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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2205406

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205406

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205406
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBERNARD DUGUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires enregistrés le 24 août 2022, le 9 septembre 2022, le 9 février 2023 et le 2 mars 2023, M. B A et M. C A, représentés par Me Trequattrini, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2022 par lequel le maire de la commune d'Héry-sur-Alby a accordé un permis d'aménager à la société DF2G pour la création de six 6 lots, d'une voirie commune et d'équipements communs, ainsi que la décision explicite de rejet de leur recours gracieux du 24 juin 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Héry-sur-Alby une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le projet, qui nécessite la démolition d'une construction existante, n'a pas fait l'objet d'un permis de démolir ;

- le projet ne respecte pas les dispositions du plan local d'urbanisme relatives à la proportion minimale de surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables ;

- le projet méconnait le règlement de la zone UA, et les articles R. 111-5 et R. 111-2 du code de l'urbanisme, ses accès présentant un risque pour la sécurité publique.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2022, la société DF2G, représentée par Me C Duguet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants n'ont pas intérêt pour agir ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2023, la commune d'Héry-sur-Alby, représentée par Me Philippe, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

La clôture d'instruction a été prononcée le 20 mars 2023, par ordonnance du même jour, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jourdan, présidente ;

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Philippe pour la commune d'Héry-sur-Alby.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 février 2022, le maire de la commune d'Héry-sur-Alby a accordé un permis d'aménager à la société DF2G pour la création de six 6 lots, d'une voirie commune et d'équipements communs, sur les parcelles A 1729, 915 et 380. Le 20 avril 2022, les consorts A ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, rejeté par décision explicite du 24 avril 2022. Ils sollicitent l'annulation de l'arrêté de permis d'aménager et de la décision explicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur la légalité du permis d'aménager :

Sur le permis de démolir :

2. Aux termes de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis d construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ".

3. Si le permis d'aménager et le permis de démolir peuvent être accordés par une même décision, au terme d'une instruction commune, ils constituent des actes distincts ayant des effets propres. Ainsi, ils peuvent aussi être accordés par des autorisations distinctes. En l'espèce, le projet nécessite la démolition de la construction existante sise sur la parcelle A 915. Un permis de démolir, produit à l'instance, a été obtenu à ce titre le 25 juillet 2022. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette démolition n'a pas été autorisée.

Sur les surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables :

4. Aux termes du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Pays d'Alby : " Les espaces libres de toute construction, hors terrasse, parvis et aire de jeux et non indispensables aux circulations et stationnement doivent être maintenus en pleine terre et végétalisés et représenter 20 % minimum de la surface de l'unité foncière ".

5. En l'espèce, le tènement en litige est classé pour partie en zone N, et pour partie en zone UA. L'article précité relatif au ratio d'espaces verts n'est applicable qu'à la seule zone UA. Le tènement présente une surface totale de 2499 m², dont doit ainsi être déduit l'espace classé en zone N de 432 m², soit 2067 m². 20 % de cette surface doivent être végétalisés, soit 413,4 m². Le plan hypothétique de composition du dossier de permis d'aménager fait état d'un total de de seulement 290 m² de surfaces d'espaces verts en zone UA. Aucun espace vert supplémentaire ne pouvait être prélevé au sein de la zone N et s'ajouter à ce total. Ainsi, le ratio d'espaces verts n'était pas respecté.

6. Toutefois, ces données sont présentées à titre prévisionnelles, le traitement des espaces verts étant susceptible d'évoluer et de s'affiner en fonction de l'implantation des constructions. Le pétitionnaire produit en ce sens un plan hypothétique d'implantation des constructions daté du 12 juillet 2022, postérieur au permis d'aménager, faisant désormais état d'une surface de 604 m² affectée aux espaces verts en zone UA. Ainsi, la question des espaces verts, liée à celle des constructions, sera appréciée au stade du permis de construire. Par conséquent, aucune méconnaissance de l'article précité ne peut être retenue au stade du permis d'aménager.

Sur la sécurité des accès :

7. Aux termes du règlement de la zone UA du PLUi du Pays d'Alby : " Les constructions ou installations doivent être desservies par des voies publiques ou privées dont les caractéristiques correspondent à leur destination et à leur importance ".

8. Les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables aux communes dotées d'un plan local d'urbanisme telle que la commune d'Héry-sur-Alby.

9. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

10. En l'espèce, le projet est desservi par l'impasse située dans le prolongement de la route des Combes, et desservant également les propriétés des requérants. Celle-ci présente une largeur de plus de 3 mètres sur la majeure partie de sa longueur. Si les requérants identifient une zone où sa largeur serait de 2,84 m, celle-ci est suffisante pour permettre le passage d'un véhicule. De plus, il existe, au niveau de la parcelle 379, un espace libre sur le côté pouvant constituer une zone d'attente pour d'éventuels croisements de véhicules. En outre, la distance à parcourir par les véhicules sur cette impasse avant d'accéder à la voie interne du projet, n'est que de 30 mètres. Cette impasse ne dessert que le projet, les maisons des deux requérants, et quelques autres constructions. Dans ces conditions, les modalités de desserte du projet ne sont pas de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Le moyen doit donc être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à solliciter l'annulation de l'arrêté de permis d'aménager du 16 février 2022.

Sur les frais de procès :

12. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent être rejetées.

13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société DF2G et la commune d'Héry-sur-Alby au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er :

La requête est rejetée.

Article 2 :

Article 3 :

Article 4 : Les conclusions présentées par la société DF2G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Les conclusions présentées par la commune d'Héry-sur-Alby au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Le présent jugement sera notifié à M. C A en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la société DF2G ainsi qu'à la commune d'Héry-sur-Alby.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Jourdan, présidente,

Mme Letellier, première conseillère,

Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023

La présidente,

D. Jourdan

L'assesseure,

E. Barriol

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2205406

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