jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204320 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP AVOCATS ASSOCIES BERGERAS - MONNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 28 juillet 2022, M. C A, représenté par la SELARL AABM avocats associés Bergeras Monnier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de l'Isère a, d'une part, prononcé à son encontre une mesure d'interdiction administrative de stade et, d'autre part, lui a imposé une obligation de pointage au début de la 2ème mi-temps de chaque match et une obligation de présentation aux convocations de la directrice départementale de la sécurité publique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient :
- que la condition d'urgence est remplie en raison de l'atteinte grave et immédiate que les décisions contestées portent à sa vie privée et professionnelle ;
- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions tenant :
- à l'incompétence de leur signataire ;
- à l'insuffisance affectant la motivation de l'interdiction administrative de stade et à l'absence de motivation spécifique des obligations de pointage et de présentation ;
- à l'illégalité de la procédure ayant permis son identification ;
- au défaut de base légale de l'obligation de pointage, l'article L. 332-16 du code du sport ne permettant pas à l'autorité préfectorale de prendre une telle mesure, de surcroît en sus d'une obligation de présentation ;
- à l'erreur matérielle entachant l'interdiction de stade dans la mesure où il n'est pas l'auteur des faits qui fondent cette interdiction ;
- à l'atteinte portée par cette interdiction à la présomption d'innocence ;
- et au caractère incohérent, disproportionné et imprécis de cette interdiction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- que le requérant ne justifie pas de la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ;
- qu'il ne fait pas état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus contesté.
Vu :
- la requête enregistrée le 12 juillet 2022 sous le n°2204319 par laquelle M. A demande l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de l'Isère a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction administrative de stade ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 28 juillet 2022 :
- le rapport de Mme Permingeat, juge des référés ;
- les observations de Me Bergeras représentant M. A ;
- et les observations de Mme B représentant le préfet de l'Isère
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, l'instruction a été close à l'issue de l'audience, à 11 h 48.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de suspension :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 332-16 du code du sport : " Lorsque, par son comportement d'ensemble à l'occasion de manifestations sportives, par la commission d'un acte grave à l'occasion de l'une de ces manifestations (), une personne constitue une menace pour l'ordre public, le représentant de l'Etat dans le département () peuvent, par arrêté motivé, prononcer à son encontre une mesure d'interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords des enceintes où de telles manifestations se déroulent ou sont retransmises en public. / () / Le représentant de l'Etat dans le département () peuvent également imposer, par le même arrêté, à la personne faisant l'objet de cette mesure l'obligation de répondre, au moment des manifestations sportives objet de l'interdiction, aux convocations de toute autorité ou de toute personne qualifiée qu'il désigne. Le même arrêté peut aussi prévoir que l'obligation de répondre à ces convocations s'applique au moment de certaines manifestations sportives, qu'il désigne, se déroulant sur le territoire d'un Etat étranger. Cette obligation doit être proportionnée au regard du comportement de la personne ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 3 qu'une interdiction administrative de stade est juridiquement distincte des obligations éventuellement prescrites par l'autorité préfectorale pour en assurer l'exécution. Il en résulte qu'en l'espèce, il y a lieu d'apprécier si les conditions fixées par les dispositions citées au point 1 sont réunies en distinguant, d'une part, l'interdiction faite à M. A de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte sportive dans laquelle se déroule un match de football, joué à domicile ou à l'extérieur par l'équipe masculine du Grenoble Foot 38 sur le territoire national ainsi que par l'équipe masculine de France sur le territoire national ou international pendant 6 mois, d'autre part, l'obligation de pointage au début de la deuxième mi-temps de chaque match dans les locaux des services de police de son lieu de résidence et enfin, l'obligation de répondre aux convocations de la directrice départementale de la sécurité publique de l'Isère dans les locaux du commissariat choisi par cette autorité au moment du déroulement des manifestations en cause.
5. En ce qui concerne la mesure administrative d'interdiction de stade, l'impossibilité pour M. A d'assister aux rencontres sportives de l'équipe masculine du Grenoble Foot 38 et de l'équipe masculine de France ne préjudicie pas, eu égard à la nature de loisir de ce type d'activité et de la durée limitée de cette interdiction, de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d'urgence exigée par les dispositions citées au point 1 puisse être regardée comme remplie.
6. En revanche, il résulte de l'instruction qu'eu égard au nombre et à la fréquence des matchs concernés au cours des six prochains mois, les obligations qui assortissent cette interdiction préjudicient de manière grave et immédiate à la liberté d'aller et venir du requérant, à sa vie privée et, dans une moindre mesure, à sa vie professionnelle. Par ailleurs, en l'absence d'antécédents dans le comportement de M. A et de tout élément de nature à faire craindre la méconnaissance, par l'intéressé, de l'interdiction de stade à laquelle il est soumis, la suspension éventuelle des obligations de pointage et de présentation qui lui sont imposées n'apparaît pas de nature à compromettre la sauvegarde de l'ordre public. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions citées au point 1 est remplie en ce qui concerne ces deux obligations.
7. En l'état de l'instruction, parmi les moyens invoqués par M. A qui s'avèrent opérants à l'encontre des deux obligations en litige, seul le moyen tiré du défaut de base légale de l'obligation de pointage est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions. Il y a donc lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de cette obligation, jusqu'à ce qu'il soit statué sur les conclusions de la requête au fond.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Isère a prescrit à M. A une obligation de pointage au début de la deuxième mi-temps de chaque match auquel l'arrêté du 9 juin 2022 lui interdit d'assister est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur les conclusions de la requête au fond.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 28 juillet 2022.
Le juge des référés
F. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2204320
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026