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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2205684

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2205684

vendredi 20 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2205684
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème Chambre
Avocat requérantGERIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 septembre et 22 décembre 2022, M. E C, représenté par Me Gerin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article 6 alinéa 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en droit ;

- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en droit ;

- elle est intervenue en méconnaissance de son droit d'être entendu consacré par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en droit ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle n'a pas été prise à la suite d'un examen sérieux de sa situation ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale dès lors qu'elle repose sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Le préfet de l'Isère a présenté un nouveau mémoire, enregistré le 6 janvier 2023, soit après la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,

- les observations de Me Gerin, représentant M. C,

- et les observations de M. D, représentant le préfet de l'Isère.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né en 1976, déclare être entré en France pour la première fois en 1981. Il a résidé régulièrement sur le territoire français sous couvert de deux titres de séjour entre 1994 et 2014. Le 20 mars 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des 4) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 8 juillet 2022, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme G B, en sa qualité de secrétaire générale adjointe de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature du 2 février 2022 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs du même jour, consultable sur le site internet de cette préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus de séjour. En particulier, il vise l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et spécialement les 4) et 5) de l'article 6 et mentionne dans ses motifs que l'intéressé ne peut prétendre à l'obtention d'un titre de séjour au regard de ces deux fondements. Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, cet arrêté est motivé en droit.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

5. Si le requérant est parent de deux enfants français dont l'un est mineur, il ressort des pièces du dossier que, le 6 juillet 2012, le juge aux affaires familiales lui a retiré l'exercice de l'autorité parentale qu'il a confiée de manière exclusive à la mère et lui a accordé un droit de visite médiatisé. Le 2 juin 2014, le juge aux affaires familiales a supprimé le droit de visite de l'intéressé au motif que le rapport d'enquête sociale avait révélé l'agressivité du père, le mépris qui l'animait et la peur des enfants A le rencontrer. Par un jugement du 3 juillet 2017, le juge des enfants a, à la suite du décès de la mère, confié la garde des enfants à leur beau-père, après avoir relevé que M. C n'entretenait plus de relation avec ses enfants depuis des années et que le climat de terreur qu'il entretenait avait contraint la famille à déménager à deux reprises, l'intéressé ayant tenté deux fois d'enlever les enfants pour les conduire en Algérie. Ce jugement a été confirmé en appel le 24 janvier 2018. Dans la présente requête, le requérant n'établit pas ni même n'allègue avoir renoué une relation avec ses enfants et participer actuellement à leur entretien et à leur éducation. Par ailleurs, M. C été condamné pénalement en 2014 et 2016 pour abandon de famille, non-paiement d'une pension ou d'une prestation alimentaire. S'il fait valoir qu'il a déplacé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France dès lors qu'il y résiderait depuis près de 39 ans et qu'il a été titulaire d'une carte de résident de 1994 à 2014, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas demandé le renouvellement de son dernier titre de séjour. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a été interpellé par les services de gendarmerie de la Tour-du-Pin, le 15 novembre 2017, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité. Lors de son audition, il a indiqué ne pas être retourné en Algérie depuis 2013. Toutefois, son père a déclaré aux services de gendarmerie, lors de sa propre audition le 16 novembre 2017, que son fils devait être en Algérie au cours des années 2014 et 2015. En produisant une attestation manuscrite de son père indiquant qu'il n'aurait pas vu son fils en Algérie notamment durant l'année 2013 et en fin d'année 2015, le requérant n'établit pas sa présence sur le territoire français au cours de cette période et jusqu'à son incarcération en octobre 2015. M. C ne justifie pas davantage de la réalité de sa présence effective et continue en France depuis 1981 ainsi qu'il l'allègue. Il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine ni ne démontre avoir noué en France des relations personnelles d'une particulière intensité, malgré une prétendue présence de près de 39 ans. Il indique avoir travaillé en contrat de travail à durée déterminée du 6 avril 2021 au 8 octobre 2021 mais est actuellement sans emploi. Il se prévaut d'une situation de concubinage avec une ressortissante française qu'il aurait rencontrée en 2019, sans que les documents produits ne permettent d'établir la réalité, l'ancienneté et l'intensité de cette relation. Enfin, il ressort des pièces du dossier qu'il est connu des forces de l'ordre pour une vingtaine de faits de troubles à l'ordre public et d'atteintes aux biens et aux personnes, réitérés entre 1993 et 2015, constitutifs notamment d'abus de confiance, de vols avec violences et avec arme, de port d'arme, d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, de destruction du bien d'autrui, d'exhibition sexuelle. M. C a été condamné à seize reprises par la justice de 1995 à 2020, pour des peines allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement. Il a été incarcéré de novembre 2015 à mars 2017. Dans ces circonstances, compte tenu des conditions de son séjour en France, M. C n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ou de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette dernière sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, dans le cas où l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Par suite, et dès lors que le refus de délivrance d'un titre de séjour est régulièrement motivé comme il a été dit au point 3, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la mesure d'éloignement doit être écarté.

8. En deuxième lieu, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

9. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment.

10. Au cas d'espèce, M. C a eu la possibilité de faire valoir, durant la période d'instruction de sa demande de délivrance d'un titre de séjour, les arguments susceptibles de faire échec à une éventuelle mesure d'éloignement. Ainsi, en obligeant le requérant à quitter le territoire français sans l'avoir préalablement et expressément invité à formuler de nouvelles observations, le préfet de l'Isère n'a pas privé l'intéressé de son droit d'être entendu.

11. En troisième lieu, au vu de ce qui précède, M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

13. M. C, qui n'a pas déposé de demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, ne soutient pas qu'il souffrirait d'une pathologie particulière. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3. La circonstance, au demeurant non établie, que l'état de santé de sa compagne nécessiterait son assistance pour les actes de la vie courante, ne lui permet pas d'entrer dans le champ d'application de ces dispositions.

14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, l'arrêté du 8 juillet 2022 vise l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise que M. C est de nationalité algérienne. Il relève que l'intéressé n'apporte aucun élément suffisamment probant tendant à démontrer qu'il serait soumis à des risques personnels et réels de tortures ou de traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. La décision fixant le pays de destination est ainsi suffisamment motivée.

16. En dernier lieu, au vu de ce qui précède, M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

18. Il ressort de l'arrêté attaqué que pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet de l'Isère a, après avoir visé l'article L. 612-6 et cité l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indiqué qu'il n'était pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale dès lors qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 17 novembre 2017, confirmée par la juridiction administrative, et qu'il est constant qu'il n'a pas exécuté cette mesure, qu'il n'a effectué aucune démarche afin de régulariser sa situation administrative à la suite de l'expiration de son titre de séjour en 2014, qu'il ne peut justifier être resté sur le sol français de manière habituelle pendant cinq ans, qu'en outre, même s'il a deux enfants français et indique disposer de liens anciens avec la France, l'autorité parentale lui a été retirée et sa présence sur le territoire national représente une menace pour l'ordre public. La décision portant interdiction de retour est, en conséquence, suffisamment motivée.

19. En dernier lieu, au vu de ce qui précède, M. C ne démontre pas qu'en lui faisant interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée de deux ans, le préfet de l'Isère aurait méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d'un défaut d'examen de sa situation.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.

Sur les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Me Gerin et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

Mme Bardad, première conseillère,

Mme d'Elbreil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.

Le président rapporteur,

V. L'HÔTE

L'assesseure le plus ancienne dans l'ordre du tableau,

N. BARDAD La greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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