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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2204077

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2204077

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2204077
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. C, un surveillant pénitentiaire exerçant les fonctions de chef de greffe, qui contestait le montant de son indemnité pour charges pénitentiaires (ICP) pour 2021. Il demandait un complément forfaitaire annuel de 1 500 euros, mais n'avait perçu qu'une revalorisation de 300 euros. Le tribunal a jugé que la note de la direction de l'administration pénitentiaire du 4 octobre 2021, invoquée par le requérant, concernait les agents de greffe pénitentiaires et non les chefs de greffe. L'arrêté du 21 septembre 2021, qui a instauré une modulation de l'ICP pour les agents de greffe, ne s'appliquait donc pas à M. C, qui percevait déjà une ICP modulée en tant que chef de greffe.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2022, M. C, représenté par la Selafa Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 octobre 2021 du directeur interrégional des services pénitentiaires lui attribuant le bénéfice de l'indemnité pour charges pénitentiaires pour 2021 en tant qu'elle ne prévoit pas le versement d'un complément forfaitaire annuel de 1 500 euros, ensemble la décision du 20 avril 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au ministre de procéder au réexamen de son dossier sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, alors que la note de la direction de l'administration pénitentiaire du 4 octobre 2021 prévoit que le complément forfaitaire des personnels de greffe pénitentiaire a été revalorisé de 1 500 euros, il n'a pour sa part perçu une revalorisation que de 300 euros.

Une mise en demeure a été adressée le 10 janvier 2024 au ministre de la justice.

Par ordonnance du 9 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 11 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2007-1777 du 17 décembre 2007 relatif à l'attribution d'une indemnité pour charges pénitentiaires à certains personnels de l'administration pénitentiaire ;

- l'arrêté du 17 décembre 2007 fixant le montant annuel de référence de l'indemnité pour charges pénitentiaires attribuée à certains personnels relevant de l'administration pénitentiaire ;

- l'arrêté du 30 mai 2016 relatif à la modulation du montant annuel de référence de l'indemnité pour charges pénitentiaires et au complément forfaitaire ;

- l'arrêté du 21 septembre 2021 modifiant l'arrêté du 30 mai 2016 relatif à la modulation du montant annuel de référence de l'indemnité pour charges pénitentiaires et au complément forfaitaire ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Callot, rapporteur,

- et les conclusions de M. Villard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, surveillant pénitentiaire, exerce les fonctions de chef de greffe du centre pénitentiaire de Saint-Quentin Fallavier depuis le 26 janvier 2016. Depuis 1er mars 2018, il perçoit une indemnité pour charges pénitentiaires (ICP) d'un montant annuel de 3 332 euros. Par la décision contestée du 29 octobre 2021, notifiée le 30 novembre 2021, le directeur interrégional des services pénitentiaires lui a attribué au titre de l'année 2021 une ICP d'un montant de 3 632 euros. Par un recours gracieux du 28 décembre 2021, rejeté le 20 avril 2022, M. C a contesté cette décision en tant qu'elle lui refuse le bénéfice d'un complément forfaitaire annuel de 1 500 euros.

2. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2007-1777 du 17 décembre 2007 visé ci-dessus, dans version alors applicable : " Le montant annuel de référence de l'indemnité pour charges pénitentiaires peut être modulé selon un coefficient allant de 1 à 8 afin de prendre en compte la fonction et les responsabilités qui lui sont liées. () Un arrêté du ministre de la justice, du ministre chargé du budget et du ministre chargé de la fonction publique fixe les conditions d'application du présent article. " Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 30 mai 2016, dans sa version en vigueur du 2 juin 2016 au 1er janvier 2021 : " La liste des fonctions mentionnées à l'article 3 du décret du 17 décembre 2007 susvisé est fixée ainsi qu'il suit : () Chef de greffe dans les autres établissements pénitentiaires. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 21 septembre 2021 entré en vigueur au 1er janvier 2021 : " Le tableau figurant à l'article 1er de l'arrêté du 30 mai 2016 susvisé, est ainsi modifié : 1° Après la ligne : () Chef de greffe dans les autres établissements pénitentiaires () Il est ajouté la ligne suivante () Agent de greffe pénitentiaire ". Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 21 septembre 2021 a eu pour effet d'admettre, à compter du 1er janvier 2021, les agents de greffe pénitentiaire au bénéfice de la modulation de l'ICP, dont disposaient déjà précédemment les chefs de greffe.

3. Pour soutenir que le montant de son indemnité pour charges pénitentiaires aurait dû être revalorisé de 1 500 euros au titre de l'année 2021 et non de 300 euros comme elle l'a été, M. C se prévaut d'une note de la direction de l'administration pénitentiaire du 4 octobre 2021 relative à la professionnalisation et la reconnaissance des agents des greffes pénitentiaires ainsi rédigée : " Dans l'optique de rendre plus attractives et de valoriser les fonctions des personnels de greffe, le complément forfaitaire de 300 € déjà attribué est revalorisé de 1.200 € pour le porter au total à 1.500 € bruts annuels pour l'ensemble des agents exerçants dans un greffe pénitentiaire. () Pour les personnels de surveillance, le complément d'I.C.P. de 1.200 € a été institué par arrêté du 21 septembre 2021 / Cette majoration sera mise en œuvre avec effet rétroactif au 1er janvier 2021. "

4. Toutefois, en tout état de cause, même si l'extrait de cette note cité par le requérant évoque sans distinction les personnels de greffe, il ressort de son intitulé même qu'elle concerne les agents des greffes pénitentiaires et non les chefs de greffe. L'arrêté du 21 septembre 2021 qu'elle mentionne a eu pour effet d'instaurer au bénéfice des agents de greffe la modulation de l'ICP pénitentiaire, qui a été fixée au taux de 2,071, ainsi qu'il ressort de l'article 2 de la décision contestée du 29 novembre 2011. Cette modification a eu pour effet de porter leur ICP d'un montant forfaitaire de 1 400 euros à un montant modulé de 2 899 euros, soit une augmentation de 1 499 euros, conforme aux termes de la note de service.

5. En revanche, les chefs de greffe des établissements pénitentiaires, tel que M. C, bénéficiaient déjà avant l'intervention de cet arrêté d'une modulation de l'ICP, dont le taux a été porté, ainsi qu'il ressort de l'article 2 de la décision contestée du 29 novembre 2011, de 2,387 à 2,594, soit un montant de 3 632 euros et une revalorisation de 300 euros.

6. Par suite, M. C, qui du fait de ses fonctions n'était pas concerné par les dispositions de la note du 4 octobre 2021, ne peut utilement s'en prévaloir et n'est dès lors pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une erreur dans la détermination de son ICP.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent l'être également, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ces dispositions faisant obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par le requérant à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,

M. Callot et M. A, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2024.

Le rapporteur,

A. Callot

La présidente,

A. Triolet

La greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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