mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 21 septembre 2022, le 4 octobre 2022 et le 25 octobre 2022, A D C, épouse B, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du prononcé du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen personnel de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors que le refus de titre de séjour est illégal ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale dès lors que la décision portant refus de titre de séjour et que la décision portant obligation de quitter le territoire français sont illégales.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :
- elle est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est injustifiée dans sa durée au regard de l'article L. 612-8 et de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par deux mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 5 décembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de A BEAUVERGER,
- et les observations de Me Mathis, représentant A C épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. A D C, épouse B, ressortissante algérienne née le 25 janvier 1977, est entrée en France le 2 mars 2013, sous couvert de son passeport revêtu d'un visa court séjour valable trente jours et elle s'est maintenue depuis lors en situation irrégulière sur le territoire français. Elle a, avec son époux, sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par des arrêtés du 11 février 2014, le préfet de l'Isère a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi. Les demandes des époux B tendant à l'annulation de ces arrêtés ont été rejetées par le tribunal administratif de Grenoble par un jugement du 8 octobre 2014, confirmé par une ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Lyon du 12 février 2015. Le 18 janvier 2018, elle a ensuite, avec son époux, sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par des arrêtés du 7 août 2018, le préfet de l'Isère a refusé de leur délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et d'une interdiction de retour pendant un an et a fixé le pays de renvoi. Les demandes des époux B tendant à l'annulation de ces arrêtés ont été rejetées par un jugement n°s 1805512-1805513 rendu par le tribunal administratif de Grenoble le 6 novembre 2018. Le 18 décembre 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et sur le fondement des stipulations du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 24 août 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la présente requête, A C, épouse B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de A C, épouse B de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de l'Isère du 24 août 2022 :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce avec précision les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il est ainsi suffisamment motivé et répond aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de l'Isère aurait omis de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, si la requérante soutient que la décision serait entachée d'une erreur de fait, elle ne précise pas son moyen. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté comme non assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et filiale " est délivré de plein droit : () 5) Au ressortissant algérien () dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () " et qu'aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
8. A C, épouse B se prévaut de sa présence en France depuis 2013 avec son mari et de leurs trois enfants mineurs scolarisés. En outre, elle soutient qu'elle est bien intégrée en France, qu'elle y a établi le centre de ses intérêts, qu'elle travaille depuis 2019 en tant qu'auxiliaire de vie et qu'elle a très peu d'attaches familiales en Algérie, dès lors que ses deux parents sont décédés. S'il ressort des pièces du dossier que A C, épouse B est entrée en France le 2 mars 2013 et qu'elle travaille depuis 2019 à raison de onze heures par semaine en tant qu'auxiliaire de vie, la durée de son séjour est toutefois essentiellement liée à son maintien en situation irrégulière malgré deux précédentes mesures d'éloignement en 2014 et 2018 qu'elle n'a pas exécutées, ainsi qu'il a déjà été mentionné au point 1. En outre, elle n'établit pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, l'Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-six ans et où elle a nécessairement conservé des attaches culturelles et sociales. Par ailleurs, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue hors de France, et notamment en Algérie, pays dont tous les membres du foyer ont la nationalité. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de séjour en France et en dépit de son effort d'intégration, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet de l'Isère n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle.
9. En cinquième lieu, A C, épouse B ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. Dès lors, le préfet de l'Isère n'était pas tenu d'examiner d'office si la requérante était susceptible de se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées, qui, en tout état de cause, n'étaient pas applicables en l'espèce dès lors que l'accord franco-algérien régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
10. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1er de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué aurait été adopté en méconnaissance de l'intérêt supérieur des enfants mineurs F A C, épouse B au sens des stipulations précitées, dès lors que cet arrêté n'a pas pour effet de rendre impossible la reconstitution de sa cellule familiale dans son pays d'origine, l'Algérie, qui est également celui de son époux et de leurs trois enfants mineurs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, ainsi qu'il vient d'être mentionné, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, A C, épouse B n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français.
13. En deuxième lieu, en vertu du l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de refus de séjour, laquelle est suffisamment motivée, ainsi qu'il a été mentionné au point 4 du présent jugement. Par suite, le moyen doit être écarté.
14. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation, qui reprennent ce qui a été précédemment développé à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés au point 8.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. Ainsi qu'il vient d'être mentionné, la décision portant refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégales, A C, épouse B n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de ces deux décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant de pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".
17. En l'espèce, A C épouse B a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement en date du 11 février 2014 et du 7 août 2018 et les recours tendant à l'annulation de ces arrêtés ont été rejetés par le tribunal administratif de Grenoble. Dès lors, il existait un risque qu'elle se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait présentement l'objet. Ainsi, elle entre bien dans le champ du 5° de l'article L. 612-3 précité selon lequel le préfet peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire alors même qu'elle présenterait des garanties de représentation suffisantes. Pour ces motifs, le préfet de l'Isère n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit au regard des dispositions précitées et de la situation personnelle de la requérante.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :
18. En premier lieu, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire sans délai n'étant pas illégale comme il vient d'être dit, A C, épouse B n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour pour une durée de trois ans.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ".
20. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse, que le préfet de l'Isère a fondé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans sur les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, pour prononcer l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet de l'Isère s'est fondé sur le maintien de l'intéressée après deux mesures d'éloignement et qu'il a examiné sa durée de présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et estimé que sa présence sur le territoire français ne représentait pas une menace pour l'ordre public. Cette motivation atteste de la prise en compte par le préfet de l'Isère de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.
21. En troisième lieu, l'intéressée déclare résider en France depuis 2013 sans toutefois en apporter la preuve. En outre, elle ne justifie pas de lien particulier sur le territoire français, tandis qu'elle a des attaches dans son pays d'origine, l'Algérie, où résident ses sœurs et que son époux et leurs trois enfants mineurs sont également des ressortissants algériens. Enfin, elle a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement, non exécutées. Dès lors, bien que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de l'Isère a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait injustifiée dans sa durée doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par A C, épouse B aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, doivent être rejetées.
Sur les conclusions accessoires :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle pas de mesures d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
24. Les conclusions présentées par A C épouse B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : A C, épouse B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à A D C épouse B, à Me Mathis et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
A Jourdan, présidente,
A Barriol, première conseillère,
A Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2023.
La rapporteure,
P. BEAUVERGER
La présidente,
D. JOURDAN La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026