mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL KAELIA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Bachir, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mars 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un agrément pour l'exercice de l'activité d'assistant familial, ensemble la décision du 11 juillet 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Isère une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de la décision du 11 juillet 2022 était incompétent ;
-cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- il a été privé de la garantie tenant à la réalisation d'entretien préalablement à la décision du 11 juillet 2022 ;
- une décision implicite d'octroi de l'agrément est née le 30 janvier 2022, et son retrait méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- sa demande n'a pas été suffisamment instruite ;
-les agents en charge de l'instruction de sa demande ont fait preuve de partialité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, le président du département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villard,
- les conclusions de Mme D
-les observations de Mme B pour le département de l'Isère.
Considérant ce qui suit :
1.Par une décision du 17 mars 2022, le président du département de l'Isère a refusé de délivrer à M. C A un agrément pour l'exercice de l'activité d'assistant familial, et par une décision du 11 juillet 2022, il a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé. Par sa requête, M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la légalité externe :
2.En premier lieu, les moyens critiquant les vices propres dont la décision de rejet d'un recours gracieux serait entachée ne peuvent être utilement invoqués. Ainsi le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision du 11 juillet 2022, prise sur recours gracieux, et du défaut de motivation de cette dernière, sont inopérants et doivent être écartés.
3.En second lieu, aux termes de l'article D. 421-4 du code de l'action sociale et des familles : " L'instruction de la demande d'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial comporte : () 2° Un ou des entretiens avec le candidat, associant, le cas échéant, les personnes résidant à son domicile ; 3° Une ou des visites au domicile du candidat () ". Aux termes de l'article R. 421-6 de ce code : " Les entretiens avec un candidat à des fonctions d'assistant familial ou avec un assistant familial agréé et les visites à son domicile doivent permettre d'apprécier, au regard des critères précisés dans le référentiel figurant à l'annexe 4-9 du présent code, si les conditions légales d'agrément sont remplies. ".
4.D'une part, il ressort des pièces du dossier que la décision du 17 mars 2022 portant refus de délivrance d'un agrément pour l'exercice de l'activité d'assistant familial opposée à M. A a été précédée de deux entretiens les 6 décembre 2021 et 26 janvier 2022, outre une visite à domicile réalisée le 15 décembre 2021. D'autre part, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration de réaliser à nouveau un ou des nouveaux entretiens avec l'intéressé lors de l'examen d'un recours gracieux dirigé contre une décision portant refus d'agrément. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article D. 421-4 du code de l'action sociale et des familles ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité interne :
5.Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles : " () Lorsque la demande d'agrément concerne l'exercice de la profession d'assistant familial, la décision du président du conseil départemental est notifiée dans un délai de quatre mois à compter de cette demande. A défaut de notification d'une décision dans ce délai, l'agrément est réputé acquis, ce délai pouvant être prolongé de deux mois suite à une décision motivée du président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
6.En l'espèce, il est constant que le 30 septembre 2021, le président du département de l'Isère a accusé réception du dossier complet de la demande d'agrément d'assistante familiale déposée par M. A. Ce dernier soutient qu'en application des dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, une décision implicite d'acceptation de sa demande serait née à compter du 30 janvier 2022, et que la décision explicite du 17 mars 2022 portant rejet de sa demande doit donc s'analyser comme un retrait d'une décision créatrice de droit intervenue postérieurement à l'expiration du délai de quatre mois prévu par les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.
7.Cependant, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 17 décembre 2021, M. A a été informé, comme les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles en ouvrent la possibilité, que le délai d'instruction de sa demande était prolongé de deux mois, et qu'une décision serait adoptée avant le 30 mars 2022. Dans ces conditions, aucune décision implicite d'acceptation n'était née avant l'intervention de la décision attaquée du 17 mars 2022 portant rejet de sa demande. Le moyen tiré de ce que cette décision procéderait au retrait illégal d'une décision implicite créatrice de droit manque en fait et doit donc être écarté.
8.Enfin, les moyens tirés du défaut d'instruction de la demande et du défaut d'impartialité des agents en charge de cette instruction sont dépourvus des précisions nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peuvent qu'être écartés.
9.Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme demandée par le président du département de l'Isère sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le président du département de l'Isère sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au président du département de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. Villard, premier conseiller,
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
N. VILLARD
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206021
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026