mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206467 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | LEURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 octobre et 7 novembre 2022, M. C D A, représenté par Me Leurent, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 3 octobre 2022 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer une carte de résident dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à venir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen effectif de sa situation ;
- le préfet a commis un manquement à l'obligation d'entretien ;
- le préfet ne pouvait prendre à son encontre une mesure d'éloignement sans statuer préalablement sur sa demande de titre de séjour déposée le 22 novembre 2021 ;
- il appartenait au préfet de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- l'obligation de quitter le territoire est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour est illégale compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est disproportionnée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- et les observations de Me Leurent, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1980, soutient être entré en France le 28 avril 2018. A la suite de son interpellation par la police aux frontières de Modane, il a fait l'objet d'un arrêté en date du 3 octobre 2022 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qu'il y a à statuer sur la situation de M. A, il y a lieu de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce, avec une précision suffisante et dépourvu de caractère stéréotypé, les considérations de droit et de fait sur lesquelles reposent les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré ce que le préfet aurait commis un manquement à son obligation d'entretien n'est pas assorti de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. A supposer que, par ce moyen, le requérant se prévale de son droit d'être entendu consacré comme principe général du droit de l'Union européenne, il ressort des pièces du dossier qu'il a été auditionné par les services de police le 3 octobre 2022 à la suite de son interpellation et a été mis à même, à cette occasion, de faire valoir tout élément relatif à sa situation administrative et personnelle susceptible de faire obstacle à une mesure d'éloignement. Par suite, son droit d'être entendu n'a pas été méconnu.
5. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'avant de prendre son arrêté, le préfet a procédé à un examen effectif de la situation du requérant telle qu'elle avait été portée à sa connaissance, alors même qu'il n'aurait pas tenu compte de l'ensemble des éléments déclarés par le requérant sur sa situation administrative ou personnelle. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". M. A ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, il était au nombre des étrangers pouvant faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne peut utilement se prévaloir des dispositions du 3° du même article dès lors que l'arrêté attaqué n'a pas été pris sur ce fondement. Ainsi, la circonstance que le requérant ait déposé auprès de la préfecture de la Gironde une demande de délivrance d'un titre de séjour, à la supposer établie, ne faisait pas obstacle à ce que le préfet prenne à son encontre une mesure d'éloignement.
7. En cinquième lieu, s'il était loisible au préfet de la Savoie de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation pour délivrer un titre de séjour à M. A, il n'y était pas tenu à peine d'illégalité de la mesure d'éloignement.
8. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions faisant obligation à M. A de quitter le territoire français et fixant le pays de destination soient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. En septième lieu, d'une part, l'arrêté attaqué ne comporte aucune décision portant refus de séjour. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour. D'autre part, compte tenu de ce qui précède, il n'est pas davantage fondé à se prévaloir de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination et de l'interdiction de retour sur le territoire français.
10. En huitième lieu, le requérant ne justifie pas de la durée de sa présence en France, où il est sans attaches familiales. Il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement puisqu'il s'est maintenu sur le territoire français malgré une décision de remise aux autorités d'un pays ayant conclu un accord de réadmission avec la France prise à son égard par le préfet du Rhône le 5 février 2020. Par suite, en prononçant à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an, le préfet de la Savoie n'a pas pris une mesure disproportionnée, alors même que la présence de l'intéressé ne représenterait pas une menace pour l'ordre public.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 3 octobre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D A, à Me Leurent et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026