jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205985 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48SI " du 9 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé d'un retrait de points de son permis de conduire et de l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points ;
2°) d'annuler les décisions d'infractions de retrait de points consécutives aux infractions du 27 octobre 2014, du 1er novembre 2014, du 11 avril 2015, du 25 décembre 2015, du 10 juin 2016, du 28 mai 2017, du 30 mars 2017, du 18 avril 2019, du 23 mars 2021, du 14 septembre 2021 et du 5 février 2022 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire doté d'un capital de douze points dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Il soutient que :
- aucune notification des retraits de points ne lui a été faite ;
- les retraits de point n'ont pas fait l'objet de l'information préalable obligatoire en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision " 48SI " du ministre de l'intérieur du 9 août 2022, M. C a été informé de l'invalidité de son permis de conduire suite aux retraits de points des infractions commises le 27 octobre 2014, le 1er novembre 2014, le 11 avril 2015, le 25 décembre 2015, le 10 juin 2016, le 28 mai 2017, le 30 mars 2017, le 18 avril 2019, le 23 mars 2021, le 14 septembre 2021 et le 5 février 2022.
Sur la notification des décisions de retrait de points :
2. Les conditions de notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, la circonstance, à la supposer établie, que M. C n'aurait pas été informé des décisions successives de retrait de points est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de ces décisions.
Sur la réalité des infractions :
3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
4. Le ministre de l'intérieur a versé au dossier le relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant, extrait du système national du permis de conduire. Eu égard aux mentions de ce document, qui a pu être régulièrement produit dans le cadre de la présente instance, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute leur exactitude, soit le requérant s'est acquitté des amendes forfaitaires soit un titre exécutoire a été émis. Il suit de là que la réalité de ces infractions doit être tenue pour établie conformément aux dispositions susmentionnées de l'article L. 223-1 du code de la route, le requérant n'établissant pas avoir formé de requête en exonération au titre de ces amendes et d'avoir obtenu cette exonération.
Sur le moyen tiré du défaut d'information préalable :
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
En ce qui concerne les infractions des 27 octobre 2014, 1er novembre 2014, 11 avril 2015, 25 décembre 2015, 16 juin 2016, 28 mai 2017 et 18 avril 2019 :
6. Il ressort du relevé d'information intégral du requérant que M. C a payé les amendes forfaitaires relative à ces infractions relevées par radar automatique. Il découle de cette seule constatation que le requérant a nécessairement reçu les avis de contravention pour ces infractions. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant, dès lors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci seraient inexacts ou incomplets.
En ce qui concerne les infractions des 30 mars 2017, 23 mars 2021 et 14 septembre 2021 :
7. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En l'espèce l'administration a versé au dossier le procès-verbal électronique établi le 14 septembre 2021 signé par M. C et celui du 23 mars 2021 et comportant le texte des informations requises sous lequel l'agent verbalisateur a apposé la mention " refus de signer ".
8. En ce qui concerne l'infraction du 30 mars 2017, le ministre indique que M. C s'est acquitté le 19 juillet 2017, partiellement et hors délai de l'amende forfaitaire. Ce paiement, quel que soient ses conditions, établit par lui-même que M. C a bien reçu les informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
En ce qui concerne l'infraction du 5 février 2022 :
9. Concernant l'infraction relevée le 5 février 2022 dont la qualification est " excès de vitesse inférieur à 20 km/h avec une vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h ", constatée par radar automatique, l'administration fait valoir sans être contredite que M. C a commis des infractions identiques les 28 mai 2017 et 18 avril 2019 et s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondantes. Dans ces conditions le requérant disposait des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et notamment celles relatives aux conséquences sur la validité de son permis de conduire en matière de retrait de points pour cette infraction et il n'a été privé d'aucune garantie.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. C doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement de la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205985
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026