LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2206751

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2206751

vendredi 23 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2206751
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique 7
Avocat requérantSCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a annulé le refus implicite du directeur du centre pénitentiaire d’Aiton de communiquer à M. B, sous forme numérique par courrier électronique, la décision ayant ordonné sa fouille à nu le 6 avril 2022. Le tribunal a jugé que la remise en main propre du document sur support papier n’avait pas satisfait la demande, fondée sur les articles L. 311-1 et L. 311-9 du code des relations entre le public et l’administration. Il a enjoint au ministre de la justice de procéder à cette communication par voie électronique, sans astreinte, et a condamné l’État à verser 1 200 euros au conseil du requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 octobre 2022 et 25 novembre 2022, M. A B, représenté par la SCP Themis avocats et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler le refus implicite du directeur du centre pénitentiaire d'Aiton de lui communiquer la copie de la décision ayant ordonné sa fouille à nu le 6 avril 2022 ;

2°) d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire d'Aiton de lui communiquer le document demandé dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le document sollicité est communicable en application des articles L. 311-1 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration ;

- une remise en main propre n'a pas été de nature à satisfaire sa demande qui sollicitait une communication à son conseil sous forme numérique.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle était sans objet dès son introduction puisque le document sollicité a été remis au requérant le 20 juin 2022.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,

- et les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 15 avril 2022, M. B a sollicité du directeur du centre pénitentiaire de d'Aiton, où il était incarcéré, la communication par courrier électronique d'une copie numérique de la décision ayant ordonné sa fouille à nu le 6 avril 2022. En l'absence de réponse, il a saisi le 31 mai 2022 la Commission d'accès aux documents administratifs qui a rendu un avis favorable le 27 juin 2022. Le 1er juillet 2022, M. B a sollicité de nouveau la communication du document en cause. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur du centre pénitentiaire a confirmé son refus de communication.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Aux termes de l'article L. 311-9 du même code : " L'accès aux documents administratifs s'exerce, au choix du demandeur et dans la limite des possibilités techniques de l'administration : / () / 3° Par courrier électronique et sans frais lorsque le document est disponible sous forme électronique () ".

3. En défense, le garde des sceaux, ministre de la justice fait valoir que le document demandé a été remis le 20 juin 2022 au requérant, comme en atteste l'apposition de sa signature sur l'autorisation de prélèvement sur son compte administratif du montant des frais de reproduction. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B avait demandé la communication sous forme numérique par courrier électronique à l'adresse de son conseil. Le garde des sceaux, ministre de la justice ne conteste pas que le document existait sous cette forme et n'oppose aucune considération liée à des difficultés techniques justifiant son refus de transmettre à l'intéressé les documents sous forme numérique à l'adresse de messagerie indiquée par lui. Par suite et contrairement à ce qu'il soutient, la remise en main propre à M. B de la décision sur un support en papier n'a pas été de nature à satisfaire sa demande. Il suit de là, d'une part, que la requête n'était pas dépourvue d'objet dès son introduction et que la fin de non-recevoir soulevée en défense à ce titre doit être écartée, d'autre part, que le refus du directeur du centre pénitentiaire d'Aiton de communiquer le document sollicité par courrier électronique sous forme numérique est entaché d'illégalité.

4. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation du refus du directeur du centre pénitentiaire d'Aiton de communiquer, par courrier électronique sous forme numérique, la décision ayant ordonné sa fouille à nu le 6 avril 2022.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

5. L'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de communiquer à M. B, par courrier électronique sous forme numérique, une copie de la décision ayant ordonné sa fouille à nu le 6 avril 2022. Il n'y a pas lieu, en l'état de l'instruction, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SCP Themis avocats et associés d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

D E C I D E :

Article 1er : Le refus implicite du directeur du centre pénitentiaire d'Aiton est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de communiquer à M. B, par courrier électronique à l'adresse de messagerie indiquée par l'intéressé, une copie sous forme numérique de la décision ayant ordonné sa fouille intégrale le 6 avril 2022.

Article 3 : L'Etat versera à la SCP Themis avocats et associés une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SCP Themis avocats et associés et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2025.

Le magistrat désigné,

V. L'HÔTELa greffière,

E. BEROT-GAY

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507622

Le Conseil d'État, statuant en tant que juge des référés, a rejeté la requête de M. A... qui demandait l'annulation pour excès de pouvoir de la circulaire du ministre de la Justice du 25 mars 2025 relative à la prise en charge des détenus étrangers. La requête a été jugée manifestement irrecevable car présentée le 26 août 2025, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La décision a été prise sur le fondement de l'article R. 122-12 du même code, sans instruction contradictoire ni audience publique.

01/07/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516455

Le Conseil d'État, statuant en cassation, a examiné le pourvoi de M. C... et Mme D... contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon. Cette ordonnance avait rejeté leur demande, fondée sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative, visant à faire cesser l'obligation de nettoyage de la cuisine d'un CADA et la menace d'expulsion. Le Conseil d'État a constaté que le pourvoi, dirigé contre une décision rendue sur le fondement de l'article L. 522-3, n'avait pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, comme l'exige l'article R. 821-3 du même code. En conséquence, il a déclaré le pourvoi irrecevable et a refusé son admission.

01/07/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516332

Le Conseil d'État, statuant en cassation, a rejeté le pourvoi de M. C... et Mme D... contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon. Ce dernier avait rejeté leur demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, concernant des manquements allégués du centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) « Entraide Pierre Valdo ». Le pourvoi a été déclaré irrecevable car il n'avait pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, obligation pourtant mentionnée dans la notification de l'ordonnance attaquée, en application des articles R. 821-3 et R. 612-1 du même code.

01/07/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516231

Le Conseil d’État, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui demandait l’annulation de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création de la partie « loi du pays » du code des douanes de Polynésie française. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle ne contenait que des moyens inopérants, non assortis de faits susceptibles de venir à leur soutien ou dépourvus des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé. Cette décision a été prise sur le fondement de l’article R. 122-12 du code de justice administrative, sans instruction contradictoire préalable ni audience publique.

01/07/2026

← Retour aux décisions