mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205925 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PALLANCA |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 16 septembre 2022 sous le n°2205925 et un mémoire enregistré le 2 décembre 2022, M. D A F, représenté par Me Pallanca, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II- Par une requête enregistrée le 16 septembre 2022 sous le n° 2205928 et un mémoire enregistré le 2 décembre 2022, Mme E G épouse A F, représentée par Me Pallanca, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent, chacun en ce qui le concerne, que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les articles L. 233-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les articles L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 novembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet des requêtes.
Il fait valoir qu'aucun des moyens ne sont pas fondés.
Par décisions du 26 septembre 2022, M. et Mme A F ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Sogno.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A F, ressortissants marocains, ont sollicité le 26 décembre 2019 la délivrance de titres de séjour en qualité de parents d'enfant français. Par deux arrêtés du 2 juillet 2022, le préfet de l'Isère a refusé de leur délivrer ces titres demandés et les a obligés à quitter le territoire dans un délai de trente jours.
2. M. et Mme A F demandent l'annulation de ces arrêtés par des requêtes qui présentent à juger des questions semblables, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur. " Il découle de ces dispositions que le retrait de l'autorité parentale n'a pas pour conséquence de supprimer l'obligation, et donc la faculté, de contribuer à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
4. Pour considérer que les requérants ne pouvaient pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de l'enfant C, le préfet s'est borné à constater que l'autorité parentale avait été confiée par kafala puis par décision de la justice française à la sœur du mineur, Mme H A F. Par conséquent, sa décision est entachée d'une erreur de droit.
5. En second lieu, les requérants produisent différents témoignages, en particulier celui de la principale du collège dans lequel est scolarisé le mineur C, attestant que M. A F assure un suivi régulier de la scolarité de ce dernier. Ils produisent également des justificatifs d'opérations bancaires par lesquelles ils versent très régulièrement une somme d'argent à Mme H A F, depuis le mois de janvier 2018. Par suite, le préfet a fait une inexacte application de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les arrêtés du 2 juillet 2022 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Isère de délivrer à M. et Mme A F des titres de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, ainsi que, dans un délai de huit jours, une autorisation de séjour provisoire valant autorisation de travailler.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les deux arrêtés du préfet de l'Isère du 2 juillet 2022 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. et Mme A F des titres de séjour et de les mettre en possession dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail, dans les délais respectifs de trois mois et huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. et Mme A F une somme globale de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A F, à Mme E G épouse A F, à Me Pallanca et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
Le président, rapporteur,
C. Sogno
La première assesseure,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 ; 2205928
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026