jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205865 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2022, Mme C, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°2022-MR-017 du 18 août 2022 par lequel le préfet l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou, subsidiairement, après délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement, de réexaminer sa demande dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les articles L. 233-1 et 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ce refus méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3-1 de la convention de New-York ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour prive l'obligation de quitter le territoire français de base légale ;
- cette obligation méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention de New-York ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- et les observations de Me Miran, substituant Me Huard, avocat de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante serbe, serait entrée en France en septembre 2010. Elle y a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un ressortissant de l'Union européenne de septembre 2019 à mars 2020. Dans la présente instance, elle demande l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 18 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui en a refusé le renouvellement, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
2. Le refus de titre de séjour comporte les considérations de fait et de droit qui le fondent, quand bien même il ne mentionne pas tous les éléments dont la requérante entend se prévaloir. Par suite, il satisfait à l'obligation de motivation qu'imposent les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes () ". Aux termes de l'article L. 233-2 du même code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois () ".
4. Mme C est de nationalité serbe. Elle ne jouit donc pas de la qualité de ressortissante de l'Union européenne et ne peut, dès lors, se prévaloir des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, en tant que mère de ressortissants de l'Union européenne, elle n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 233-2 du même code précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par le refus de titre de séjour contesté, de ces deux dispositions est inopérant et doit être écarté.
5. Si Mme C soutient résider en France depuis 12 ans et ne plus posséder de liens avec son pays d'origine, elle ne l'établit pas alors que le préfet de l'Isère soutient, sans qu'elle démontre le caractère erroné d'une telle affirmation, que son passeport révèle des sorties fréquentes du territoire national. Son séjour en France s'est déroulé en grande partie alors qu'elle se trouvait en situation irrégulière et son intégration professionnelle demeure, compte tenu du caractère très partiel de son activité, limitée. Sur un plan familial, elle est en cours de divorce de son époux ressortissant croate et ne justifie pas posséder d'autres attaches familiales en France alors que sa mère et l'une de ses sœurs résident dans son pays d'origine. Dans ces conditions et malgré les relations amicales qu'elle justifie avoir nouées en France, le refus de titre de séjour en litige ne porte pas, à sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été adoptée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par ce refus, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Le refus de titre de séjour opposé à Mme C n'a pas ni pour objet ni pour effet de séparer ses trois enfants de leur mère, de mettre fin à leur scolarité ou aux diverses prises en charge dont ils bénéficient ou encore de conduire à leur éloignement du territoire national. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que, pour ces différents motifs, ce refus méconnaîtrait l'article 3-1 de la convention de New-York. Le moyen correspondant doit être écarté.
7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le refus de titre de séjour doit être écarté.
8. Pour les motifs exposés aux points 2 à 7, l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour, excipée à l'encontre de la décision faisant obligation à Mme C de quitter le territoire français, doit être écartée.
9. Pour les motifs exposés au point 5, les moyens tirés, d'une part, de la méconnaissance, par l'obligation en litige, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, d'autre part, de l'erreur manifeste d'appréciation dont cette décision serait entachée doivent être écartés.
10. Il résulte des indications fournies par la requérante que le père de ses trois enfants n'entretient plus de relations avec eux. Par ailleurs, rien n'indique que les intéressés ne seraient pas admissibles en Serbie et ne pourraient pas y poursuivre leur scolarité et les prises en charge dont ils bénéficient. Compte tenu en outre des départs fréquents de la requérante hors de France et des attaches familiales qu'elle possède en Serbie, ses affirmations selon lesquelles son pays d'origine leur serait totalement étranger ne sont pas établies. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance, par l'obligation en litige, de l'article 3-1 de la convention de New-York doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir présentées par Mme C ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
12. Il en va de même, eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, des conclusions qu'elle présente au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme B, premier conseille.,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205865
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026