LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2205676

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205676

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205676
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLETELLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2022, M. C A représenté par Me Letellier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné ;

2°) d'enjoindre à la préfète de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler dans un délai de 10 jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, une somme de 1 200 euros à verser à son conseil.

M. C A soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- lui est inopposable, la décision mentionnant le nom de Monsieur C A inversant son nom et son prénom ;

- est entachée d'un vice de procédure à défaut d'avis de la DIRRECTE signé par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La décision portant obligation de quitter le territoire méconnait son droit d'être entendu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.

La préfète conteste chacun des moyens invoqués.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 22 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Letellier, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A ressortissant indien né le 27 décembre 1983 est entré en France le 25 juillet 2015 selon ses propres déclarations. Il a sollicité le 14 mars 2022 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de travailleur salarié sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 20 juin 2022, la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions en annulation du refus de titre de séjour :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, l'erreur matérielle d'inversion du nom et du prénom du requérant, n'affecte en rien l'intelligibilité de l'arrêté, qui comporte par ailleurs les date et lieu de naissance ainsi que l'adresse de l'intéressé. Cette erreur de plume est sans incidence sur la régularité de la décision attaquée.

3. En deuxième lieu, M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un avis de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE). Toutefois, aucun texte légal ou réglementaire n'impose au préfet dans l'exercice de ses pouvoirs discrétionnaires tirés de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de saisir pour avis la DIRECCTE. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

4. En troisième lieu, le refus de titre, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé. Le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

6. M. A soutient que sa demande de titre de séjour devait être examinée à titre principal sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur le fondement de l'article L. 421-1 du même code dont il ne remplissait pas les conditions. Il fait donc valoir sa durée de présence continue en France depuis le 25 juillet 2015 et son intégration en produisant notamment des témoignages de proches, un contrat de travail à durée indéterminée du 19 juillet 2019 et une promesse d'embauche du 20 aout 2022. Toutefois, M. A est en situation irrégulière depuis son entrée en France en 2015 et n'a présenté sa première demande de titre de séjour que le 14 mars 2022. S'il a été admis à l'aide médicale d'état du 30 janvier 2019 au 29 janvier 2020, il n'était pas autorisé à travailler sur le territoire et son insertion professionnelle reste limitée. Il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 32 ans, pays dans lequel il doit avoir conservé des attaches, même s'il fait état de mésententes familiales sans en apporter la preuve. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour en France du requérant, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation, ni qu'elle porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire français :

7. M. A soutient qu'il n'a jamais été convoqué à la préfecture pour expliquer sa situation et n'a jamais reçu de récépissé de sa demande de titre de séjour. Toutefois, l'atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. En l'espèce, M. A se borne à faire valoir qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations préalablement à l'édiction de cette mesure. Toutefois, il a eu la possibilité de présenter tous les éléments qu'il estimait utile notamment depuis le dépôt de sa demande de titre de séjour. Le requérant ne pouvait ignorer, du fait même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien en France, qu'en cas de refus, il pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire. Il ne ressort pas au demeurant des pièces du dossier qu'il disposait d'éléments pertinents tenant à sa situation personnelle susceptibles d'influer sur le sens de la décision et qu'il n'aurait pas été en mesure de produire avant l'intervention de la décision attaquée. Le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu résultant du principe général du droit ne peut dès lors qu'être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Letellier et à la préfète de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient

Mme Triolet, présidente,

M. Doulat, premier conseiller,

M. Villard, premier conseiller.

Rendu public par mise à dispositions au greffe le 16 décembre 2022.

Le rapporteur,

F. B

La présidente,

A. TRIOLET

La greffière,

J. BONINO

La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions