mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 octobre 2022 et 10 octobre 2023, M. R A, Mme S, Mme F N, M. G I, M. D O, Mme E B, M. K L, M. M H et M. C Q, représentés par Me Matras, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le maire de la commune de Pontcharra a délivré un permis de construire valant permis de démolir au profit de la SAS ATR Promotion pour la création d'un bâtiment d'habitation collectif de sept logements et d'un bâtiment annexe, ainsi que le rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pontcharra une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme car le dossier est incomplet dès lors que la seule notice architecturale au dossier est insuffisante pour apprécier le respect des exigences sur le câblage permettant le rechargement des voitures électriques et hybrides et ne précise pas la surface des espaces de pleine terre et des espaces verts ;
- il est illégal dès lors qu'une décision tacite de refus était intervenu le 8 février 2022 suivant les dispositions de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.2.5 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.4.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.4.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5.II.4.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2023, la commune de Pontcharra, représentée par Me Heinrich conclut au rejet de la requête, ou, à titre subsidiaire, demande au tribunal de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge solidaire des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'intérêt pour agir n'est pas démontré ;
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne produisent pas la preuve de la notification régulière du recours gracieux au pétitionnaire en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire, enregistré le 13 novembre 2023, présenté pour la commune de Pontcharra, n'a pas été communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à la SAS ATR Promotion qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 14 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 novembre 2023.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces ont été demandées pour compléter l'instruction les 25 octobre et 21 novembre 2024.
Un mémoire, enregistré le 25 novembre 2024, a été présenté pour la commune de Pontcharra et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Punzano, substituant Me Matras, avocat des requérants, et de Me Rochat, substituant Me Heinrich, avocat de la commune de Pontcharra.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 octobre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) ATR Promotion a sollicité la délivrance d'un permis de construire valant permis de démolir en vue de la construction d'un bâtiment d'habitation collectif de sept logements en accession, d'un bâtiment annexe abritant sept garages et un local cycles d'une surface de 109m2, la réalisation de neuf places de stationnement extérieures et la démolition d'une construction existante, sur les parcelles cadastrées section AL n° 19 et 380, sise allée des Bouvreuils, à Pontcharra (Isère). En vue de ce même projet, elle a déposé le 1er avril 2022, une déclaration préalable de division parcellaire. Par un arrêté du 8 avril 2022, le maire de la commune de Pontcharra ne s'est pas opposé à la déclaration préalable et a autorisé la création du lotissement. Par un arrêté du 13 avril 2022 dont les requérants demandent l'annulation, le maire de la commune de Pontcharra a accordé le permis de construire.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L.261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe de l'autre côté de l'allée, en face des maisons individuelles des requérants, lesquels en sont voisins immédiats. Par ailleurs, eu égard aux caractéristiques du projet, qui prévoit la création de sept logements en R+1, avec la création de seize places de stationnement et pour lequel l'accès est prévu par une voie desservant la propriété des requérants, ces derniers présentent un intérêt pour agir suffisamment direct et certain contre l'arrêté du 13 avril 2022. Par conséquent, la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier de demande :
5. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Contrairement à ce qu'indiquent les requérants, la notice parvenue au service instructeur le 21 février 2022 mentionne que " le projet respectera les règles du code de la construction et de l'habitation concernant les exigences sur le câblage permettant le rechargement des voitures électriques et hybrides " et précise la superficie d'espace vert de pleine terre et le traitement des espaces verts. Par suite, le dossier de demande de permis de construire a permis à l'autorité administrative d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.
En ce qui concerne le refus tacite de permis de construire :
8. Aux termes de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées (), l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier en mairie, adresse au demandeur () une lettre recommandée avec demande d'avis de réception () indiquant, de façon exhaustive les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-39 de ce code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : a) que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie. ".
9. Les requérants soutiennent que la demande de permis de construire aurait fait l'objet d'un refus tacite, la société pétitionnaire n'ayant pas complètement répondu dans les délais à la demande de pièces adressée par les services instructeurs par courrier du 3 novembre 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a complété son dossier le 18 janvier 2022 conformément à ce courrier et dans le délai imparti par les services instructeurs. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que, faute de réponse du pétitionnaire dans le délai imparti, un refus de permis tacite était né antérieurement au permis litigieux, la circonstance que d'autres pièces complémentaires sont parvenues aux services instructeurs les 21 février et 25 mars suivant étant sans influence sur la légalité du permis en litige.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme :
10. Aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " () Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". Par ailleurs, suivant l'article 5.II.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme, l'emprise au sol des constructions ne doit pas excéder 30% de la superficie du tènement foncier support. Cette règle, faute de mention contraire au règlement du plan local d'urbanisme applicable, doit s'apprécier à l'échelle du lotissement.
11. Il ressort des pièces du dossier que la surface totale du lotissement est de 2 458 m² et que les constructions projetées sur le ténement 2 présentent une emprise au sol d'environ 492 m² alors qu'une maison d'habitation existante sur le ténement 1 a une emprise au sol de 132 m². Dès lors, les règles fixées par le règlement du plan local d'urbanisme sont respectées au regard de l'ensemble du projet.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme :
12. Aux termes de l'article 5.II.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère de l'implantation, des terrassement et accès : " () L'implantation des garages et des aires de stationnement doivent être prévues le plus proche de l'accès au terrain. Les voiries d'accès devront être aménagées de telle sorte que leur impact paysager et les contraintes qui leur sont liées soient limités : terrassement, entretien, déneigement. / Les dépôts de déchets sont interdits à ciel ouvert. Le stockage des déchets doit s'effectuer à l'intérieur des constructions autorisées. / Pour la collecte des déchets, il doit être aménagé un local extérieur pour les opérations collectives et groupées. Il devra être intégré harmonieusement à l'environnement bâti et naturel, dans le respect des normes du service gestionnaire () ". Aux termes de l'article R. 434-34-1 du code de l'urbanisme : " lorsque le projet porte sur la construction de logements collectifs, le dossier joint à la demande de permis de construire comprend, si le maire en a fait la demande, le plan intérieur de l'immeuble ".
13. En premier lieu, il ressort des plans de masse produits en phase d'instruction que l'implantation des garages et aires de stationnement sont prévus au plus proche de l'accès au terrain, conformément aux règles fixées par le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.II.2.2 du fait de l'implantation des garages et aires de stationnement doit être écarté.
14. En second lieu, il ressort du plan de masse qu'un local extérieur de collecte des ordures ménagères à ciel ouvert est prévu au projet tandis qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment du plan de masse destiné au calcul du rapport d'emprise au sol en zone inondable sur lequel figure le plan intérieur du rez-de-chaussée, qu'il comporte un local de stockage des déchets à l'intérieur des constructions autorisées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'interdiction du dépôt de déchet à ciel ouvert définie par les dispositions de l'article 5.II.2.2 doit être accueilli.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.2.5 du règlement du plan local d'urbanisme :
15. Aux termes de l'article 5.II.2.5 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère des toitures : " Les toitures des constructions devront s'intégrer harmonieusement dans l'environnement bâti et naturel. () /Les toitures plates ou à faible pente devront avoir un aspect compatible avec l'environnement bâti ou être végétalisées et si elles sont destinées à la rétention des eaux pluviales ".
16. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces dispositions n'ont pas pour effet de soumettre la réalisation de toitures plates à la condition que ces toitures retiennent les eaux pluviales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions par la décision attaquée dès lors que la toiture terrasse prévue au projet ne serait pas destinée à la rétention des eaux pluviales doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.3 du règlement du plan local d'urbanisme :
17. Aux termes de l'article 5.II.3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions : " 1. Généralités / • Ces dispositions ne s'appliquent pas en cas de réhabilitation des constructions existantes dans la limite de leur volume. / • En cas de légère extension (inférieure à 35m2 d'emprise au sol) ou de construction annexe, ces dispositions s'appliquent avec une tolérance de 5% par rapport à la règle. / • La qualité des aménagements paysagers ne résulte pas de dispositions réglementaires mais pour tout aménagement, la simplicité de réalisation et le choix d'essences locales sont recommandés. / 2. Quantités requises /• Tout espace destiné aux stationnements doit être planté à raison d'un arbre de haute tige pour 3 places de stationnement extérieures créées. Les plantations devront être regroupées, de préférence, en bosquets. () / • Les espaces de pleine terre ne seront pas uniquement des espaces résiduels ou périphériques mais devront être aménagés de manière qualitative. ()/ • Dans la zone UC, 40% du tènement foncier support du projet sera réservé aux espaces verts comprenant au minimum 30% de pleine terre. () / 3. Modalités de réalisation / • Les espaces de pleine terre comprennent : les surfaces non imperméabilisées c'est-à-dire les surfaces perméables non bâties et sans sous-sols qui ne sont pas destinées à la circulation automobile ni aux stationnements et qui peuvent être traitées en plantations ou pelouse. / • Les espaces verts comprennent les espaces de pleine terre mais également : / - Les aires en stabilisé telles que les cheminements piétons, / - les bassins de rétention des eaux pluviales, / - Les noues paysagères créées pour gérer les eaux pluviales seront comprises dans la part d'espaces verts à aménager sur la parcelle, / - Les facades et les toitures végétalisées, / - Les aires de stationnement à condition que la végétation soit majoritaire ()50%) ".
18. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la surface totale du lotissement est de 2 458 m² et que le projet réserve, sur le seul ténement 2, 792,96 m² aux espaces de pleine terre. D'autre part, il ressort des termes de la notice parvenue au service instructeur le 21 février 2022 que " toutes les surfaces non utilisées pour la voirie et les stationnements, ainsi que pour les terrasses et les cheminements, seront plantées et engazonnées ", que le terrain sera " planté d'une haie d'essences locales et variées composée d'au minimum quatre espèces " le long de l'allée des Bouvreuils et que le projet prévoit la plantation de plusieurs arbres de haute-tige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.II.3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.4.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme :
19. Aux termes de l'article 5.II.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des véhicules motorisés autre que les véhicules à deux roues : " 1. Généralités / • Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré sur le tènement support du permis. / • Les aménagements liés au stationnement doivent limiter l'imperméabilisation des sols. () ".
20. Il ressort des termes de la notice parvenue au service instructeur le 21 février 2022 que les espaces dédiés aux places de stationnement de surface " seront traités en revêtement perméable de type dalles alvéolaires ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.II.4.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme :
21. L'article 5.II.4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des véhicules motorisés autre que les véhicules à deux roues impose, pour les constructions à destination d'habitation, une place pour 60m² de surface de plancher avec au moins une place par logement et sans dépasser deux places par logement.
22. Il résulte de ces dispositions qu'un projet consistant en la création de sept logements ne peut dépasser un maximum de quatorze places de stationnement. Or, seize places de stationnement sont prévues au projet autorisé. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le projet de construction méconnait les dispositions de l'article 5.II.4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme sur ce point et le moyen doit être accueilli.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.4.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme :
23. Aux termes de l'article 5.II.4.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux recharges pour véhicules électriques : " Il est rappelé que les constructeurs sont tenus de respecter les règles du code de la construction et de l'habitation concernant des exigences sur le câblage permettant le rechargement des voitures électriques et hybrides () ".
24. Il ressort des termes de la notice parvenue au service instructeur le 21 février 2022 que " le projet respectera les règles du code de la construction et de l'habitation concernant les exigences sur le câblage permettant le rechargement des voitures électriques et hybrides ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.II.4.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 5.II.4.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme :
25. L'article 5.II.4.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des cycles et deux roues impose, pour les constructions à destination d'habitation, 1,5 m² par tranche de 70 m² de surface de plancher sans être inférieur dans la mesure du possible à 1,5 m² par logement.
26. S'il ressort des termes de la notice du projet, que le local cycles couvert et clos, accolé aux garages est prévu d'une surface de 10,45 m2, soit inférieur aux 10,5m2 exigés par les dispositions précitées, il ressort de manière constante des plans parvenus au service instructeur le 13 octobre 2021 et le 18 janvier 2022 que la surface du local prévu est de 14,56m2. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5.II.4.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
Sur les conséquences de l'illégalité relevée :
27. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce () ". Il résulte de ces dispositions que le juge peut procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où une illégalité affecte une partie identifiable du projet et où cette illégalité est susceptible d'être régularisée, sans qu'il soit nécessaire que la partie illégale du projet soit divisible du reste de ce projet.
28. Les seuls vices susceptibles d'entraîner l'annulation de la décision contestée concernent le nombre de place de stationnement et l'emplacement du local interne de stockage des déchets. Eu égard à la nature de ces vices et à leur portée, il y a lieu de prononcer l'annulation partielle de l'arrêté du 13 avril 2022. La SAS ATR Promotion pourra en demander la régularisation à la commune de Pontcharra dans le délai de trois mois courant à compter de la date de notification du jugement.
Sur les frais du litige :
29. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Pontcharra doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Pontcharra une somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er :Le permis de construire du 13 avril 2022 est annulé en tant qu'il ne comporte pas un local de stockage des déchets à l'intérieur des constructions autorisées en méconnaissance de l'article 5.II.2.2 et en tant qu'il autorise seize places de stationnement en méconnaissance de l'article 5.II.4.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des véhicules motorisés autre que les véhicules à deux roues. La SAS ATR Promotion pourra en demander la régularisation dans le délai de trois mois courant à compter de la date de notification du jugement.
Article 2 :La commune de Pontcharra versera à M. et Mme A, à Mme N, à M. I, à M. O, à Mme B, à M. P, à M. H et à M. Q une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Les conclusions de la commune de Pontcharra tendant à la condamnation des requérants au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A au titre des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Pontcharra et à la SAS ATR Promotion.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.
Le rapporteur,
A. Derollepot
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. Palmer
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026