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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2205318

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205318

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205318
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge unique 7
Avocat requérantSELARL BS2A (BESCOU & SABATIER)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 16 août 2022, la présidente de la 9ème chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal administratif de Grenoble le dossier de la requête de M. E présentée le 28 juillet 2022.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal le 16 août 2022, M. E, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

- elles ont été prises en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- elles sont entachées d'erreur de qualification juridique et d'un défaut de base légale dès lors que sa situation relève des dispositions du 1° de l'article L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à tout le moins, du 3° de l'article L. 200-5 du même code ;

- l'édiction de l'obligation de quitter le territoire n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;

- il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en vertu de l'article 2 de la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004, sa situation est assimilable à celle d'un membre de la famille d'un citoyen européen ;

- la décision d'éloignement méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours est illégale compte tenu de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- en l'absence d'urgence, elle méconnaît les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit un délai d'un mois ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 99-944 du 15 novembre 1999 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. L'Hôte, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant congolais né en 1997, soutient être entré en France le 17 août 2017. Il a sollicité le bénéfice d'une protection au titre de l'asile qui lui a été refusée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 septembre 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 20 mars 2019. Le 21 juillet 2022, il a été interpellé pour des faits d'usurpation d'identité et de conduite sans permis. Le jour même, le préfet du Rhône a pris à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur la légalité externe :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, cheffe du bureau de l'éloignement, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet du Rhône du 8 juin 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui a valeur de principe général du droit de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

4. Il ressort des pièces du dossier que lors de son audition par les services de police à la suite de son interpellation, le requérant a été interrogé sur sa situation administrative et personnelle en France. Par ailleurs, il a été informé, le même jour et par écrit, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et a été mis à même de faire valoir ses observations écrites et orales, ce qu'il a d'ailleurs fait comme en atteste le document qu'il a signé et qui est produit par le préfet à l'instance. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Rhône a procédé à un examen effectif de la situation du requérant telle qu'elle avait été portée à sa connaissance. M. D n'ayant pas informé les services de la préfecture du pacte civil de solidarité qu'il a conclu le 11 mars 2022 avec une ressortissante hollandaise ni fait état de cet élément lors de son audition par les services de police, il n'est pas fondé à soutenir que l'absence de mention de cette relation dans l'arrêté attaqué caractériserait un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Sur la légalité interne :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 () ".

7. M. D soutient qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement sur le fondement de ces dispositions dès lors qu'il bénéficiait du droit au séjour en France en application des articles L. 233-2 ou, à défaut, L. 233-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. D'une part, aux termes du 3° de l'article L. 200-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent livre détermine les règles applicables à l'entrée, au séjour et à l'éloignement () des membres de famille des citoyens de l'Union européenne et des étrangers qui leur sont assimilés, tels que définis à l'article L. 200-4 () ". Aux termes de l'article L. 200-4 du même code : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : / 1° Conjoint du citoyen de l'Union européenne () ". Aux termes de l'article L. 233-2 de ce code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. / Il en va de même pour les ressortissants de pays tiers, conjoints ou descendants directs à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées au 3° de l'article L. 233-1. ".

9. D'autre part, aux termes de l'article 515-1 du code civil : " Un pacte civil de solidarité est un contrat conclu par deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune ". Les articles L. 515-2 et suivants définissent le régime du pacte civil de solidarité, l'article 515-4 précisant que : " Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité s'engagent à une vie commune, ainsi qu'à une aide matérielle et une assistance réciproques (). / Les partenaires sont tenus solidairement à l'égard des tiers des dettes contractées par l'un d'eux pour les besoins de la vie courante () " et l'article 515-5 que : " Sauf dispositions contraires de la convention visée au troisième alinéa de l'article 515-3, chacun des partenaires conserve l'administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels () ". En vertu de l'article 12 de la loi du 15 novembre 1999 relative au pacte civil de solidarité, la conclusion d'un pacte civil de solidarité constitue l'un des éléments d'appréciation des liens personnels en France pour l'obtention d'un titre de séjour, au sens de l'article 12 bis de l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, devenu ultérieurement le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui désormais codifié à l'article L. 423-23 du même code. Il en résulte que la loi du 15 novembre 1999 crée une nouvelle forme d'union légale entre deux personnes physiques majeures distincte de l'institution du mariage et ne peut être interprétée comme assimilant de manière générale les partenaires liés par un pacte civil de solidarité aux personnes mariées.

10. Ainsi, il ressort des dispositions citées aux deux points précédents que le législateur a fait le choix de réserver le bénéfice du régime des dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui transposent le droit de séjourner librement sur le territoire des États membres prévu par la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004, aux seuls conjoints, les partenaires liés par un pacte civil de solidarité bénéficiant des dispositions de l'article 12 de la loi du 15 novembre 1999 qui favorisent leur droit au séjour, conformément aux objectifs fixés par l'article 3, paragraphe 2, de la directive. Il suit de là que le requérant, qui ne relevait pas du 1° de l'article L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas fondé à soutenir qu'il bénéficiait d'un droit au séjour en France en application de l'article L. 233-2 du même code.

11. Par ailleurs, aux termes du 4° de l'article L. 200-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent livre détermine les règles applicables à l'entrée, au séjour et à l'éloignement () des étrangers entretenant avec les citoyens de l'Union européenne et les étrangers qui leur sont assimilés des liens privés et familiaux, tels que définis à l'article L. 200-5. ". L'article L. 200-5 du même code dispose que : " Par étranger entretenant des liens privés et familiaux avec un citoyen de l'Union européenne on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, ne relevant pas de l'article L. 200-4 et qui, sous réserve de l'examen de sa situation personnelle, relève d'une des situations suivantes : / () / 3° Étranger qui atteste de liens privés et familiaux durables, autres que matrimoniaux, avec un citoyen de l'Union européenne. ". L'article L. 233-3 du code prévoit que : " Les ressortissants étrangers mentionnés à l'article L. 200-5 peuvent se voir reconnaître le droit de séjourner sur l'ensemble du territoire français pour une durée supérieure à trois mois dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 233-2. ".

12. Il résulte de ces dispositions que les liens autres que matrimoniaux doivent faire l'objet d'un examen de la situation personnelle du demandeur du titre de séjour et ne permettent pas la délivrance automatique d'un tel titre.

13. Si le requérant soutient entrer dans les prévisions du 3° de l'article L. 200-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le pacte civil de solidarité dont il se prévaut a été conclu le 11 mars 2022, soit moins de cinq mois avant l'édiction de l'arrêté attaqué, et aucune pièce du dossier ne démontre l'ancienneté et la stabilité de la relation avec la personne concernée. D'ailleurs, ainsi qu'il a été dit, M. D n'a fait mention à aucun moment de ce pacte civil de solidarité ni de sa relation avec l'intéressée lors de son audition par les services de police au cours de laquelle il a été interrogé sur sa situation personnelle et familiale en France. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas de liens privés et familiaux durables avec une citoyenne de l'Union européenne. Ainsi, il n'est pas davantage fondé à soutenir qu'il bénéficiait d'un droit au séjour sur le fondement de l'article L. 233-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce qu'il soutient, M. D n'était pas au nombre des étrangers visés à l'article L. 200-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A cet égard, il ne peut se prévaloir utilement des dispositions de l'article 2 de la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 dès lors que celles-ci ont été transposées en droit interne. Dès lors, c'est à bon droit que préfet du Rhône s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 611-1 du même code pour prendre à son encontre une mesure d'éloignement. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. De la même manière, le requérant n'établissant pas pouvoir prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de membre de la famille d'une citoyenne européenne, il n'est pas fondé à soutenir qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement pour ce motif.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () "

16. Il ressort des pièces du dossier que M. D réside sur le territoire français depuis août 2017 selon ses déclarations, soit depuis cinq ans à la date de la décision attaquée. Il n'établit pas être dépourvu de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine où il a vécu la plus grande partie de sa vie. Il ne justifie pas d'une intégration particulièrement remarquable dans la société française, ayant été interpellé le 21 juillet 2022 pour des faits d'usurpation d'identité et de conduite sans permis. Le pacte civil de solidarité qu'il a conclu avec une ressortissante hollandaise le 11 mars 2022 était très récent à la date de l'arrêté attaqué, sans que le requérant n'établisse par ailleurs l'ancienneté de cette relation. Le couple est sans enfant. S'il déclare vivre à une adresse commune à Villefontaine, il ressort des bulletins de paie produits au nom de sa partenaire qu'elle a déclaré une autre adresse. Qui plus est et comme il a été dit, le requérant n'a pas fait mention de cette relation ni, a fortiori, de la conclusion d'un pacte civil de solidarité lors de son audition par les services de police. De même, appelé à présenter ses observations sur une éventuelle mesure d'éloignement prise à son encontre, il a seulement déclaré qu'il avait une fille de quatre ans et qu'il souhaitait travailler, mais ne s'est aucunement prévalu de la relation avec sa partenaire. Dans ces circonstances, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet du Rhône n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () ". Aux termes de l'article L. 612-5 de ce code : " L'autorité administrative peut mettre fin au délai de départ volontaire accordé en application de l'article L. 612-1 si un motif de refus de ce délai apparaît postérieurement à la notification de la décision relative à ce délai. ". Enfin, l'article L. 613-2 du code précise : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. () ".

18. Il résulte de ces dispositions que M. D ne peut utilement exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français pour demander l'annulation de l'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours qui ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'éloignement.

19. En dernier lieu, M. D, qui n'est pas au nombre des étrangers visés à l'article L. 200-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme il a été dit, ne peut se prévaloir utilement du délai de départ volontaire prévu à l'article L. 251-3 du même code.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. Eu égard à ce qui précède, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de sa demande d'annulation de la décision fixant le pays de destination. Le moyen tiré de l'illégalité du refus de séjour est quant à lui inopérant dès lors que l'arrêté attaqué n'a pas pour effet de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

21. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de sa demande d'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français.

22. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 16, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

23. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que le préfet du Rhône ne pouvait édicter à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français mais seulement une interdiction de circulation prise sur le fondement l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que, pour les motifs déjà énoncés, il n'entre pas dans les prévisions de ces dispositions.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté du 21 juillet 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E, à Me Sabatier et au préfet du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

V. L'HÔTE

La greffière,

V. BARNIER

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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