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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2205112

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205112

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205112
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSAMBA-SAMBELIGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 août 2022, Mme A, représentée par Me Samba-Sambeligue, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 juin 2022 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

La décision prise dans son ensemble :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît son droit d'être entendu tel qu'énoncé et contenu dans les principes généraux du droit de l'Union européenne repris par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant refus de séjour :

-méconnaît les dispositions des articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

-méconnaît les dispositions de l'article L.611-1 2° et 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 3 §1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

-est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par ordonnance du 23 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 novembre 2022 à 12H00.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Samba-Sambeligue, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née le 30 octobre 1993 à Zabré (Burkina-Faso), ressortissante burkinabée, est entrée en France en août 2017 avec un passeport revêtu d'un visa long séjour du 25 juillet 2017 au 25 juillet 2018. Elle s'est ensuite maintenue sur le territoire français sous couvert de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant " jusqu'au 15 octobre 2021. Le 11 décembre 2020, Mme A a donné naissance à un enfant à Grenoble, dont le père, de nationalité burkinabée, réside régulièrement sur le territoire français. Le 27 janvier 2022, Mme A a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté n°2022-GEC144 en date du 7 juin 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

En ce qui concerne la décision prise dans son ensemble :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Eléonore Lacroix, secrétaire générale de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté du 24 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte en cause manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté énonce avec précision les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il est ainsi suffisamment motivé et répond aux exigences des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'autorité administrative n'était pas tenue de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont elle entendait se prévaloir. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

4. En troisième lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. Ce droit comportement notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article ne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

5. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

6. La mesure contestée intervient après que l'intéressée a déposé une demande de titre de séjour auprès des services préfectoraux au cours d'un rendez-vous fixé par ces derniers durant lequel elle a pu exposer l'ensemble de sa situation. Même si Mme A n'a pas été invitée à présenter des observations sur une éventuelle mesure d'éloignement susceptible d'être prise à son encontre dans l'hypothèse où sa demande de titre de séjour serait refusée, elle a ainsi pu exposer les motifs pouvant faire obstacle à son éloignement. En tout état de cause, elle n'établit pas qu'elle aurait tenté en vain de porter à la connaissance de l'administration des éléments pertinents relatifs à sa situation. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privé du droit d'être entendue résultant du principe général du droit de l'Union européenne.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "

8. Mme A soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait valoir qu'elle réside en France depuis 2017, qu'elle a obtenu une licence en sciences de l'ingénieur, qu'elle occupe un poste de technicienne au sein de la société Framatome et que son compagnon et son enfant résident en France. Toutefois, la circonstance que Mme A ait résidé en France pendant plus de quatre ans sous couvert d'un titre de séjour en tant qu'étudiante, ne lui donnait pas vocation à résider durablement sur le territoire. Mme A et son compagnon ne pouvaient ignorer, dès le début de leur relation, que leurs perspectives communes d'installation en France étaient incertaines, en raison de la situation administrative de l'intéressée. De plus, la requérante et son compagnon étant tous deux de nationalité burkinabée, rien ne s'oppose à ce qu'ils reconstruisent leur cellule familiale dans le pays d'origine. Enfin, Mme A est arrivée en France à l'âge de 23 ans, après avoir vécue la majorité de sa vie dans son pays d'origine dans lequel résident ses parents et l'un de ses frères. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

10. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative, dans un premier temps, de vérifier si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou est justifiée au regard des motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels en ce sens, d'envisager la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, où le demandeur justifie d'une promesse d'embauche, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de la situation personnelle de l'intéressé, tel que, par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

11. Mme A soutient qu'elle est insérée professionnellement et socialement, que depuis, 2017, elle a noué de nombreux liens avec des ressortissant français et étrangers qui l'ont aidé dans son parcours professionnel et personnel, que son compagnon et leur enfant résident en France, qu'elle a validé une licence en sciences de l'ingénieur, qu'à l'issue de cette validation, elle a régulièrement débuté un parcours professionnel auprès de la société Framatome, que son employeur est satisfait de son travail et souhaiterait vivement qu'elle demeure au sein de ses effectifs, que son contrat a été prolongé jusqu'au mois de décembre 2022, qu'elle occupe un emploi technique pour lequel les besoins en ressources humaines au sein de l'entreprise rencontrent des difficultés à être pourvus.

12. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 8, la circonstance que Mme A ait résidé en France pendant plus de quatre ans sous couvert d'un titre de séjour en tant qu'étudiante, ne lui donnait pas vocation à résider durablement sur le territoire. Mme A a vécu pendant 24 ans dans son pays d'origine dans lequel elle a nécessairement conservé des liens. Tous les membres de la cellule familiale vivant en France sont de nationalité burkinabée. Rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine. En outre, les éléments qu'elle invoque ne caractérisent pas l'existence d'un motif exceptionnel ou humanitaire au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Isère aurait, en lui opposant un refus de titre séjour portant la mention " vie privée et familiale ", entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. Si l'intéressée se prévaut d'un contrat de travail signé en mars 2022 avec la société Framatome valable jusqu'en décembre 2022, il n'est pas sérieusement contesté que ce contrat n'avait pas été produit en préfecture lors du dépôt de la demande de titre de séjour le 27 janvier 2022 ou par la suite. En tout état de cause, les possibilités d'insertion professionnelle de Mme A ne suffisent pas à caractériser des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La production d'un contrat à durée indéterminée ne constitue pas une circonstance exceptionnelle de nature à permettre la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par suite, le préfet de l'Isère a pu, sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation, refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mention " salarié ".

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; (). ".

15. Contrairement à ce que la requérante soutient, dès lors qu'elle s'était vu refuser le renouvellement de son titre de séjour, elle pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement sur le fondement du 3° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Isère se soit estimé en situation de compétence liée et qu'il n'ait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle.

16. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

17. La décision n'a ni pour objet ni pour effet de séparer la requérante de son enfant mineur. Mme A ne fait état d'aucune circonstance particulière qui ferait obstacle à la reconstitution de la cellule familiale hors de France, notamment au Burkina-Faso dont tous les membres de la famille ont la nationalité, et n'établit pas l'impossibilité pour son enfant d'y débuter sa scolarité. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Isère aurait méconnu les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

18. Pour les mêmes motifs qu'exposés aux points précédents, la décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

19. Les conclusions à fin d'annulation des décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen soulevé à l'encontre de la décision attaquée et tirée de son défaut de base légale, en raison de l'illégalité de ces décisions, doit être écarté. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

20. Pour les mêmes motifs que ceux développés aux points précédents, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation, de la méconnaissance de l'article 3 §1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peuvent qu'être écartés.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 juin 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais de justice :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, Me Samba-Sambeligue et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

Mme Frapolli, premier conseiller,

Mme Fourcade, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.

Le président-rapporteur,

C. C

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

I. FRAPOLLILe greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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