vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204766 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, M. C A, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2022 par lequel le préfet de la Savoie a mis en demeure les occupants de parcelles situées rue Pré Fontaine sur le territoire de la commune de Voglans à quitter les lieux dans le délai de 24 heures ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché de vices de procédure tirés de l'absence de procédure contradictoire préalable, de méconnaissance du principe général des droits de la défense et de l'absence de demande du maire au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux ;
- il a été privé du droit à un procès équitable et du droit à un recours effectif ;
- l'arrêté est dépourvu de base légale dès lors qu'il est fondé sur l'arrêté du maire de Voglans interdisant le stationnement en dehors des aires aménagées dont l'illégalité est invoquée par voie d'exception : premièrement, il est entaché d'incompétence, l'interdiction de stationnement relevant de la compétence du président de la communauté d'agglomération ; cet arrêté méconnaît les dispositions du décret du 5 mars 2019 relatif aux aires de grand passage ;
- l'arrété est illégal en ce que la communauté d'agglomération du Grand Lac à laquelle appartient la commune de Voglans ne respecte pas ses obligations au regard de la réglementation de l'accueil des gens du voyage depuis le nouveau schéma de 2019 en ce qui concerne la création d'une aire d'accueil permanente sur la commune d'Entrelacs ;
- l'arrêté du préfet a été pris en violation de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 en l'absence d'atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000, relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le décret n° 2019-171 du 5 mars 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Barnier, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations de M. A
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré pour M. A a été enregistrée le 29 juillet 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 juillet 2022 pris en application de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, le préfet de la Savoie a, sur demande du maire de la commune de Voglans, mis en demeure les propriétaires et occupants de résidences mobiles installées sans autorisation sur diverses parcelles composant les salles municipales et le stade municipal, rue Pré Fontaine à Voglans, de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures. Les requérants demandent au tribunal, sur le fondement de l'article R. 779-1 du code de justice administrative, d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 : " I.-Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie :1° L'établissement public de coopération intercommunale a satisfait aux obligations qui lui incombent en application de l'article 2 ;2° L'établissement public de coopération intercommunale bénéficie du délai supplémentaire prévu au III du même article 2 ; 3° L'établissement public de coopération intercommunale dispose d'un emplacement provisoire agréé par le préfet ; 4° L'établissement public de coopération intercommunale est doté d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage, sans qu'aucune des communes qui en sont membres soit inscrite au schéma départemental prévu à l'article 1er ; 5° L'établissement public de coopération intercommunale a décidé, sans y être tenu, de contribuer au financement d'une telle aire ou de tels terrains sur le territoire d'un autre établissement public de coopération intercommunale ; 6° La commune est dotée d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage conformes aux prescriptions du schéma départemental, bien que l'établissement public de coopération intercommunale auquel elle appartient n'ait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations. () I bis.-Le maire d'une commune qui n'est pas membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie :1° La commune a satisfait aux obligations qui lui incombent en application de l'article 2 ; 2° La commune bénéficie du délai supplémentaire prévu au III du même article 2 ; 3° La commune dispose d'un emplacement provisoire agréé par le préfet, dans les conditions prévues aux deux derniers alinéas du I du présent article ;4° La commune, sans être inscrite au schéma départemental prévu à l'article 1er, est dotée d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage ; 5° La commune a décidé, sans y être tenue, de contribuer au financement d'une telle aire ou de tels terrains sur le territoire d'une autre commune. II.-En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux./ La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques./ La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain./ Cette mise en demeure reste applicable lorsque la résidence mobile se retrouve à nouveau, dans un délai de sept jours à compter de sa notification aux occupants, en situation de stationnement illicite sur le territoire de la commune ou de tout ou partie du territoire de l'intercommunalité concernée en violation du même arrêté du maire ou, s'il est compétent, du président de l'établissement public de coopération intercommunale prévu au I et de nature à porter la même atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques./ Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n'a pas été suivie d'effets dans le délai fixé et n'a pas fait l'objet d'un recours dans les conditions fixées au II bis, le préfet peut procéder à l'évacuation forcée des résidences mobiles, sauf opposition du propriétaire ou du titulaire du droit d'usage du terrain dans le délai fixé pour l'exécution de la mise en demeure. () II bis.-Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au II, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l'exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine. () ".
3. En premier lieu, Mme Juliette Prat, secrétaire générale de la préfecture de la Savoie, était compétente pour signer l'arrêté attaqué en vertu de la délégation de signature que lui a consentie le préfet par arrêté du 28 juin 2021 publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Savoie. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public ou la conduite des relations internationales ; 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière ".
5. Le législateur a entendu déterminer, par l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité préfectorale, en cas de stationnement en violation des dispositions du I ou du I bis de cet article, met en demeure les occupants de quitter les lieux. Dès lors, M. A ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, pas plus que les principes généraux des droits de la défense.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 25 juillet 2022, le maire de Voglans a informé le préfet de la Savoie de l'occupation illégale de diverses parcelles sur la commune, conformément aux dispositions précitées de l'article 9-II de la loi du 5 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition doit être écarté.
7. En quatrième lieu, dès lors que la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2022 est recevable, il ne peut utilement soutenir avoir été privé du droit à un procès équitable, en ce que la décision attaquée ne mentionnerait pas l'heure à laquelle elle lui a été notifiée, ni n'aurait été affichée sur les parcelles litigieuses. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales : " () Par dérogation à l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyages, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement leurs attribution dans ce domaine de compétences () / III. - Dans un délai de six mois suivant la date à laquelle les compétences mentionnées au A du I ont été transférées à l'établissement ou au groupement, un ou plusieurs maires peuvent s'opposer, dans chacun de ces domaines, au transfert des pouvoirs de police. A cette fin, ils notifient leur opposition au président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales. Il est alors mis fin au transfert pour les communes dont les maires ont notifié leur opposition. / Dans un délai de six mois suivant la date de l'élection du président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales, si le prédécesseur de ce dernier exerçait dans une commune l'un des pouvoirs de police mentionnés au A du I, le maire de cette commune peut s'opposer à la reconduction du transfert de ce pouvoir. La notification de cette opposition au président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales met fin au transfert. / Dans un délai de six mois suivant la date de l'élection du président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales, si le prédécesseur de ce dernier n'exerçait pas dans une commune l'un des pouvoirs de police mentionnés au A du I, le maire de cette commune peut s'opposer au transfert de ce pouvoir. Il notifie son opposition au président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales. A défaut, le transfert devient effectif à l'expiration de ce délai ou, le cas échéant, du délai supplémentaire d'un mois prévu à la première phrase de l'avant-dernier alinéa du présent III. / Si un ou plusieurs maires des communes concernées se sont opposés au transfert de leurs pouvoirs de police, le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales peut renoncer, dans chacun des domaines mentionnés au A du I, à ce que les pouvoirs de police spéciale des maires des communes membres lui soient transférés de plein droit, dans un délai d'un mois suivant la fin de la période pendant laquelle les maires étaient susceptibles de faire valoir leur opposition. Il notifie sa renonciation à chacun des maires des communes-membres. Dans ce cas, le transfert des pouvoirs de police n'a pas lieu ou, le cas échéant, prend fin à compter de cette notification, sur l'ensemble du territoire de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales. () ".
9. Il résulte de la combinaison des dispositions citées aux points 2 et 8 que lorsqu'une commune est inscrite au schéma départemental, est dotée d'une aire d'accueil ou est membre d'un groupement de communes qui est compétent pour la mise en œuvre du schéma départemental, le préfet ne peut mettre en œuvre la procédure prévue à l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 que si un arrêté interdisant le stationnement des résidences mobiles a été auparavant pris par le maire. L'arrêté portant mise en demeure d'évacuer les lieux est donc édicté pour l'application de l'arrêté réglementant le stationnement des résidences mobiles. Toutefois, si les obligations d'une commune en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage ont été transférées à un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre, il appartient alors au président de cet établissement public de prendre l'arrêté interdisant le stationnement des résidences mobiles, à moins que le maire de la commune concernée ne se soit opposé au transfert de compétence de ce pouvoir de police spéciale ou que le président de l'établissement public de coopération intercommunale ait refusé ce transfert de compétence.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 2 novembre 2020, non utilement contesté, le président de l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre qu'est la communauté d'agglomération du Grand Lac a renoncé à l'exercice des pouvoirs de police en matière de création, entretien et gestion des aires d'accueil des gens du voyage. Dans ces circonstances le maire de la commune de Voglans était compétent pour interdire, comme il l'a fait par un arrêté du 8 juin 2021, le stationnement des résidences mobiles des gens du voyage sur l'ensemble du territoire de la commune, en dehors de l'aire d'accueil des grands passages aménagée sur la commune. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'incompétence du maire doit être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mars 2019 relatif aux aires de grand passage, " Le terrain de l'aire de grand passage dispose d'un sol stabilisé adapté à la saison d'utilisation définie par le schéma départemental, restant porteur et carrossable en cas d'intempérie, dont la pente permet d'assurer le stationnement sûr des caravanes. () ". Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " L'aire de grand passage comprend au moins : 1° Un accès routier permettant une circulation appropriée ainsi que l'intervention des secours et une desserte interne ; 2° A l'entrée de l'aire, une installation accessible d'alimentation en eau potable satisfaisant aux normes techniques relatives aux bouches à incendie fixées par le référentiel national de la défense extérieure contre l'incendie ; 3° A l'entrée de l'aire, une installation d'alimentation électrique sécurisée comportant un tableau de 250 kVA triphasé. En aval du point de livraison, la répartition d'électricité relève de la responsabilité du signataire de la convention d'occupation ; 4° A l'entrée de l'aire, un éclairage public ; 5° Un dispositif de recueil des eaux usées ; 6° Un système permettant la récupération des toilettes individuelles qui peut être complété par des cabines sanitaires mobiles autonomes non raccordées à un réseau d'assainissement ; 7° L'installation, sur l'aire ou à sa proximité immédiate, de bennes pour les ordures ménagères dont le ramassage est assuré au moins une fois par semaine pendant la période d'ouverture ou d'occupation ; 8° Un accès au service de collecte des encombrants et à la déchetterie dans les conditions prévues pour ses habitants par la collectivité ou l'établissement public de coopération intercommunale ".
12. M. A fait valoir que l'aire d'accueil de la commune de Voglans n'est pas conforme aux obligations d'aménagement résultant des dispositions précitées du décret du 5 mars 2019. Toutefois, pour regrettable que soit la présence sur le terrain d'ornières et de déchets, il n'est pas établi que l'aire d'accueil de grand passage de la commune de Voglans n'est pas conforme aux obligations précitées du décret du 5 mars 2019. Ce moyen doit donc être écarté.
13. En septième lieu, il ressort du schéma départemental d'accueil des gens du voyage 2019-2025 que la commune d'Entrelacs figurant parmi les nouvelles communes de plus de 5 000 habitants s'est engagée à créer une aire d'accueil de 16 places, permettant de compenser la baisse du nombre de places sur l'aire d'Aix-les-Bains suite à son réaménagement (-10 places) et de proposer une offre complémentaire sur Grand Lac (+ 6 places).
14. Il résulte de l'instruction que la commune d'Entrelacs a bénéficié de délais supplémentaires, prévus au III de l'article 2 de la loi du 9 juillet 2000, pour atteindre les objectifs retenus au schéma départemental d'accueil et d'habitation des gens du voyage élaboré en 2019. Les études de maîtrise d'œuvre concernant la création d'une aire permanente d'accueil à Entrelacs ont été rendues fin 2021 et l'Etat a alloué une subvention à Grand Lac le 10 décembre 2021 pour la création de l'aire de 16 places caravanes, les travaux devant se terminer en août 2022.
15. Par suite, la condition prévue au 2° du I de l'article 9 précité de la loi du 5 juillet 2000 visée ci-dessus étant remplie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la communauté d'agglomération du Grand Lac ne respecte pas ses obligations au regard de la réglementation de l'accueil des gens du voyage depuis le nouveau schéma de 2019. Ce moyen doit être écarté.
16. En dernier lieu, M. A fait valoir que l'occupation des lieux par lui-même et les autres personnes n'entraîne pas de risques en matière de sécurité et de troubles à l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les branchements électriques des occupants ont été effectués sur un poteau électrique lequel est branché sur un boitier de dérivation ouvert avec des câbles sortant de toutes parts et des raccordements, sans protection, à même le sol. Par ailleurs, les raccordements en eau ont été effectués sur une borne incendie qui n'est ainsi plus ou difficilement utilisable en cas d'intervention des services de lutte contre l'incendie. Ces seuls motifs justifiaient que le préfet mette en demeure les occupants des parcelles litigeuses à quitter les lieux en raison du risque d'atteinte à la sécurité publique. Ce dernier moyen doit donc être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. M. A ayant la qualité de partie perdante, ses conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
M. BLa greffière,
V. BARNIER
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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01/06/2026
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