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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2205054

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205054

mercredi 24 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205054
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCOLLANGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 août 2022, Mme C épouse B, représentée par Maître Collange demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le ministère de l'intérieur lui a refusé le renouvellement de son autorisation de travail ;

2°) de mettre à la charge de l' Etat une somme de 2000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C épouse B soutient que :

- la situation d'urgence est caractérisée dans la mesure où un refus d'autorisation de travail risque de mettre un terme à son contrat de travail de manière imminente ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dans la mesure où :

. la décision n'est revêtue d'aucune signature ;

. elle est insuffisamment motivée ;

. elle a été prise en méconnaissance des articles L 554-1 est suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure où en tant que demandeur d'asile elle a le droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;

. ayant obtenu le droit de travailler avant la décision de rejet de l'office français des réfugiés et apatrides elle conserve cette autorisation en cas de recours devant la cour nationale du droit d'asile et jusqu'à ce que la Cour se soit prononcée ;

. elle a en effet formé sa demande d'asile le 30 novembre 2018 et a bénéficié depuis le 12 décembre 2019, soit avant la décision de rejet de l'office français des réfugiés et apatrides d'autorisations de travail régulièrement renouvelées et elle a formé devant la cour nationale du droit d'asile un recours contre la décision de l'office français des réfugiés et apatrides.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 9 août 2022 sous le numéro 2205053 par laquelle Mme C épouse B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rouyer, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Collange pour la requérante.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Mme. C épouse B justifie de l'existence d'une situation d'urgence dans la mesure où elle soutient sans être contredite qu'un refus d'autorisation de travail risque de mettre un terme à son contrat de travail de manière imminente.

4. En l'état de l'instruction et compte tenu, notamment, des explications apportées à l'audience par le conseil de Mme C épouse B, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 554-1 est suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure où en tant que demandeur d'asile elle a le droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision attaquée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu, en particulier, du caractère provisoire des mesures ordonnées par le juge des référés, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme C épouse B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative;

O R D O N N E:

Article 1er : L'exécution de la décision de ministre du l'intérieur en date du 8 juillet 2022 est suspendue.

Article 2 : Le surplus des conclusions de Mme C épouse B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, au ministère de l'intérieur et à la préfète de la Drôme.

Fait à Grenoble, le 24 août 2022.

Le juge des référés,La greffière,

S. A L. Rouyer

La République mande et ordonne au ministère de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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