LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2206340

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2206340

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2206340
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge unique 4
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2022 sous le n°2206340, M. B C, représenté par Me Frery, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de demande d'asile valant autorisation provisoire de séjour renouvelable jusqu'à l'arrêt de la Cour nationale du droit d'asile à intervenir et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de cet arrêté jusqu'à la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, ou s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de notification par celle-ci ;

4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'abrogation de l'attestation de demande d'asile est entachée d'un défaut de motivation ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence lié ;

- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît le droit à un recours effectif ;

- la décision fixant le pays de destination est privée de base légale dès lors qu'elle repose sur une obligation de quitter le territoire illégale ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il fait valoir des moyens sérieux qui justifient son maintien sur le territoire national dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile.

II. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2022 sous le n°2206346, Mme D C, représentée par Me Frery, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de demande d'asile valant autorisation provisoire de séjour renouvelable jusqu'à l'arrêt de la Cour nationale du droit d'asile à intervenir et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de cet arrêté jusqu'à la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, ou s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de notification par celle-ci ;

4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'abrogation de l'attestation de demande d'asile est entachée d'un défaut de motivation ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence lié ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît le droit à un recours effectif ;

- la décision fixant le pays de destination est privée de base légale dès lors qu'elle repose sur une obligation de quitter le territoire illégale ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle fait valoir des moyens sérieux qui justifient son maintien sur le territoire national dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile.

M. et Mme C ont été admis à l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 3 octobre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Pfauwadel, vice-président.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les observations de M. C, assisté de Mme A, interprète en langue albanaise.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes numéros 2206340 et 2206346 ont été présentées par des conjoints et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

2. Mme et M. C, ressortissants albanais nés en 1990 et 1985, sont entrés en France le 16 septembre 2021, accompagnés de leurs deux enfants nés en 2012 et 2018. Le bénéfice d'une protection au titre de l'asile leur a été refusé par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 22 mars 2022. Par deux arrêtés du 4 août 2022, le préfet de l'Isère leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les abrogations des attestations de demande d'asile :

3. Lorsque le préfet se borne dans l'arrêté obligeant un étranger demandeur d'asile à quitter le territoire français, y compris dans le dispositif de cet arrêté, à constater au préalable que l'intéressé s'étant vu refuser le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire, ne dispose donc plus du droit de se maintenir sur le territoire français, une telle constatation qui ne traduit que l'appréciation, par le préfet, de la réunion des conditions prévues par les dispositions applicables pour décider une obligation de quitter le territoire français, ne revêt en elle-même aucun caractère décisoire et n'est donc pas susceptible de faire l'objet de conclusions tendant à son annulation indépendamment de l'obligation de quitter le territoire français qui en procède. Il appartient, par suite, au juge administratif, s'il est saisi de conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français en tant qu'il formaliserait une telle constatation, de les déclarer irrecevables et de regarder les moyens dont elles sont assorties comme dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français en elle-même.

4. Le préfet de l'Isère s'est borné dans l'article 1er des arrêtés attaqués à constater que les intéressés ne bénéficiaient plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Il n'a donc pas, ce faisant, pris de décisions susceptibles de recours pour excès de pouvoir distinctes des obligations de quitter le territoire français qui ont procédé de cette contestation et, par suite, les conclusions dirigées contre une telle constatation ne sont pas recevables et doivent être rejetées.

En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire français :

5. Les arrêtés attaqués énoncent les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des obligations faites à Mme et M. C de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. Il ressort des termes des arrêtés que le préfet ne s'est pas cru à tort en situation de compétence liée, alors même que ces arrêtés ne mentionnent pas que les intéressés ont saisi la Cour nationale du droit d'asile.

7. Les requérants peuvent, comme ils l'ont d'ailleurs fait, saisir le juge en application de l'article L.743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'une demande de suspension des mesures d'éloignement les concernant pour, le cas échéant, présenter des éléments sérieux de nature à justifier leur maintien sur le territoire durant l'examen de leurs recours devant la Cour nationale du droit d'asile et disposent ainsi d'un recours juridictionnel effectif leur permettant d'être entendus. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 46 de la directive 2013/32/UE doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :

8. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français.

9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

10. Si Mme et M. C soutiennent qu'ils craignent d'être exposés à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine, ils n'établissent pas par les pièces produites la réalité et l'actualité de ces risques invoqués. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

11. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

12. Les requérants soutiennent qu'ils doivent pouvoir convaincre la Cour nationale du droit d'asile lors d'un débat dès lors qu'ils craignent d'être exposés à des persécutions en cas de retour en Albanie et qu'ils ne peuvent faire appel aux autorités albanaises. Toutefois, alors qu'ils ne justifient pas de ce dernier point et qu'ainsi qu'il a été dit au point 10, ils n'apportent aucun élément à l'appui de leurs allégations selon lesquelles ils courraient des risques dans leur pays d'origine, ils ne peuvent être regardés comme présentant des éléments sérieux de nature à justifier leur maintien sur le territoire durant l'examen de leur recours par la Cour nationale du droit d'asile.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requérants aux fins d'annulation et de suspension de l'exécution des arrêtés du 4 août 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme et M. C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à M. B C, à Me Frery et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

T. E La greffière,

C. Billon

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2,2206346

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions