vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DABBAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 24 octobre 2022, le magistrat désigné a renvoyé en formation collégiale les conclusions de M. B aux fins d'annulation des arrêtés du 21 septembre 2022 par lesquels le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé la destination d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans, d'une part, et l'a assigné à résidence pour une durée de trois mois renouvelable, d'autre part.
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Dabbaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé la destination d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté d'assignation à résidence pris à son encontre par le préfet de la Haute-Savoie le 20 septembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
* Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle comporte une erreur de notification ;
- elle méconnaît son droit à être entendu en raison de l'absence d'un interprète lors de sa garde à vue et de la notification ;
- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- le préfet devait procéder à l'examen individuel de son dossier avant de statuer sur une demande de régularisation et de lui notifier cet arrêté ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* Sur la décision prononçant l'interdiction de retour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* Sur la décision prononçant l'assignation à résidence :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle n'est pas justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, la Préfecture de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 novembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 27 janvier 1992 à Agadir (Maroc), ressortissant marocain, déclare être entré en France le 7 novembre 2016 sous couvert d'un visa en cours de validité. Le 11 mars 2022, il a entrepris des démarches pour obtenir un rendez-vous en vue déposer un dossier d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de la Haute-Savoie. Le 19 septembre 2022, il a été placé en garde à vue pour avoir refusé d'obtempérer à une sommation de s'arrêter exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité permanente, conduite sous l'empire d'un état alcoolique, et conduite d'un véhicule sans permis. Le préfet de la Haute-Savoie a alors édicté, le 20 septembre 2022, l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour de deux ans, ainsi qu'un arrêté portant assignation à résidence, décisions qui lui ont été notifiées à l'issue de sa garde à vue le 21 septembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Il vise, en particulier, les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise les éléments se rapportant à la situation personnelle, familiale et administrative de M. B. La circonstance que le préfet n'a pas mentionné l'ensemble des éléments relatifs à la vie privée du requérant ne constitue pas un défaut de motivation. Par suite, cet arrêté répond suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et révèle, en outre, que contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a procédé à un examen particulier de sa situation avant de prendre la décision contestée.
3. En deuxième lieu, le requérant soutient qu'une erreur de notification a été commise dans la mesure où l'arrêté litigieux, qui a été pris par le préfet le 20 septembre 2022, ne lui a été notifié que le lendemain et qu'aucun interprète n'était présent lors de la garde à vue ainsi que lors de la notification de l'arrêté attaqué. Toutefois, si le cas échéant, des irrégularités lors de la notification d'une décision administrative peuvent avoir une incidence sur l'opposabilité des voies et délais de recours contentieux à l'encontre de cette dernière, une telle méconnaissance est, en elle-même, sans incidence sur la légalité de cette décision. Au surplus, il ressort des pièces du dossier et notamment du dossier relatif à la procédure de garde à vue, que M. B a refusé l'assistance d'un interprète au cours de cette dernière. En tout état de cause, M. B, qui a été en mesure de contester l'arrêté selon les voies et délais de recours prévus par la législation nationale et de solliciter l'assistance d'un avocat, n'est pas fondé à soutenir que son droit à un procès équitable aurait été méconnu.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; (). ".
5. M. B soulève l'exception d'illégalité de son refus d'admission exceptionnelle au séjour. Toutefois, l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sur le fondement, non du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui concerne l'étranger qui s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, mais sur celui du 2° de cet article pour s'être maintenu sur le territoire au-delà de la validité de son visa et sans être titulaire d'un titre de séjour. N'ayant pas déposé son dossier d'admission exceptionnelle au séjour, il n'est pas fondé à soulever l'exception d'illégalité d'un refus de séjour.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité () ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. "
7. Le requérant soutient qu'en septembre 2022, son dossier d'admission exceptionnelle au séjour était sur le point d'être transmis à la préfecture de Haute-Savoie, qu'il ne peut être tenu pour responsable du changement des procédures de dépôt de dossier de régularisation, que le Préfet de la Haute-Savoie se devait de procéder à l'examen individuel de son dossier avant de lui notifier un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, qu'aucun examen de sa situation n'a pu être envisagé sachant qu'il n'a pas été en mesure de fournir l'ensemble des pièces à l'appui de sa demande de régularisation dans un délai raisonnable. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 5, le requérant, qui était en situation irrégulière à la date de la décision attaquée, ne peut utilement faire valoir la circonstance qu'il n'a pas eu un délai suffisant pour déposer un dossier complet d'admission exceptionnelle au séjour. En tout état de cause, le préfet n'était pas tenu d'enregistrer préalablement sa demande de titre de séjour alors qu'il n'est pas sérieusement contesté que M. B n'avait pas transmis l'intégralité des pièces nécessaires à l'instruction de sa demande conformément aux dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet n'était pas davantage tenu d'y répondre avant de prendre une obligation de quitter le territoire français à son encontre. La circonstance que la décision attaquée ne fait aucune mention de la tentative de régularisation de son séjour ne saurait caractériser une absence de réel examen de sa situation.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Il suit de là que le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue de manière utile et effective. En particulier, il n'implique pas l'obligation, pour le préfet, d'entendre l'étranger spécifiquement au sujet de l'obligation de quitter le territoire français qu'il envisage de prendre après avoir statué sur le droit au séjour à l'issue d'une procédure ayant respecté son droit d'être entendu.
9. En l'espèce, si le requérant fait valoir qu'il a sollicité un rendez-vous en préfecture pour demander son admission exceptionnelle au séjour, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a jamais transmis les documents nécessaires à l'instruction de sa demande et ce, malgré le courrier de la préfecture en date du 18 mai 2022 qui lui indiquait qu'il devait transmettre son dossier par voie postale. M. B s'est vu notifier l'arrêté attaqué le 21 septembre 2022, c'est-à-dire plus de quatre mois après le courrier de la préfecture qui l'invitait à transmettre son dossier pour l'étude de son admission au séjour. Dans ces conditions, le requérant ne rapporte pas la preuve qu'il aurait été empêché de transmettre les documents nécessaires à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu a été méconnu.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
11. En l'espèce, si M. B se prévaut de la présence de la majorité de sa fratrie en Europe et notamment de deux de ses sœurs en France, il n'établit pas avoir de liens personnels ou familiaux anciens en France. Il n'établit pas davantage être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans et dans lequel demeurent sa mère et l'un de ses frères. Par ailleurs, le requérant est célibataire, sans enfant. En outre, le requérant s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire depuis l'expiration de son visa le 17 janvier 2017, ce qui ne témoigne pas d'une volonté d'insertion dans la société française qui repose sur le respect des lois. De surcroît, il a fait usage de faux documents italiens afin de pouvoir obtenir des missions dans différentes agences de travail intérimaire et a été poursuivi pénalement pour ces faits. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales alors même qu'il disposerait d'une expérience professionnelle conséquente en France. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ". Il résulte des dispositions rappelées ci-dessus que lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
13. Dès lors qu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé au requérant, et ce que celui-ci ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière, le préfet de la Haute-Savoie pouvait en application des dispositions précitées, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. S'agissant de la durée de l'interdiction, il ressort de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Savoie a pris en compte l'ensemble des critères mentionnés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a notamment retenu que le requérant ne justifie pas d'attaches familiales ou personnelles en France à l'exception d'une de ses soeurs, qu'il n'établit pas être en situation d'isolement dans son pays d'origine où réside un de ses frères, qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de refus, par le conducteur d'un véhicule, d'obtempérer à une sommation de s'arrêter exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité permanente, conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique et conduite d'un véhicule sans permis et en a déduit qu'il constitue une menace à l'ordre public. En outre, l'arrêté vise les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté. Dans ces circonstances, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation en prenant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français limitée à deux ans.
14. Pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 11 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision prononçant l'assignation à résidence :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ;(). "
17. En l'espèce, le préfet a prononcé une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 20 septembre 2022 pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Dans ces conditions, la mesure d'assignation à résidence entre dans les prévisions des dispositions de l'article L.731-1 susmentionné. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure serait entachée d'une erreur de droit.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation des arrêtés attaqués doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et aux fins d'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Dabbaoui et à la Préfecture de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
M. D'Argenson , premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
C. C
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
P-H. D'ARGENSON Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026