jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2022, M. D B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48SI " du 5 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié un retrait de points sur son permis de conduire et l'a informé de l'invalidité de son permis pour défaut de points ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises le 19 décembre 2019, le 4 mars 2020, le 26 juin 2020, le 10 avril 2021, le 15 août 2021, le 16 octobre 2021 et le 3 octobre 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer le solde de son permis dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Il soutient que les décisions de retrait de point :
- n'ont pas fait l'objet d'informations préalables conformément aux dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- elles ne lui ont pas été notifiées ;
- les infractions commises peuvent faire l'objet d'un classement sans suite ou d'un renvoi devant un tribunal donc méconnaît les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le point retiré consécutivement à l'infraction du 10 avril 2021 a été restitué le 2 mars 2022 ;
- pour les surplus, les moyens soulevés par M. C B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur l'infraction du 10 avril 2021 :
1. Il ressort des pièces du dossier que le point retiré consécutivement à l'infraction du 10 avril 2021 a été restitué à M. C B le 2 mars 2022, avant même l'enregistrement de la requête. Les conclusions dirigées contre ce retrait de points doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les autres infractions :
En ce qui concerne la notification des décisions de retrait de points :
2. Les conditions de notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, la circonstance, à la supposer établie, que M. C B n'aurait pas été informé des décisions successives de retrait de points est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de ces décisions.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
4. Le ministre de l'intérieur a versé au dossier le relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant, extrait du système national du permis de conduire. Eu égard aux mentions de ce document, qui a pu être régulièrement produit dans le cadre de la présente instance, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute leur exactitude, soit le requérant s'est acquitté des amendes forfaitaires soit un titre exécutoire a été émis, sauf pour l'infraction du 16 octobre 2021. Il suit de là que la réalité de ces infractions doit être tenue pour établie conformément aux dispositions susmentionnées de l'article L. 223-1 du code de la route, le requérant n'établissant pas avoir formé de requête en exonération au titre de ces amendes et d'avoir obtenu cette exonération.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant de l'infraction du 19 décembre 2019 :
6. Il ressort du relevé d'information intégral du requérant que M. C B a payé l'amende forfaitaire relative à cette infraction relevée par procès-verbal électronique. Il découle de cette seule constatation que le requérant a nécessairement reçu l'avis de contravention pour cette infraction. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant, dès lors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci seraient inexacts ou incomplets.
S'agissant des infractions des 4 mars 2020 et 26 juin 2020 :
7. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En l'espèce l'administration a versé au dossier le procès-verbal électronique établi le 4 mars 2020 signé par M. C B et celui du 26 juin 2020 et comportant le texte des informations requises sous lequel l'agent verbalisateur a apposé la mention " refus de signer ".
S'agissant des infractions des 15 août 2021 et 3 octobre 2021 :
8. Il ressort des pièces du dossier que les plis contenant les avis de contravention ou les amendes forfaitaires majorés, qui comprennent l'ensemble des informations exigées par la loi ont été présentés au domicile de M. C B respectivement les 5 février et 19 mars 2022 et retournés à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, le requérant doit être regardé comme ayant régulièrement bénéficié des informations exigées par le code de la route pour ces deux infractions.
S'agissant de l'infraction du 16 octobre 2021 :
9. L'administration ne soutient ni même n'allègue que M. C B se serait acquitté d'une amende forfaitaire majorée consécutive à cette infraction constatée par radar automatique ou se serait vu remettre un document comportant les informations prévues aux articles L. 222-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, M. C B est fondé à demander l'annulation de la décision retirant un point de son permis de conduire suite à cette infraction.
10. Il ressort de la décision " 48SI " attaquée, le requérant s'est vu retirer un total de 13 points de son permis de conduire. Un point lui a été restitué s'agissant de l'infraction du 10 avril 2021 et le retrait d'un point pour l'infraction du 16 octobre 2021 est annulé comme il a été dit au point précédent. Par suite, le solde de points de M. C B s'élève à un point. Il s'ensuit que M. C B est également fondé à demander l'annulation de la décision " 48SI " du 5 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Il ressort de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre, aux termes de l'article L. 911-2 du code de la justice administrative, au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer à M. C B son permis de conduire, si ce titre est en possession de l'administration, doté d'un capital d'un point, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision portant retrait d'un point du permis de conduire de M. C B suite à l'infraction du 16 octobre 2021 et la décision " 48SI " du 5 août 2022 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer de restituer son permis de conduire à M. C B avec un total d'un point dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205636
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026