mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206282 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | COUSSY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 septembre 2022, le 13 octobre 2023, le 8 mars 2024 et le 17 juin 2024, M. C, représenté par Me Coussy, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains a interrompu les travaux de rénovation d'une ancienne ferme située au 517 route de la Corniche à Saint-Nicolas de Véroce ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 6000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a méconnu l'article L. 461-2 du code de l'urbanisme en ce que des agents de la commune ont pénétré sur sa propriété sans autorisation ;
- l'arrêté a méconnu l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; ses observations orales n'ont pas été recueillies ;
- l'arrêté est fondé sur des infractions qui manquent en fait ;
- la maire a commis un détournement de pouvoir ;
- l'arrêté a été pris pour le maire au nom de la commune et par une autorité incompétente ;
- en s'abstenant de respecter les dispositions du code de l'urbanisme qui garantissent purement et simplement le respect de la vie privée et du domicile du requérant, la commune a violé l'article 8 de la Convention Européenne des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 7 mars 2024 et le 15 mai 2024, la commune de Saint-Gervais-les-Bains, représentée par Me Duraz, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête, à titre subsidiaire d'ordonner une expertise et demande que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 17 juin 2024.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coussy, représentant M. C, et de Me Duraz, représentant la commune de Saint-Gervais-les-Bains.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 mai 2021, un récépissé n° DP074.236.20.00185 de dépôt de déclaration préalable a été délivré à M. C pour réaliser des travaux de réhabilitation avec modification de façades d'une ancienne ferme située au 517 route de la Corniche à Saint-Nicolas de Véroce sur la commune de Saint-Gervais-les-Bains. Par un arrêté du 31 août 2022, le maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains, agissant au nom de l'Etat sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, a interrompu les travaux.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :
2. D'une part, l'arrêté litigieux a été pris par le maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains au visa des articles L. 480-1 et suivant du code de l'urbanisme pour interrompre des travaux. Par suite, l'acte a été pris par le maire agissant au nom de l'Etat. Le maire était donc compétent. D'autre part, il ressort des mentions de l'arrêté que le maire a pris cet arrêté au motif que des blocs de pierre auraient chuté depuis la propriété de M. C et motivé son arrêté au visa de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales. En présence d'une situation d'extrême urgence sur un chantier de construction créant un péril particulièrement grave et imminent, le maire peut ordonner l'arrêt d'un chantier pour ce motif sur le fondement de ses pouvoir de police générale. Par suite, le maire était également compétent à ce titre. Le moyen tiré de l'incompétence doit donc être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure de visite :
3. Aux termes de l'article L. 461-1 du code de l'urbanisme : " Le préfet et l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3 ou leurs délégués, ainsi que les fonctionnaires et les agents mentionnés à l'article L. 480-1 peuvent visiter les lieux accueillant ou susceptibles d'accueillir des constructions, aménagements, installations et travaux soumis aux dispositions du présent code afin de vérifier que ces dispositions sont respectées et se faire communiquer tous documents se rapportant à la réalisation de ces opérations. " A ceux de l'article L. 461-2 du code de l'urbanisme : " Le droit de visite et de communication prévu au premier alinéa du présent article s'exerce jusqu'à six ans après l'achèvement des travaux. Le droit de visite et de communication dans les lieux mentionnés à l'article L. 461-1 s'exerce entre 6 heures et 21 heures et, en dehors de ces heures, lorsque ces lieux sont ouverts au public. Les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d'habitation ne peuvent cependant être visités qu'en présence de leur occupant et avec son assentiment. "
4. Il ressort toutefois des mentions que l'arrêté interruptif de travaux vise le procès-verbal d'infraction du 2 août 2022 et que celui-ci a été rédigé depuis la route de la corniche en amont des parcelles litigieuses. Par suite, le moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être pareillement écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire :
5. Aux termes de l'article de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. "
6. L'interruption des travaux prévue par l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme est au nombre des mesures de police qui ne peuvent intervenir qu'après que son destinataire a été mis à même de présenter ses observations, sauf en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles. Cette situation d'urgence s'apprécie tant au regard des conséquences dommageables des travaux litigieux que de la brièveté d'exécution de ces travaux.
7. Il ressort des pièces du dossier que par courrier du 2 août 2022, le maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains a invité M. C à présenter ses observations dans un délai de 10 jours. Il n'est pas contesté qu'un rendez-vous a été fixé par la commune le 22 août à 10h pour permettre à M. C de présenter ses observations orales. Si M. C soutient que cette réunion du 22 août 2022 a été annulée à l'initiative de la commune et présente, à l'appui de ses dires, un courriel du 22 août de M. C adressé au service juridique de la commune, à l'inverse, la commune produit un courrier du même jour mentionnant l'annulation de la réunion à l'initiative de M. C. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait été privé de la possibilité de présenter ses observations orales du fait de la commune. Il est constant que ce dernier a pu présenter antérieurement ses observations écrites. La circonstance que le procès-verbal ne lui a pas été communiqué dans le cadre de la procédure contradictoire reste sans incidence dès lors que le courrier du 2 août 2022 initiant la procédure contradictoire reprenait la liste des infractions relevées et qui motivaient la procédure d'interruption des travaux, permettant ainsi utilement à M. C de répondre. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit :
S'agissant de l'utilisation par le maire agissant au nom de l'Etat de ses pouvoir de police spéciale :
8. Pour ordonner l'interruption des travaux, au visa du procès-verbal du 2 août 2022, le maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains s'est fondé sur la circonstance que M. C, dans le cadre des travaux de rénovation d'une ancienne ferme, avait réalisé une voie carrossable empierrée d'une largeur de plus de 5 mètres de largeur et de 200 mètres de longueur à travers le terrain, mis en œuvre un dispositif de type gabion d'une longueur supérieure à 10 mètres et d'une hauteur de 7 mètres, réalisé des terrassements allant jusqu'à plus de 3 mètres de profondeur sur une emprise supérieure à 1000 m², démoli la construction principale et entrepris la construction d'une nouvelle construction, réalisé le premier niveau de la construction en béton et installé une caravane et un abri précaire. Il a considéré que les travaux étaient réalisés en contradiction avec les articles L. 421-1 et suivant du code de l'urbanisme, et des articles N1, N2, N3, N11 et N12 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article II.11 des dispositions générales annexées à ce dernier ainsi qu'aux dispositions du règlement des zones D et Xt du PPRN.
9. Il ressort des mentions de l'arrêté du 2 août 2022 que l'agent territorial assermentée qui a signé le procès-verbal, s'est rendue le 2 août 2022 sur la voie publique surplombant à plus de 60 mètres de distance, la parcelle de M. C et sur laquelle est édifiée la ferme en cours de rénovation, et a constaté que " une voie carrossable empierrée d'une largeur de plus de 5 mètres de largeur et de 200 mètres de longueur a été réalisée et relis la route de la corniche à la construction en cours en serpentant en lacet à travers du terrain, un dispositif de type gabion d'une longueur supérieure à 10 mètres et d'une hauteur de 7 mètres avec un décroché empierré de 1 m de large à mi-hauteur a été mis en œuvre au droit de la rive droite du ruisseau en vue de maintenir la voie créée, des terrassements allant jusqu'à plus de 3 mètres de profondeur sur une emprise supérieure à 1000 m² ont été réalisés pour l'aménagement de la voie sur le terrain, la construction principale a été démolie, une nouvelle construction est en cours de réalisation au lieu et place de l'ancienne construction, le premier niveau de la construction est réalisé en béton, une caravane et un abri précaire a été installé (sic) en bordure de la route de la Corniche et du ruisseau. "
10. Aux termes du 3ème alinéa de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. " L'article L. 480-4 prévoit que : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. En cas de récidive, outre la peine d'amende ainsi définie un emprisonnement de six mois pourra être prononcé. " A ceux du 3ème alinéa de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme : " Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 du présent code a été dressé, le maire peut également, si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux. Copie de cet arrêté est transmise sans délai au ministère public. " Le 10ème alinéa du même article prévoit que : " Dans le cas de constructions sans permis de construire ou d'aménagement sans permis d'aménager, ou de constructions ou d'aménagement poursuivis malgré une décision de la juridiction administrative suspendant le permis de construire ou le permis d'aménager, le maire prescrira par arrêté l'interruption des travaux ainsi que, le cas échéant, l'exécution, aux frais du constructeur, des mesures nécessaires à la sécurité des personnes ou des biens ; copie de l'arrêté du maire est transmise sans délai au ministère public"
11. Il résulte de ces dispositions que le maire n'est tenu de prendre un arrêté interruptif de travaux que lorsque les travaux sont exécutés sans permis de construire. En revanche, lorsque les travaux en cours font suite à une autorisation, le maire peut prendre un arrêté interruptif de travaux si les travaux ne respectent pas l'autorisation accordée. En revanche, la circonstance que la construction autorisée méconnaitrait les règles d'urbanisme ne saurait autoriser le maire à interrompre les travaux.
12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la circonstance que les travaux seraient en contradiction avec les articles L. 421-1 et suivant du code de l'urbanisme, des articles N1, N2, N3, N11 et N12 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article II.11 des dispositions générales annexées à ce dernier ainsi qu'aux dispositions du règlement des zones D et Xt du PPRN, ne saurait légalement permettre au maire d'interrompre les travaux sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme. Par suite, le motif est entaché d'erreur de droit.
13. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédé d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagement suivants : d) L'installation, pour une durée supérieure à trois mois par an, d'une caravane autre qu'une résidence mobile mentionnée au j ci-dessous () f) A moins qu'ils ne soient nécessaires à l'exécution d'un permis de construire, les affouillements et exhaussements du sol dont la hauteur, s'il s'agit d'un exhaussement, ou la profondeur dans le cas d'un affouillement, excède deux mètres et qui portent sur une superficie supérieure ou égale à cent mètres carrés ; "
14. S'agissant de la réalisation d'une voie carrossable, d'un dispositif de type gabion de soutien de la voie et des terrassements, il résulte de l'instruction que la réalisation de cette voie est uniquement destinée à la réalisation des travaux et à permettre l'accès des engins de chantier à la ferme à rénover, le chemin existant, qui est conservé, n'étant pas praticable par les engins de chantier en raison de sa trop forte déclivité. Par suite, ces travaux sont nécessaires à l'exécution d'un permis de construire au sens de l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme et n'avaient pas à être précédé d'une déclaration préalable. De surcroit, il n'est pas contesté que ces travaux étaient achevés à la date du constat et ne sauraient par suite justifier l'interruption des travaux de rénovation de la ferme. Dès lors, ce motif est entaché d'erreur de droit.
15. S'agissant de l'installation d'une caravane et un abri précaire, à supposer même que ces installations ne soient pas les installations précaires nécessaires à l'exécution du chantier, dont l'installation n'est pas soumise à autorisation, la seule présence de ces éléments sans rapport avec le chantier et dont il n'est pas prouvé ni même allégué qu'ils auraient été présents sur site depuis plus de 3 mois contrairement aux prescriptions du d) de l'article R. 421-23 du code de l'urbanisme, ne sauraient justifier l'interruption des travaux de rénovation de la ferme. Par suite, ce motif est entaché d'erreur de droit.
16. En troisième lieu, s'agissant de la démolition de la construction principale et de la construction d'une nouvelle construction, avec réalisation d'un premier niveau de la construction en béton, il ressort des photographies des constats d'huissier de justice du 19 août 2022 et 21 septembre 2022 et de l'attestation du maitre d'ouvrage du 22 août 2022 que l'effondrement partiel du mur de la façade ouest à la suite du terrassement a entrainé sa reconstruction et certaines pièces de la charpente, endommagées par les xylophages et non viables, ont été remplacées. S'agissant de la rénovation d'une vielle ferme, il n'est pas contraire à la déclaration préalable de voir certains éléments neufs remplacer des éléments plus anciens non viables dans la mesure où ces remplacements n'aboutissent pas à une reconstruction. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C ne s'est pas livré à la démolition complète d'une ancienne ferme et à la construction d'une bâtiment neuf. Par suite, il n'a pas méconnu la déclaration préalable n° DP074.236.20.00185 à laquelle le maire ne s'est pas opposé. Dès lors, ce motif est entaché d'erreur de fait et de droit.
17. Il résulte de ce qui précède, qu'aucun des motifs rappelés ci-dessus ne pouvaient justifier l'utilisation par le maire agissant au nom de l'Etat des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme pour arrêter le chantier de rénovation de la ferme exécuté conformément à la déclaration préalable à laquelle le maire ne s'est pas opposé.
S'agissant de l'utilisation par le maire agissant au nom de la commune de ses pouvoir de police générale :
18. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels "
19. En présence d'une situation d'extrême urgence sur un chantier de construction créant un péril particulièrement grave et imminent, le maire peut ordonner l'arrêt d'un chantier pour ce motif sur le fondement de ses pouvoir de police générale. Toutefois, le maire ne peut prononcer un tel arrêt de chantier que s'il s'agit de la seule mesure permettant de faire cesser le péril et pour le temps strictement nécessaire à la mise en place de mesure correctrice par le constructeur de manière à faire cesser le péril.
20. En l'espèce, il ne ressort des pièces du dossier ni que cette seule chute de pierre puisse être regardée comme un péril particulièrement grave et imminent ni que l'arrêt indéfini du chantier aurait été la seule mesure permettant de faire cesser le chantier. De surcroît, il ressort des pièces du dossier que le maitre d'œuvre du chantier avait procédé à la sécurisation du chantier dès le 12 juillet 2022, soit antérieurement à la date de l'arrêté. Par suite, le motif tiré de la chute de pierre ne pouvait justifier un arrêt indéfini du chantier sur le fondement de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. Par suite, l'arrêté est entaché d'erreur de droit.
En ce qui concerne le moyen tiré du détournement de pouvoir :
21. Il ne ressort pas des mentions de l'arrêté que le maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains aurait pris un arrêté d'interruption des travaux pour des motifs étrangers à ceux qui lui sont dévolus par le code de l'urbanisme. Ce faisant, le maire a entendu interdire des travaux auxquels il ne s'était pourtant pas opposé. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 août 2022 du maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains.
Sur les frais du procès :
23. L'Etat, partie perdante, versera la somme de 2 000 euros à M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
24. Les conclusions de la commune de Saint-Gervais-les-Bains sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 31 août 2022 du maire de la commune de Saint-Gervais-les-Bains est annulé.
Article 2L'Etat versera la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Gervais-les-Bains tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au ministre du logement et de la rénovation urbaine et à la commune de Saint-Gervais-les-Bains.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bonneville.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme D, première-conseillère,
- Mme A, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. D
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026