mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2022, Mme D, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère l'a assignée à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- a été prise sans examen particulier de sa situation ;
- est entachée d'erreur de fait ;
- est entachée d'erreur de droit ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- porte atteinte à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 20 septembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Mathis, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Eu égard à l'urgence à statuer sur la requête, il y a lieu d'admettre Mme D à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
2. Mme D, ressortissante macédonienne, née en 2011, déclare qu'elle est entrée le 18 février 2018 sur le territoire français pour rejoindre M. C ressortissant macédonien titulaire d'une carte de résident avec lequel elle soutient qu'elle était engagée dans une relation amoureuse à distance depuis novembre 2017. De leur union sont nés trois enfants nés en 2018, 2019 et 2021, l'enfant né le 24 novembre 2018 étant décédé le 24 décembre 2018. Mme D a sollicité le 6 novembre 2020 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 7 février 2022, le préfet de l'Isère a refusé de le lui délivrer, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ; par l'arrêté contesté du 22 août 2022 le préfet l'a assignée à résidence pour une durée de 45 jours.
3. L'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé. Il ressort des termes de cet arrêté que le préfet de l'Isère a examiné la situation personnelle de Mme D telle qu'elle avait été portée à sa connaissance. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressée doivent par suite être écartés.
4. Aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence, dans les cas suivants : 1° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ou si le délai de départ volontaire qui lui a été accordé est expiré () ".
5. Mme D soutient qu'elle n'habite plus à l'adresse qui était indiquée sur la décision du préfet attaquée soit 40 avenue Victor Hugo à Pont de Claix puisqu'elle réside chez M. C, 8 rue du Pont Carpin 38100 Grenoble. Toutefois elle n'établit pas qu'au moment où la décision attaquée a été prise elle avait signalé son changement d'adresse au préfet. Le moyen tiré de l'erreur de fait est écarté.
6. Mme D soutient qu'au regard de sa situation familiale la décision du préfet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. A l'appui du moyen elle soutient que M. C travaille et que c'est elle qui s'occupe de leurs deux enfants en bas âge alors qu'elle réside à plus de 10 km de Pont de Claix et n'a pas d'autre moyen de locomotion que les transports en commun. Elle indique enfin qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement auparavant. Toutefois la circonstance qu'elle doive se rendre par les transports en commun de Grenoble à Pont- de-Claix, le cas échéant avec ses deux enfants en bas âge, dont rien au dossier ne permet de retenir qu'elle ne peut pas les faire temporairement garder, deux fois par semaine, ne suffit pas à considérer que le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation familiale.
7. Mme D soutient que la décision contestée, en ayant pour effet de l'empêcher de sortir du département de l'Isère et à se présenter, deux fois par semaine, à la brigade de gendarmerie de Pont de Claix méconnaît son droit à circuler librement. Toutefois la limitation de ses déplacements au département de l'Isère et l'obligation de pointage ne restreignent pas excessivement la liberté d'aller et venir de Mme D au regard des buts poursuivis.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision d'assignation à résidence du 22 août 2022 et par voie de conséquence à demander une somme quelconque au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D, à Me Mathis et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. A
La greffière,
C.JASSERAND La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026