mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MABILON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, M. B D, représenté par Me Mabilon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel la préfète de la Drôme a refusé de délivrer un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 3 mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
M. D soutient que :
- l'arrêté a été adopté par une personne ne justifiant pas de sa compétence à ce titre ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ; il est entaché d'un défaut d'examen s'agissant de la délivrance d'un titre de séjour à titre humanitaire ou exceptionnel ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait quant à ses conditions d'entrée en France, la vie commune avec sa compagne et son intégration à la société française ;
- le refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il n'était pas soumis à l'obligation de produire un visa long séjour de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée de l'incompétence de l'auteur de l'acte ; elle méconnaît le droit d'être entendu de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; elle est entachée d'un défaut de base légale eu égard à l'illégalité du refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnel totale par une décision du 26 août 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain, est entré en France le 1er octobre 2017 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 30 mai 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué la préfète de la Drôme a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C E, sous-préfète, directrice de cabinet de la préfète de la Drôme, qui disposait d'une délégation de signature consentie par arrêté n° 26-2021-08-27 du 27 août 2021 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs du même jour pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de M. D qui le fondent. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort clairement de l'arrêté attaqué que la préfète a également statué sur la demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a donc pas entaché son arrêté d'erreur de droit.
5. En quatrième lieu, d'une part, ainsi que le mentionne l'arrêté attaqué, la souscription de la déclaration prévue par les articles 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990, L. 621-3 et R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est une condition de la régularité de l'entrée en France de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat partie à la convention d'application de l'accord de Schengen qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire. M. D ne conteste pas ne pas avoir souscrit une déclaration d'entrée sur le territoire français, de sorte qu'il ne peut être regardé comme étant entré en France régulièrement. D'autre part, l'arrêté ne remet pas en question la vie commune avec sa partenaire, avec qui il a conclu un PACS le 24 juillet 2020, mais expose que la vie commune a commencé au plus tôt à compter de ce PACS, l'inverse n'étant pas démontré par les pièces du dossier. L'arrêté n'est pas entaché d'erreur de fait sur ces points.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine./ L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
7. D'une part, pour refuser le titre de séjour sollicité, la préfète ne s'est pas fondée sur l'entrée irrégulière de M. D en France. D'autre part, M. D est entré en France en 2017 à l'âge de 26 ans et s'y est effectivement maintenu en situation irrégulière. La relation avec sa partenaire de nationalité française est récente, puisque d'environ deux ans à la date de l'arrêté attaqué. Le couple n'a pas d'enfant, même s'il n'est pas contesté que le requérant habite avec l'enfant de sa compagne. Si M. D justifie avoir travaillé en tant que carreleur dans son pays d'origine avant son entrée en France et avoir souscrit une licence sportive pour la pratique du taekwondo, ces éléments, eu égard au caractère récent de ses liens privés en France, ne sont pas suffisants pour démontrer qu'en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité la préfète de la Drôme a commis une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il n'établit pas entretenir de quelconques liens avec les quelques membres de sa famille présents sur le territoire français. Pour les mêmes motifs l'arrêté ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entaché d'erreur de fait quant à sa situation familiale ou privée en France.
8. En sixième lieu, la préfète de la Drôme aurait adopté la même décision même si elle n'avait pas considéré que M. D ne démontrait pas son intégration en France. Ce moyen de l'erreur de fait doit donc être écarté.
9. En septième lieu, M. D a conservé la faculté, pendant la durée de l'instruction de son dossier de demande de titre de séjour et avant l'intervention de l'arrêté contesté, de faire valoir en préfecture tous éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu de cette mesure. Au demeurant, le requérant ne fait état d'aucun élément qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration de nature à influer sur le contenu de cette mesure. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu qu'il tient de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
10. En huitième lieu, le refus de titre de séjour n'étant pas illégal, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français se trouve privée de base légale.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Mabilon et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
J. A
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206771
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026