mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206781 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ALBAN COSTA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, Mme B, représentée par Me Costa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 juillet 2022 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jour, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer, dans les quarante-huit heures à compter du jugement, une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait à nouveau statué sur son cas et de procéder à ce nouvel examen dans un délai de trente jours, le tout sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- L'arrêté est entaché d'incompétence du signataire ;
- L'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- L'arrêté méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- L'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 janvier 2023 à 12 heures.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vial-Pailler,
- les observations de Me Costa, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 6 décembre 1989 à Kumanovo (Macédoine), ressortissante macédonienne, déclare être entrée en France le 17 octobre 2012 sans apporter la preuve des conditions ou de la date de son entrée. Le 15 novembre 2012, elle a sollicité l'asile. Sa demande a été rejetée tant par l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA), que par la Cour Nationale du Droit d'Asile (CNDA). Le 17 décembre 2019, Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des anciens article L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté n° 2022-CDA21 en date du 27 juillet 2022, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence du signataire :
2. L'arrêté attaqué a été signée par Mme C E, attachée, cheffe du bureau du droit au séjour de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par arrêté du 26 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
3. Il résulte des termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
4. Mme B n'établit pas avoir de liens personnels ou familiaux anciens et intenses en France, en dehors de sa cellule familiale composée de son concubin, lequel est arrivé en France en même temps qu'elle, et ses deux filles nées sur le territoire français. Il n'est pas contesté que son compagnon se trouve dans la même situation administrative qu'elle. Ainsi, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Macédoine, pays dont ils ont la nationalité et dans lequel ils ont vécu la majeure partie de leur vie. Mme B fait, également, valoir qu'elle souffre d'une pathologie rénale constituant une affection de longue durée et qu'elle ne peut bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine. Toutefois, alors que Mme B n'a pas présenté de nouvelle demande de titre de séjour santé, il ne ressort pas des différents certificats médicaux produits se bornant à mentionner les traitements suivis ou des recommandations post opératoires, qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Si la requérante soutient qu'elle est présente sur le territoire français depuis près de dix ans, elle ne doit ce temps de présence qu'à son maintien irrégulier sur le territoire français puisqu'elle a déjà fait l'objet de refus de séjour et d'obligations de quitter le territoire français en 2014 et 2016. Par ailleurs, Mme B n'établit pas davantage être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que la décision litigieuse méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :
5. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
6. La décision contestée n'a pas pour objet, ni pour effet de séparer Mme B de ses enfants. Mme B et son concubin sont dans la même situation administrative et ont la même nationalité. Ils peuvent, comme cela a été précédemment exposé, reconstituer leur cellule familiale en Macédoine. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris en méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation :
7. Si la requérante fait valoir qu'elle réside sur le territoire français depuis près de dix ans au moment de la décision attaquée, que ses enfants sont scolarisés en France, qu'elle souffre d'une pathologie rénale constituant une affection longue durée et qu'elle ne peut bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine et que son compagnon dispose, en France, d'excellentes perspectives d'emploi, il ressort des pièces versées au dossier qu'elle n'a pas sollicité un titre de séjour en invoquant son état de santé. Par ailleurs, Mme B n'établit pas qu'elle ne pourrait bénéficier d'une prise en charge médicale adaptée dans son pays d'origine. Eu égard aux motifs exposés au point 4, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'examen de sa situation privée et familiale.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, ses conclusions en annulation sont nécessairement rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Costa et à la Préfecture de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
Le président-rapporteur,
C. Vial-Pailler
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
P-H. d'ARGENSON Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026