mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MAISONOBE - OLLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 juillet 2022 et le 11 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Ollivier, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 22 mars et du 6 mai 2022 par lesquelles le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de regroupement familial en faveur de son épouse et de ses deux enfants ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de faire droit à cette demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence des signataires des décisions ;
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- ses ressources et celles de son fils étaient suffisantes pour accorder le regroupement familial sur le fondement de l'article 4 de l'accord franco-algérien ;
- l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Sogno a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien est arrivé en France en 2012 avec son fils alors âgé de dix ans, atteint d'un lourd handicap. Depuis cette date, il y réside de manière régulière, tout comme son fils, titulaire d'un titre de séjour depuis sa majorité. Il demande l'annulation de la décision du 22 mars 2022 et de celle du 6 mai 2022 rejetant son recours gracieux par lesquelles le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de regroupement familial en faveur de son épouse et de ses deux enfants jumeaux nés en 2006.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 permet au préfet de refuser le regroupement familial demandé par un ressortissant algérien au motif d'une insuffisance de ressources stables et suffisantes, une telle décision ne peut avoir pour effet de porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale qui est garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
3. En l'espèce, M. A vit avec son fils aîné désormais majeur dont le lourd handicap nécessite l'aide permanente d'une tierce personne à ses côtés et la faiblesse de ses revenus propres s'explique par cette circonstance particulière. Par ailleurs, il est justifié que son épouse et ses deux autres fils se sont vu refuser des visas de court séjour d'entrée en France, faute notamment de ressources suffisantes. La vie familiale de M. A ne peut indéfiniment se limiter à des visites épisodiques à son épouse et à ses fils résidant en Algérie, avec les difficultés spécifiques de voyage liées au handicap de son fils aîné. Ainsi, les décisions attaquées sont entachées d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Si l'administration, dont la décision de rejet d'une demande a été annulée par le juge, statue à nouveau sur cette demande en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision, il en va différemment lorsqu'une disposition législative ou réglementaire prévoit qu'un élément de cette situation est apprécié à une date déterminée. Tel est cas en l'espèce, l'article R. 434-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile disposant que " l'âge du conjoint et des enfants pouvant bénéficier du regroupement familial est apprécié à la date du dépôt de la demande ".
5. Dès lors, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de l'Isère fasse droit à la demande de regroupement familial présentée par M. A. Il doit lui être fixé un délai d'exécution d'un mois à compter de la notification de la présente décision. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à Me Ollivier au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er :Les décisions des 22 mars et 6 mai 2022 sont annulées.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de l'Isère de faire droit à la demande de regroupement familial de M. A dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente décision.
Article 3 :L'Etat versera à Me Ollivier la somme de 900 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à la part contributive versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ollivier et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Portal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
Le président, rapporteur,
C. Sogno
La première assesseure,
J. Holzem
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026