lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205500 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, Mme B C, représentée par Me Gerin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer un titre de séjour en sa
qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne sur le fondement des dispositions de l'article L.231-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Isère de procéder à un réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision dans son ensemble :
- La décision est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;
- La décision est insuffisamment motivée ;
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- La décision est entachée d'erreur de fait : Mme C remplit les conditions imposées par les articles L.233-1 et L.233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour bénéficier d'un droit au séjour sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois, alors qu'elle dispose de ressources suffisantes ;
- Les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues et la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- Elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de titre de séjour ;
- Le droit d'être entendu a été méconnu ;
- La décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- L'article 8 convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- Elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions précédentes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Gerin, représentant Mme C, qui n'a pas estimé nécessaire le report d'audience malgré la communication tardive du mémoire en défense du préfet de la Haute-Savoie.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante moldave, née le 19 juin 1977, déclare être entrée en France irrégulièrement le 3 octobre 2021. Elle s'est pacsée avec M. D, ressortissant bulgare le 7 octobre 2021. Le 9 décembre 2021, elle a sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L.233-2 et L.233-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté du 29 juillet 2022 en litige, le préfet de la Haute-Savoie lui a refusé l'octroi d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, et a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit jugé sur la requête de Mme C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. Fauconnier, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Savoie, qui disposait d'une délégation de signature consentie par un arrêté préfectoral du 16 avril 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à l'effet de signer notamment les obligations de quitter le territoire français et les décisions portant interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
4. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'arrêté mentionne les éléments de droit, et notamment le fondement de la demande, et les raisons pour lesquelles un refus a été opposé. Par suite, il est suffisamment motivé.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
5. Mme C soutient qu'un titre devait lui être octroyé dès lors qu'elle remplit les conditions des articles L. 233-1 et, L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est pacsée avec un ressortissant bulgare et qu'elle bénéficie d'une promesse d'embauche.
6. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° () ". Aux termes de l'article L. 233-2 du même code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. (.. .) ".
7. Il ne résulte d'aucune disposition que le droit de séjourner librement sur le territoire des Etats membres attribué aux seuls conjoints, serait étendu aux partenaires liés par un pacte civil de solidarité. Dès lors, Mme C n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont applicables à sa situation, et qu'elle doit être regardée comme membre de la famille d'un citoyen de l'union. En tout état de cause, la relation de Mme C avec M. D alors même que le couple a été marié de 2003 à 2010, présente en 2022, date de la décision attaquée un caractère récent et ne suffit pas à attester de l'existence de liens privés et familiaux durables. Enfin, par la production d'une promesse d'embauche rédigée par son partenaire de pacte civil de solidarité, la requérante ne justifie pas davantage de ressources suffisantes.
8. A la date de l'arrêté en litige, Mme C n'était présente en France que depuis moins d'un an. Si elle possède des attaches familiales en la personne de M. D, elle a vécu séparée de l'intéressé depuis leur divorce en 2010. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre de séjour contesté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit donc être écarté, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
10. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour constitue un principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment exprimé au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il implique que le ressortissant étranger ait la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une mesure d'éloignement.
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, a pu présenter des observations lors du dépôt de sa demande de titre. En outre, elle n'établit ni même n'allègue qu'elle aurait disposé d'autres informations tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise, à son encontre, la mesure d'éloignement contestée et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction d'une telle mesure. Par suite, Mme C, n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée du droit d'être entendu.
12. Pour les mêmes motifs que ceux précédemment évoqués, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur les décisions fixant le pays de destination :
13. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requérant n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Gerin et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
D. A
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
E. Barriol
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205500
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026