jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
B une requête enregistrée le 20 juillet 2022, Mme A, représentée B Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2022 B lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un titre de séjour et, à défaut, de réexaminer sa demande dans le délai d'un mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours, le tout sous astreinte de 50 euros B jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A soutient que :
L'arrêté pris dans son ensemble est insuffisamment motivé ;
La décision de refus de titre de séjour :
- a été prise au terme d'une procédure viciée en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour et faute de consultation régulière du collège des médecins de l'OFII ;
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- est entachée d'incompétence négative, le préfet s'étant indûment cru lié B l'avis des médecins ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
B un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Le préfet conteste les moyens soulevés B Mme A.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale B une décision du 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Triolet, présidente,
- et les observations de Me Huard, représentant Mme A.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
1. Mme A, ressortissante nigériane née en mars 1986, dit être entrée en France en mars 2011. Elle a été autorisée au séjour au titre de sa vie privée et familiale de novembre 2014 à novembre 2016, puis à séjourner provisoirement pour recevoir des soins de janvier à juin 2017. Elle a demandé en mai 2021 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puis a complété sa demande en octobre 2021 en demandant un titre sur le fondement de l'article L. 435-1 du même code. B l'arrêté attaqué du 17 mai 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble
2. L'arrêté, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé. La circonstance que le préfet n'aurait pas examiné la demande de régularisation exceptionnelle au titre du travail ne relève pas d'un défaut de motivation. Au demeurant, Mme A ne se prévaut d'aucune perspective professionnelle. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour
S'agissant du droit au séjour au titre de la santé
3. Le préfet a produit l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) selon lequel Mme A peut bénéficier dans son pays d'origine des soins indispensables à son état de santé. La requérante, qui ne réplique pas après production de cet avis, n'en remet pas sérieusement en cause la régularité en se bornant à rappeler les garanties devant entourer son édiction. Elle n'établit pas plus une quelconque évolution de son état de santé qui aurait justifié une nouvelle saisine de ce collège de médecins. Le moyen tiré du vice de procédure en l'absence d'avis régulier doit être écarté.
4. La circonstance que le préfet s'est approprié cet avis médical, non contredit, ne permet pas de retenir qu'il se serait indûment cru lié B celui-ci pour prendre sa décision. Le moyen tiré de l'incompétence négative doit être écarté.
5. En se bornant à indiquer sans autre précision que le préfet " ne s'est pas assuré que Mme A pourrait effectivement bénéficier des soins nécessaires ", la requérante ne remet pas en cause l'avis médical cité au point 3 et ne soutient pas sérieusement le moyen tiré de ce que le refus de séjour au titre de son état de santé méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 425-9 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de la régularisation au titre de la vie privée et familiale ou de l'intérêt supérieur des enfants
6. Mme A qui indique être présente en France depuis 11 ans ne produit aucune pièce pour justifier de l'ancienneté de son séjour. Elle ne fait état d'aucun lien privé ou familial particulier dans ce pays mais uniquement des difficultés qu'elle rencontre avec son ex-conjoint et la famille de celui-ci. Si elle indique que son fils cadet souffre de drépanocytose, elle n'en justifie pas et n'apporte aucun élément sur l'éventuel suivi médical. Dans ces circonstances, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Dans les mêmes circonstances, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressée.
S'agissant de la demande de régularisation à titre exceptionnel
7. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée B un étranger qui justifie B tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
8. La requérante qui ne produit aucune pièce pour justifier de sa durée de séjour de dix ans n'est pas fondée à se prévaloir de ces dispositions.
9. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la motivation du refus de titre, qui détaille de nombreux éléments propres à la situation de l'intéressée, que le préfet s'est livré à un examen de la situation personnelle de Mme A.
10. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
11. Si Mme A fait valoir qu'elle a été victime d'un trafic d'êtres humains, elle ne fournit aucune précision et ne produit aucun justificatif, notamment pas de témoignage de personnes ayant pu l'aider. La circonstance que son ex-conjoint rencontré en France et la famille de celui-ci la persécuteraient en raisons de différences confessionnelles, à la supposer établie B la seule audition de Mme A B les services de gendarmerie le 4 mai 2022, ne caractérise pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. La durée de séjour alléguée et la pathologie dont souffrirait son fils ne caractérisent pas plus de tels considérations et motifs et ne sont au surplus pas établis. B suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 précité.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
12. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le refus de titre de séjour n'est pas entaché d'illégalité. Dès lors, l'obligation de quitter le territoire n'a pas à être annulée B voie de conséquence.
13. Dans les circonstances énoncées au point 6, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Dans les mêmes circonstances, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressée.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution et les conclusions en injonction seront rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
16. Partie perdante, Mme A ne peut prétendre à l'allocation d'une quelconque somme au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
M. Villard, premier conseiller.
Rendu public B mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
A Triolet
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
F. Doulat
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026