jeudi 25 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MIRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2022, M. B A, représenté par Me Miran, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un récépissé assorti du droit au travail à l'issue de ce rendez-vous ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- Sur l'urgence : il est entré en France avant l'âge de treize ans ; il est inscrit à l'institut des métiers et des techniques (IMT) de Grenoble pour débuter un CAP " Métiers de la coiffure " à la rentrée de septembre 2022 et a signé un contrat d'apprentissage avec un salon de coiffure dont la date de début d'exécution est fixée au 1er septembre 2022 ; en dépit de ses demandes répétées, le préfet de l'Isère refuse de lui fixer un rendez-vous pour qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'abstention du préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous le prive de la possibilité de bénéficier d'un récépissé et d'un titre de séjour l'autorisant à travailler et l'empêchera de débuter sa scolarité en septembre 2022 ;
- Sur l'utilité de la mesure demandée : l'injonction sollicitée aura un caractère utile en lui permettant de pouvoir déposer une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-21 et L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, depuis le mois de mars 2022, il sollicite en vain de la préfecture de l'Isère la fixation d'un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour pour se voir délivrer un récépissé avec autorisation de travail afin de suivre sa formation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'il a donné un rendez-vous à M. A à la préfecture de l'Isère le 16 septembre 2022 à 10 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hamdouch, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 23 août 2022 à 11h00, ont été entendus :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Huard, substituant Me Miran, représentant M. A.
Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet de l'Isère :
2. La circonstance que le préfet de l'Isère ait donné un rendez-vous à M. A à la préfecture de l'Isère le 16 septembre 2022 à 10 heures ne prive pas d'objet les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de délivrer à l'intéressé un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour et de se voir délivrer un récépissé l'autorisant à travailler avant que le contrat d'apprentissage qu'il a conclu dans le cadre d'un CAP " Métiers de la coiffure " ne vienne à exécution le 1er septembre 2022. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de l'Isère ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel ce rendez-vous doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
6. En premier lieu, M. B A, ressortissant kosovare né le 13 août 2006, est entré sur le territoire français avant l'âge de treize ans selon ses déclarations. Il est constant que, dans le cadre d'un CAP " Métiers de la coiffure " pour lequel il est inscrit à l'institut des métiers et des techniques (IMT) de Grenoble, l'intéressé a signé avec un salon de coiffure un contrat d'apprentissage dont la date de début d'exécution est fixée au 1er septembre 2022. Le suivi de cet apprentissage étant subordonnée à la reconnaissance d'un droit au séjour avec autorisation de travail, M. A a sollicité en vain la fixation d'un rendez-vous en vue de déposer une demande de titre de séjour, par deux courriels et trois lettres recommandées avec accusé de réception adressés aux services de la préfecture de l'Isère entre le 24 juin 2022 et le 25 juillet 2022. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'intéressé, notamment sur son droit à se maintenir en France pour y travailler, la fixation d'un rendez-vous en préfecture aux fins de former sa demande de titre de séjour et d'obtenir, s'il en remplit les conditions, un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler, et alors qu'il n'est pas contesté qu'une telle demande ne peut être formée sur le site internet de la préfecture de l'Isère, la demande du requérant fondée sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative présente un caractère d'urgence et d'utilité.
7. En second lieu, aux termes de l'article R. 311-4 repris à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Ainsi, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Dès lors que l'enregistrement d'une demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé sont subordonnés au caractère complet du dossier de demande de titre de séjour, il ne peut être fait droit aux conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travailler à l'issue du rendez-vous que celui-ci lui aura fixé en application de la présente ordonnance.
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander, dans les circonstances de l'espèce, qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous en préfecture aux fins de dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 900 euros à Me Miran, conseil du requérant, au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. B A un rendez-vous en préfecture afin de déposer sa demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Une somme de 900 euros est mise à la charge de l'État, à verser à Me Miran, conseil du requérant, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Miran renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Miran et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 août 2022.
Le juge des référés,
S. CLa greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026