jeudi 11 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET GUITTON-DADON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 juillet 2022 et le 28 juillet 2022, l'association " Sauvegarde de notre cadre de vie et de notre patrimoine ", M. M F, M. et Mme L W, M. AS D, M. AR U, M. Z AN, Mme AG I, M. et Mme AK AV, AT AB T, M. et Mme G H, M. et Mme X AO, M. et Mme AU AO, AT AJ A, AT S E, M. Y J, M. et Mme AD AF, AT V O, M. et Mme AM AC, AT K Q, AT AH R, M. AI AL, M. C AQ, et M. AA AE, représentés par Me Guitton, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC 026 281 18 R0046-m02 du 10 mars 2022 par lequel la préfète de la Drôme a accordé un permis de construire modificatif à la société Bioteppes, ensemble la suspension de la décision implicite de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, à verser à chacun des requérants, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la SAS Bioteppes une somme de 4 000 euros à verser aux requérants, sur le même fondement.
Les requérants soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- les dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables en l'espèce dès lors que le permis de construire modificatif ne leur a pas été communiqué dans l'instance relative au permis de construire initial, ce qui les prive de la possibilité de contester cette décision ;
- l'urgence en matière d'urbanisme est, en application des dispositions de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme, présumée et, en l'espèce, l'urgence est caractérisée par le commencement des travaux de construction et par l'atteinte irréversible à l'environnement agricole et aux continuités écologiques ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dès lors que :
-- le dossier de permis de construire est incomplet ;
-- les dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Romans-sur-Isère ont été méconnues ;
-- les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
-- les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
-- les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
-- l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de pouvoir ;
-- en n'ayant pas sursis à statuer sur la demande de permis de construire modificatif, l'autorité administrative a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ; le projet de construction est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme ;
Par des mémoires enregistrés le 28 juillet 2022 et les 8 et 10 août 2022, la SAS Bioteppes, représentée par Me Gandet, conclut au rejet de la requête et, dans le dernier état de ses écritures, demande qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de leur infliger une amende pour recours abusif dès lors que la requête est manifestement irrecevable.
La SAS Bioteppes fait valoir que :
- en application de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, le recours au fond et le recours en référé-suspension dirigés contre le permis de construire modificatif du 10 mars 2022 ne sont pas recevables devant le tribunal ; la décision dont il est demandé la suspension sera examinée au cours de l'instance afférente au permis de construire initial, pendante devant la Cour administrative d'appel de Lyon, dont l'instruction a été rouverte le 9 août 2022 ;
- en tout état de cause, ces dispositions s'appliquent alors même que le permis de construire modificatif n'a pas été communiqué en cours d'instance d'appel (CAA Lyon, 28 juin 2022, n° 21LY02806) ;
- subsidiairement, les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire modificatif ;
- ils ne caractérisent pas une situation d'urgence ;
- les moyens invoqués ne font peser aucun doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire enregistré le 9 août 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
La préfète de la Drôme fait valoir que :
- en application de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, il appartient à la Cour administrative d'appel de Lyon de connaître de la légalité de l'arrêté attaqué ;
- les requérants avaient connaissance du permis de construire modificatif puisqu'ils ont présenté un recours gracieux dès le 5 mai 2022 ;
- subsidiairement, l'intérêt à agir des requérants n'est pas établi eu égard à l'objet d'un permis de construire modificatif, en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme (CAA Versailles, 12 mai 2021, n° 19VE00545) ;
- les requérants n'établissent pas l'existence d'une situation d'urgence ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 juillet 2022 sous le n° 2204710 par laquelle les requérants demandent l'annulation de l'arrêté préfectoral du 10 mars 2022 ;
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Letellier pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue à 10 heures en présence de M. Muller, greffier d'audience, Mme Letellier a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Dadon, pour les requérants ;
- les observations de Me Becue, pour la société Bioteppes, représentée par Mme N, présente à l'audience ;
- et les observations de Mme B, représentant la préfète de la Drôme.
Considérant ce qui suit :
Sur la recevabilité des conclusions présentées sur le fondement
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. L'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'un permis de construire initial n° 02628118R0046 a été accordé à la société Bioteppes par un arrêté du 18 octobre 2018 par le préfet de la Drôme, modifié par un arrêté du 14 octobre 2019, en vue de la construction d'une unité de méthanisation à Romans-sur-Isère. Par un arrêté du 10 mars 2022, la préfète de la Drôme a accordé à la pétitionnaire un permis de construire modificatif portant sur le raccordement au système d'assainissement collectif. Contrairement aux allégations des requérants, cet arrêté a été transmis au greffe de la cour administrative d'appel de Lyon, dans le cadre de l'instance n° 21LY00122, dont l'instruction n'est pas close. En application des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, cette décision ne pouvait être contestée que dans le cadre de l'instance dirigée contre le permis de construire initial. Dès lors, la requête, qui tend à l'annulation de ce permis de construire modificatif intervenu en cours d'instance, est irrecevable. Il y a lieu, par suite, de la rejeter.
Sur les conclusions aux fins de condamnation des requérants à une amende pour recours abusif :
4. Le prononcé d'une amende pour recours abusif en vertu de l'article R. 741-12 du code de justice administrative étant un pouvoir propre du juge, les conclusions présentées à cette fin par la société Bioteppes sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux demandes présentées par les requérants. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées à ce titre par la société Bioteppes sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :
Article 2 : La requête de l'association " Sauvegarde de notre cadre de vie et de notre patrimoine " et autres est rejetée.
Les conclusions présentées par la société Bioteppes sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à l'association " Sauvegarde de notre cadre de vie et de notre patrimoine ", à M. M F, à M. et Mme L W, à M. AS D, à M. AR U, à M. Z AN, à Mme AG I, à M. et Mme AK AV, à Mme AB T, à M. et Mme G H, à M. et Mme X AO, à M. et Mme AU AO, à Mme AJ A, à Mme S E, à M. Y J, à M. et Mme AD AF, à Mme V O, à M. et Mme AM AC, à Mme K Q, à Mme AH R, à M. AI AL, à M. C AQ, à M. AA AE, à la société Bioteppes et à la préfète de la Drôme.
Fait à Grenoble, le 11 août 202
Le juge des référés,Le greffier,
Mme Letellier M. Muller
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026