mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 septembre 2022 et le 23 décembre 2022, Mme F E épouse D H, représentée par Me Gerin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 18 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère à titre principal de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 422-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1800 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- En ce qui concerne l'arrêté pris en son ensemble :
- il a été signé par une autorité administrative incompétente ;
- En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A E épouse D H a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2022.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par courrier du 2 janvier 2023 que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'une méconnaissance du champ d'application de la loi en ce qu'il est pris à l'encontre d'une ressortissante de nationalité française.
Par un mémoire enregistré le 5 janvier 2023, le préfet de l'Isère a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les conclusions de Mme Beytout, rapporteure publique,
- les observations de Me Gerin, représentant Mme A E épouse D H.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A E épouse D H, ressortissante tunisienne née le 11 mai 1972, est entrée sur le territoire français le 15 janvier 2022 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 27 juin 2021 au 26 juin 2022. Elle a sollicité le 1er juin 2022 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 18 août 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme A E épouse D H demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 18 du code civil : " Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français. ". Aux termes de l'article 30 du même code : " La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause. / Toutefois, cette charge incombe à celui qui conteste la qualité de Français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants. ".
3. D'autre part, en vertu de l'article 29 du même code : " La juridiction civile de droit commun est seule compétente pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques. / Les questions de nationalité sont préjudicielles devant toute autre juridiction de l'ordre administratif ou judiciaire à l'exception des juridictions répressives comportant un jury criminel. ". En vertu de l'article R. 771-2 du code de justice administrative : " Lorsque la solution d'un litige dépend d'une question soulevant une difficulté sérieuse et relevant de la compétence de la juridiction judiciaire, la juridiction administrative initialement saisie la transmet à la juridiction judiciaire compétente. Elle sursoit à statuer jusqu'à la décision sur la question préjudicielle. ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 30 du code civil que la charge de la preuve, en matière de nationalité française incombe à celui dont la nationalité est en cause, sauf s'il est titulaire d'un certificat de nationalité française et que l'exception de nationalité ne constitue, en vertu de l'article 29 du code civil, une question préjudicielle que si elle présente une difficulté sérieuse qui relève alors de la compétence exclusive de l'autorité judiciaire. En pareille hypothèse, il appartient au juge de surseoir à statuer dans l'attente que la juridiction judiciaire ait tranché la question de la nationalité de l'étranger.
5. En l'espèce, Mme A E épouse D H a déposé le 22 novembre 2022 une demande de certificat de nationalité française en y indiquant qu'elle est née en Tunisie de mère française. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des actes d'état civil de la requérante et de sa mère, que l'intéressée est née le 11 mai 1972 à Tunis de M. A E, ressortissant tunisien, et de Mme J I née le 11 août 1931, de nationalité française par ses parents. La nationalité française de la mère de la requérante est corroborée par trois certificats de nationalité française du 31 juillet 1990 et du 31 juillet 1998 émanant du greffe du tribunal d'instance de Marseille, indiquant que les trois enfants que B I a eu en première noce avec un ressortissant étranger sont de nationalité française. Dès lors, à la date du 18 août 2022, Mme A E épouse D H devait être regardée comme ayant acquis la nationalité française depuis sa naissance et aucun refus de séjour sur le territoire français ne pouvait lui être légalement opposé. Il en résulte que le préfet de l'Isère ne disposait pas du pouvoir de soumettre le séjour de l'intéressée sur le territoire français à la délivrance d'une carte de séjour ni, par suite, d'assortir ce refus de titre de séjour d'une obligation de quitter le territoire français en désignant le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A E épouse D H est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Eu égard à la nationalité française de Mme A E épouse D H, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution aux fins de délivrance d'un titre de séjour ou de réexamen de la demande de titre de séjour présentée par l'intéressée. Dès lors, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. La requérante a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions présentées, dans l'intérêt de son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Isère du 18 août 2022 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A E épouse D H, à Me Gerin et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
M. Hamdouch, premier conseiller,
Mme Letellier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
S. G
Le président,
J.-P. WyssLa greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026