lundi 26 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, Mme B C, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois et dans l'attente de lui délivrer, sous huitaine, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- en l'absence de caractérisation de la fraude, le refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 423-7 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article L. 423-8 du même code en raison de la saisine du juge aux affaires familiales ;
- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en ce qu'elle se fonde sur un refus de titre de séjour illégal ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait les dispositions du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour n'est pas spécifiquement distincte, elle n'est ni motivée ni examinée au regard des critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui est méconnu ;
- elle n'est pas justifiée ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ban, premier conseiller,
- et les observations de Me Huard, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante guinéenne née en 1992, est entrée en France en janvier 2019. Le 4 décembre 2019, elle a donné naissance à un fils. Le 18 février 2021, elle a déposé une demande de titre de séjour en tant que parent d'enfant français. Par l'arrêté attaqué du 2 juillet 2022, le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur la légalité du refus de titre de séjour :
2. Le refus de titre de séjour attaqué énonce, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. En particulier, le préfet de l'Isère y mentionne que Mme C déclare être entrée en France le 7 janvier 2019, il fait état de la naissance de son fils en France et des raisons pour lesquelles il estime que la reconnaissance de cet enfant est frauduleuse. Ce refus est ainsi suffisamment motivé et répond aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
4. Ces dispositions sont interprétées, en vertu d'une jurisprudence constante, en ce sens que si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.
5. En l'espèce, Mme C est mère d'un enfant né le 4 décembre 2019 à la Tronche, reconnu le 1er septembre 2020 dans la commune de Plaisir dans les Yvelines par M. E C, ressortissant français né le 17 décembre 1969. Pour refuser de délivrer à Mme C un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, le préfet de l'Isère s'est fondé sur la circonstance que cet enfant avait acquis la nationalité française dans des conditions frauduleuses.
6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Isère a saisi le procureur de la République, par un courrier du 28 juillet 2021, d'une suspicion de reconnaissance frauduleuse de paternité par M. A. Cette saisine est motivée par les faits non contestés que depuis 2001, M. C a reconnu 8 enfants de 5 mères différentes. Par ailleurs, Mme C n'apporte aucune précision factuelle sur les conditions dans lesquelles elle aurait rencontré ce ressortissant français et ne produit pas d'élément de nature à appréhender la réalité de sa relation et de ses liens avec l'auteur de la reconnaissance de paternité, qui vit actuellement à Garges-lès-Gonesse dans le Val d'Oise, non plus que la contribution de ce dernier à l'entretien ou à l'éducation de son enfant. A cet égard, comme le fait valoir le préfet de l'Isère, lorsque qu'elle a déposé le 6 janvier 2020 une demande d'asile pour le compte de son fils, elle a indiqué être célibataire, que son fils est de nationalité guinéenne et qu'il est mineur isolé. Enfin, lors qu'elle a déposé le 24 novembre 2020 une demande de carte d'identité et de passeport pour son enfant à la mairie de Plaisir, le justificatif de domicile mentionne que M. C, Mme C et l'enfant sont hébergés chez un tiers résidant à Plaisir, alors que la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a certifié, le 3 février 2021, que Mme C et son enfant étaient hébergés et pris en charge au centre d'hébergement à Pont-de-Chéruy depuis le 23 janvier 2020. Dans ces conditions, le préfet doit être regardé comme ayant produit des éléments suffisamment précis et circonstanciés de nature à établir que la reconnaissance de paternité souscrite en faveur de l'enfant de Mme C a eu pour seul but de lui permettre d'obtenir un titre de séjour et présente ainsi un caractère frauduleux. Par suite, le préfet de l'Isère, à qui il appartenait de faire échec à cette fraude dès lors que la prescription prévue par l'article 321 du code civil n'était pas acquise, n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme C en qualité de mère d'un enfant français. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".
8. Pour refuser de délivrer à Mme C un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, le préfet de l'Isère ne s'est pas fondé sur le fait que le père qui a reconnu l'enfant ne contribuerait pas effectivement à l'entretien et à l'éducation de celui-ci conformément aux exigences de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'est pas visé. Dès lors, la requérante ne peut utilement soutenir que le préfet de l'Isère aurait méconnu les dispositions de cet article.
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Mme C, qui est entrée en France à l'âge de 24 ans en janvier 2019, est célibataire et mère d'un enfant né sur le 4 décembre 2019. Elle dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident, selon la fiche de renseignement qu'elle a remplie, ses trois frères, ses deux sœurs, son père ainsi que deux de ses enfants mineurs. Elle ne démontre aucune insertion particulière dans la société française. Eu égard à la brève durée de la présence en France de l'intéressée et au jeune âge de son enfant né en France, le préfet de l'Isère n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des motifs de sa décision portant refus d'admission au séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée serait susceptible de porter atteinte à l'intérêt de l'enfant de Mme C né en France, eu égard à son jeune âge, à l'absence établie, à la date de la décision attaquée, de relations suivies avec son père et à la situation de sa mère en France telle que décrite au point 10. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
13. Pour les raisons qui viennent d'être énoncées, le préfet de l'Isère n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme C.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
14. Il résulte des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, dans le cas où l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Par suite, dès lors que le refus de titre de séjour qui lui a été opposé est régulièrement motivé, le moyen tiré de ce que l'obligation faite à Mme C de quitter le territoire français ne serait pas motivée doit être écarté.
15. L'illégalité de la décision refusant à Mme C un titre de séjour n'étant pas établie, celle-ci n'est pas fondée à s'en prévaloir par la voie de l'exception à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
16. L'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
17. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 6, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 doit être écarté.
18. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment au titre de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
19. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes des dispositions de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
20. Pour fixer à deux années la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de l'Isère s'est fondée sur les circonstances que si Mme C ne représente pas une menace à l'ordre public, son séjour en France est bref, elle ne justifie pas de liens intenses, stables et anciens sur le territoire national et elle conserve des attaches familiales dans son pays d'origine, où résident son père, ses 3 frères, ses 2 sœurs ainsi que ses 2 enfants mineurs. Cette motivation, distincte de celle de la décision portant obligation de quitter le territoire français, atteste de la prise en compte par le préfet de l'Isère de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
21. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 10 et 12 sur la situation de Mme C en France et celle de son enfant, la décision d'interdiction de retour prise par le préfet de l'Isère n'apparait pas disproportionnée dans sa durée. Par ailleurs, elle n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle ne méconnait pas davantage l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme B C D, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Ban, premier conseiller,
Mme Letellier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2022.
Le rapporteur,
J.-L Ban
Le président,
V. L'Hôte
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205494
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026