jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | COUTAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 juillet et 5 août 2022 M. A B, représenté par Me Coutaz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour et, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de deux jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- la signataire de la décision ne justifie pas de sa compétence ;
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'une défaut d'examen de sa situation personnelle ; le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit en l'absence de compétence liée ;
- elle méconnait l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les lignes directrices issues de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- est entachée d'une erreur de droit en l'absence de compétence liée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnait l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire en production de pièce a été enregistré le 25 août 2022 pour M. B et non communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- et les observations de Me Coutaz, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1990, soutient être entré en France en octobre 2015. Le 19 novembre 2021, il a sollicité un premier titre de séjour portant la mention vie privée et familiale. Par un arrêté du 7 juin 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Sur le refus de titre de séjour :
2. L'arrêté a été signé par Mme Eleonore Lacroix, secrétaire générale de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation consentie par le préfet par arrêté du 24 septembre 2021, régulièrement publiée le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
3. L'arrêté du 7 juin 2022, qui énonce les considérations de droits et de fait sur lesquelles il est fondé, est suffisamment motivé. Le moyen tiré du défaut de motivation doit par suite être écarté.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Isère s'est livré à un examen de la situation personnelle de M. B. En conséquence, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.
5. Le préfet de l'Isère énonce, dans son arrêté, que la délivrance d'un titre de séjour à titre exceptionnel ou au regard de considérations humanitaires en faveur de M. B n'a pas paru justifiée. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère se serait senti tenu de rejeter la demande de titre de séjour de M. B aux motifs qu'il relève de la procédure de regroupement familial et qu'il est présent sur le territoire français.
6. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5° Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
7. M. B entre dans la catégorie des étrangers susceptibles de bénéficier d'un regroupement familial. Dès lors, il ne peut utilement se prévaloir des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco algérien.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
9. Si M. B déclare être présent en France depuis octobre 2015, son séjour de six années s'est déroulé pour sa plus grande part en situation irrégulière, le requérant ayant présenté sa première demande de titre de séjour le 19 novembre 2021. Son mariage avait moins de deux ans à la date de l'arrêté attaqué. L'enfant du couple, en bas âge, n'est pas encore scolarisé. Si, le requérant soutient que son épouse est mère d'un enfant français né en 2015, il ne produit aucun élément de nature à établir que le père de cet enfant contribuerait à son entretien et son éducation ni même qu'il résiderait en France. Par ailleurs, M. B conserve des attaches familiales fortes en Algérie ou résident notamment ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Dans ces circonstances, compte tenu notamment des conditions du séjour de M. B en France, du caractère récent de son mariage, et bien que l'épouse de Mme B soit titulaire d'une carte de résident d'une durée de 10 ans et que l'intéressé dispose d'une proposition d'emploi de mécanicien, la décision contestée n'a pas porté au droit de ce dernier au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus de titre de séjour, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'est pas entachée d'une erreur manifeste de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
10. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
11. Pour les mêmes raisons qui viennent d'être énoncées, en particulier celles tenant à l'absence de justification de lien entre l'enfant de sa conjointe et son père de nationalité française, au fait que son enfant était âgé de moins d'un an à la date de l'arrêté attaqué et à l'existence d'une procédure de regroupement familial, le refus de séjour ne porte pas une atteinte à l'intérêt supérieur des enfants mineurs dont son couple a la charge et ainsi ne méconnait pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
12. Enfin, M. B ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012 à l'encontre du refus de titre dont il fait l'objet dès lors que sa demande est régie par l'accord franco-algérien et qu'il peut prétendre au bénéfice du regroupement familial.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
13. Pour les motifs exposés aux points 2 à 12, l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour, excipée à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.
14. Pour les motifs exposés au point précédent, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français tirés de l'erreur de droit, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et à l'erreur manifeste d'appréciation dont elle serait entachée doivent être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions aux fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :
La requête de M. B est rejetée. Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Coutaz et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme D et Mme C, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
A. C
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026