lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 et 21 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2022 par lequel le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de 30 jours ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans les 2 jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen individuel de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le préfet de la Savoie conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il a enregistré le dépôt de la demande de titre de séjour de M. C en qualité de conjoint de français, de sorte que la décision du 24 mars 2022 n'est plus exécutoire.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%) par une décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droit de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Mathis représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant sénégalais, né le 3 mars 1990, est entré en France le 16 septembre 2017 sous couvert d'un visa long séjour à entrées multiples valable du 16 septembre 2017 au 15 septembre 2018 portant la mention " étudiant ". Il s'est vu renouvelé son titre étudiant jusqu'au 24 septembre 2021. Le 1er octobre 2021, il a sollicité une carte de séjour " recherche d'emploi ou création d'entreprise " dans le cadre des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 mars 2022, le préfet de la Savoie a refusé de lui délivrer le titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de de 30 jours. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il n'est pas contesté que le préfet de la Savoie a enregistré la demande de titre de séjour de M. C en qualité de conjoint de français postérieurement à l'arrêté contesté. Dans ces circonstances, le préfet de la Savoie en délivrant un récépissé de demande de titre de séjour à M. C, qui vaut autorisation provisoire de séjour, a implicitement mais nécessairement eu pour effet d'abroger les effets de la mesure d'éloignement. Celle-ci n'ayant reçu aucune application, les conclusions relatives à cette décision sont dès lors devenues sans objet, ainsi que celles relatives à la décision fixant le pays de destination.
3. En revanche, la délivrance du récépissé de demande de titre de séjour n'a pas eu pour effet d'abroger ou de retirer la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus de titre de séjour ne sont pas dépourvues d'objet et il y a lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, l'arrêté énonce avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait qui ont conduit le préfet de la Savoie à prendre à l'encontre de M. C une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français fixant le pays de destination. Dès-lors, il satisfait à l'exigence de motivation définie aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il ne ressort pas de cette motivation que le préfet ne se serait pas livré à un examen personnalisé de la situation de l'intéressé.
5. M. C fait valoir la durée de son séjour supérieure à 4 ans, son mariage avec une ressortissante française du 1er juin 2022 avec laquelle il vit depuis mars 2020, l'existence de très bon rapports avec ses beaux-enfants et son insertion professionnelle. Toutefois, M. C est entré en France afin de poursuivre des études et n'avait pas vocation à s'installer durablement sur le territoire. S'il a obtenu une maitrise mention " droit des affaires " de l'université Savoie-Mont-Blanc délivré au titre de l'année 2018/2019, il ne s'est pas présenté l'année suivante aux examens des sessions 1 et 2 du Master 1 spécialisé " droit notarial ". Il a été ensuite inscrit sans succès pour les années 2020/2021 et 2021/2022 à l'institut d'études judiciaires en vue de la préparation à l'examen d'entrée au centre régional de formation professionnelle des avocats. S'il ressort qu'il s'est pacsé le 8 avril 2022 puis marié le 1er juin 2022 avec une ressortissante française, il ne peut être tenu compte de ces éléments, qui sont postérieurs à l'arrêté attaqué, pour apprécier la légalité du refus de titre de séjour. S'il fait état de son concubinage, qui a débuté en mars 2020, cette relation est relativement récente et le couple n'a pas d'enfant. Enfin, il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans dans son pays d'origine où il a nécessairement des attaches et ce même si ses parents et son frère sont décédés. La circonstance qu'il a occupé des emplois à durée déterminée n'est pas de nature à établir qu'il dispose du centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Par suite, et alors même qu'il verse des attestations de soutien et qu'il entretiendrait de bons rapports avec ses beaux-enfants, M. C ne saurait être regardé comme ayant sur le territoire français une vie privée et familiale ancrée dans la durée, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier de la durée et des conditions de séjour en France. Dans ces conditions, le préfet de la Savoie n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions accessoires à fin d'injonction et ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Mathis et au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
La rapporteure,
E. B
La présidente,
D. JOURDAN
La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026