jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ALTERIUS - RIMONDI ALONSO HUISSOUD CAROULLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2022, M. E A, la SCI La Tuillère, M. F C et M. B D, représenté par Me Piettre, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 5 juillet 2022, par laquelle le maire de la commune de Sciez n'a pas fait opposition aux travaux déclarés par la société JSC France en vue de l'installation d'un relais de radiotéléphonie mobile 5G, sur une parcelle cadastrée B 356, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de condamner solidairement la commune de Sciez et la société JSC France au paiement d'une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Sciez et la société JSC France n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, qui doit être regardé comme un mémoire en intervention volontaire, la société française du radiotéléphone (SFR), représentée par Me Bidault, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 septembre 2022 sous le numéro 2205616 par laquelle M. A et les autres requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- Me Piettre, représentant les requérants ;
- Me Carle, représentant la société SFR.
Considérant ce qui suit :
Sur les fins de non-recevoir opposées par la société SFR :
1. En tant qu'intervenante volontaire à l'instance la société SFR n'est pas recevable à soulever des fins de non-recevoir, alors qu'au demeurant que les deux défenderesses, à savoir la commune de Sciez et la société JSC France, n'ont pas produit de mémoire en défense. Toutefois, il sera précisé, au titre de la recevabilité, que les pièces versées par les requérants établissent que l'antenne, haute de 36 mètres, fût-elle en treillis, sera parfaitement visible depuis la propriété de M. A, située à 188 mètres du projet, car située dans un vaste espace naturel, sans obstacle topographique et sans qu'un écran végétal ne puisse masquer cette vue.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue ; il n'existe pas de raison de renverser la présomption d'urgence reconnue par les dispositions de l'article L 600-3 du code de l'urbanisme, d'autant que la société SFR n'a pas justifié de l'insuffisance de la couverture par les réseaux 3G et 4G, ni produit ses engagements en matière de réseau 5G. Enfin, à cet égard, il est à relever que le projet comporte outre l'antenne, des éléments de construction non facilement réversibles. La condition d'urgence est donc remplie.
4. A l'appui de leur demande de suspension de l'exécution de la décision attaquée du 5 juillet 2022, les requérants soutiennent qu'elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, qu'elle méconnaît également les dispositions de l'article A.I.1.a, et celles de l'article A.II.3 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la commune de Sciez. Ces trois moyens sont de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. En revanche, au titre de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de préciser que le moyen tiré de défaut de compétence du signataire de la décision attaquée est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. De même, il n'y a pas lieu de retenir le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par les requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner solidairement la commune de Sciez et la société JSC France à leur verser une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la société SFR, qui n'est partie à l'instance, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision de non-opposition à travaux en date du 5 juillet 2022 est suspendue.
Article 2 : La commune de Sciez et la société JSC France sont condamnées solidairement à verser une somme globale de 1 500 euros aux requérants, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Sciez, à la société JSC France et à la société SFR.
Copie en sera transmise pour information au préfet de la Haute-Savoie et au Procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Thonon les Bains.
Fait à Grenoble, le 22 septembre 2022.
Le juge des référés,
P. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026