lutter contre l'épidémie de covid-19 et de l'impératif de sécurité et de santé publique lié à
la protection générale et impérieuse de la population et notamment du personnel et des patients de l'hôpital, alors que les contaminations reprennent ;
- les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 n'ont pas été méconnues dès lors que la mesure de suspension est intervenue avant que Mme A soit en congé de maladie, même si celle-ci a refusé la remise en main propre de la décision lors d'un entretien le 2 mai 2022 ; elle n'a pas adressé d'arrêt de travail depuis le 4 juin 2022 ;
- aucun traitement médical ne lui a été imposé et elle n'a pas été contrainte de se faire vacciner contre la Covid 19 ;
- le Conseil d'Etat a jugé que les vaccins contre la covid-19 ne peuvent être regardés comme des médicaments expérimentaux au sens de l'article L. 5121-1-1 du code de la santé publique et que l'obligation vaccinale ne méconnaît pas la convention d'Oviedo ;
- le Conseil constitutionnel estime que le législateur peut, compte tenu de la finalité de
santé publique poursuivie, sans méconnaître le 5ème alinéa du Préambule de 1946, soumettre la poursuite de l'activité professionnelle des personnes mentionnées au point 30 à la transmission de documents établissant qu'elles respectent l'obligation vaccinale contre la covid-19 ;
- la décision n'a pas été prise dans le cadre d'une faute grave commise par le fonctionnaire mais en application des dispositions de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2204056 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- la convention pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, signée à Oviedo, du 4 avril 1997 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 modifié par les décrets n° 2021-1059 du 7 août 2021 et n° 2021-1215 du 22 septembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 1er août 2022, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Briot, avocat de Mme A ;
- les observations de Me Duraz, avocat du centre hospitalier Métropole Chambéry.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Mme A, préparatrice en pharmacie en fonctions au centre hospitalier Métropole Chambéry, a été suspendue de celles-ci à compter du 5 octobre 2021, en application de la loi
n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire. Testée positive à la covid-19 le 31 décembre 2021, elle a été réintégré dans ses fonctions à compter du 6 janvier 2022. Par une décision du 2 mai 2022, le directeur général de cet établissement l'a de nouveau suspendue de ses fonctions à compter du 3 mai 2022. Mme A demande la suspension de l'exécution de cette décision.
3. D'une part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.
4. Si la requérante fait valoir que la décision attaquée lui fait perdre sa rémunération, son avocat a précisé au cours de l'audience qu'elle occupait désormais un emploi dans un supermarché de produits issus de l'agriculture biologique. Il a également indiqué qu'elle vivait avec un conjoint qui occupe un emploi dont elle n'a pas précisé les revenus et il n'est pas allégué qu'ils auraient la charge d'enfants. Dans ces conditions, et eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la protection de la santé publique et à l'exécution de la suspension de fonctions contestée, la condition d'urgence ne peut être regardée comme étant remplie.
5. D'autre part, en l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
7. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par Mme A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées à ce titre par le centre hospitalier Métropole Savoie.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Métropole Savoie sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au centre hospitalier Métropole Savoie.
Fait à Grenoble, le 3 août 2022.
Le juge des référés, Le greffier,
T. B G. Morand
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026