samedi 22 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206738 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL HUBERT VEAUVY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2022, l'association de l'école démocratique Ma Voie, représentée par Me Veauvy, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de prendre toutes mesures pour que cessent les atteintes à la liberté d'enseignement, à la liberté d'entreprendre et à l'intérêt supérieur de l'enfant à l'encontre de l'école Ma Voie ;
2°) de suspendre l'arrêté de fermeture administrative visant l'école Ma Voie ;
2°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie ;
- il existe une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'enseignement, à la liberté d'entreprendre et à l'intérêt supérieur de l'enfant
Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2022, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conditions de mise en œuvre de l'article L. 521-2 ne sont pas remplies.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- le code de l'éducation,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 21 octobre 2022 à 14 heures au cours de laquelle ont été entendus Me Veauvy pour l'association requérante, Mme A pour le préfet de la Savoie et Mme B pour la rectrice de l'académie de Grenoble.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
La rectrice de l'académie de Grenoble a produit une note en délibéré le 21 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-2 du code de justice administrative permet au juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, d'ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Sur le fondement de ces dispositions, l'association de l'école démocratique Ma Voie demande que soit suspendu l'arrêté du préfet de la Savoie du 28 septembre 2022 portant fermeture administrative de son école.
2. L'école Ma Voie, ouverte en septembre 2021, revendique " un enseignement libéré des contraintes de programmes communs, de classes, d'âges et de notes, un apprentissage auto-initié et accompagné par les adultes facilitateurs, qui s'assurent de l'acquisition des compétences du socle à travers leurs projets une vocation à encourager les enfants à suivre leur curiosité naturelle et leur motivation intrinsèque à leur rythme afin d'explorer au quotidien leurs champs d'intérêt et leurs passions ".
3. Un contrôle pédagogique a été réalisé par l'académie de Grenoble au sein de l'école le 21 octobre 2021. Suite à celui-ci, l'association gestionnaire a été mise en demeure le 15 janvier 2022 de respecter le droit à l'éducation et les normes minimales de connaissances. Un nouveau contrôle a été opéré le 16 mai 2022. Au vu de la persistance de manquements, le préfet de la Savoie, sur proposition de la rectrice de l'académie de Grenoble, a prononcé la fermeture définitive de l'école par l'arrêté en litige.
4. Cet arrêté note des carences graves dans l'instruction dispensée, notamment dans l'enseignement progressif du domaine 1 " les langages pour penser et communiquer " et du domaine 2 " les méthodes et outils pour apprendre " du socle commun de connaissances, de compétences et de culture fixé par l'article D. 122-1 du code de l'éducation. Au vu de l'entier dossier et des explications fournies à l'audience, si le bien-fondé de la fermeture peut être éventuellement contestable compte tenu du parti éducatif de l'école, cette mesure ne peut être regardée comme présentant un caractère manifestement -c'est à dire à l'évidence- illégal qui est l'une des conditions permettant l'intervention du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dès lors, la requête doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de l'association de l'école démocratique Ma Voie est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à l'association de l'école démocratique Ma Voie et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au préfet de la Savoie et à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Fait à Grenoble, le 22 octobre 2022.
Le juge des référés,
C. Sogno
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206738
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026