vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2022, M. A C, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 2022-AK-091 du 7 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans l'attente de ce réexamen, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire sont entachés d'incompétence ;
- ils sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un défaut d'examen particulier ;
- ils méconnaissent les articles L. 511-4, 10° et L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ils méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire doit être annulée car elle est fondée sur une décision de refus de séjour illégale ;
- le refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de titre de séjour " étranger malade " est entaché d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît le III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est disproportionnée.
Par un mémoire enregistré le 26 décembre 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté n° 2022-MM-126 du préfet de l'Isère du 26 août 2022 portant assignation à résidence ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Mme F, représentant le préfet de l'Isère.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant guinéen né le 5 juin 1988, est entré en France, le 12 septembre 2009, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable un an. Il a résidé en France, en qualité d'étudiant, jusqu'au 31 octobre 2012. Par un arrêté du 29 janvier 2014, le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le recours exercé à l'encontre de cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Rennes, le 3 février 2014. M. C a sollicité l'asile, le 26 mars 2015. Sa demande a été rejetée par l'Office français des réfugiés et des apatrides, le 31 décembre 2015. L'intéressé a fait l'objet d'un refus de titre de séjour, assorti d'une mesure d'éloignement, le 10 octobre 2016. La demande d'asile a également été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile, le 19 octobre 2016. Le recours exercé à l'encontre de l'arrêté du 10 octobre 2016 a été rejeté, le 17 janvier 2017. M. C a demandé, le 29 mars 2018, un titre de séjour en qualité d'étranger malade qu'il a obtenu, le 23 avril 2020, pour une durée d'un an. Le requérant a présenté une nouvelle demande de titre de séjour, le 4 mars 2021, sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté n° 2022-AK-091 du 7 juillet 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par ailleurs, le bureau d'aide juridictionnelle a transmis au tribunal, le 22 décembre 2022, l'arrêté n° 2022-MM-126 du préfet de l'Isère du 26 août 2022 portant assignation à résidence de M. C, notifié par voie administrative, le 18 octobre 2022, joint à la demande d'aide juridictionnelle déposée en faveur de l'intéressé, le 19 octobre 2022. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté n° 2022-AK-091 du 7 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, qu'il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français dont il pourrait être saisi, ainsi que des conclusions à fin d'injonction et de celles relatives aux frais du litige. En revanche, il n'appartient pas au juge désigné de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant refus de séjour.
4. Les conclusions de la requête de M. C dirigées contre l'arrêté n° 2022-AK-091 du 7 juillet 2022, par lequel le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour relèvent de la compétence de la formation collégiale du tribunal et doivent être renvoyées à celle-ci.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
5. La décision attaquée a été signée par Mme E D, sous-préfète, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature du 2 février 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
S'agissant de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour :
6. En premier lieu, la décision attaquée, qui mentionne les éléments de faits et les considérations de droit sur lesquelles il est fondé, est suffisamment motivée au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision en litige ni des pièces du dossier que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. C. Si l'intéressé soutient que l'autorité administrative n'a pas examiné sa situation au regard des pathologies dont il serait atteint, le préfet de l'Isère n'était pas tenu d'examiner d'office s'il pouvait prétendre à un titre de séjour sur le fondement d'une autre disposition que celle dont il était saisi à savoir la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En troisième lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-13, désormais reprises à l'article L. 425-9 du même code, alors qu'il n'a pas présenté une demande de titre sur le fondement de ces dispositions. Il n'est pas davantage fondé à invoquer l'existence d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions qui n'ont fait l'objet d'aucune application.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. C se prévaut du fait qu'il résiderait en France depuis l'année 2009, de son intégration, de la présence de sa sœur sur le territoire national et d'un suivi médical. Toutefois, le titre de séjour dont il a bénéficié en qualité d'étudiant jusqu'au 31 octobre 2012, ne lui donnait pas vocation à s'installer durablement en France. L'intéressé a, d'ailleurs, fait l'objet de mesures d'éloignement les 29 janvier 2014 et 10 octobre 2016, qu'il n'a pas exécutées. M. C ne justifie pas d'une intégration professionnelle sur le territoire national ni de ressources suffisantes. Il ne démontre pas qu'il ne pourrait exercer une activité professionnelle dans son pays d'origine. En outre, il n'est pas dépourvu de toute attache familiale en Guinée, où résident sa fille mineure, ses parents et l'une de ses sœurs. S'il soutient que sa fille a quitté la Guinée, il ne l'établit pas. Enfin, il n'apporte aucun élément récent sur le traitement médical qui lui serait administré, son caractère indispensable et son éventuelle indisponibilité dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de l'Isère, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ce refus a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie. M. C n'est pas fondé à se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
S'agissant des autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
13. La décision portant obligation de quitter le territoire français en litige a été prise en même temps que celle par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un titre de séjour au requérant. Cette dernière décision était suffisamment motivée tel que cela a été exposé au point 6 du présent jugement. Dans ces conditions, la mesure d'éloignement n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour du droit d'asile et des étrangers : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " L'état de santé défini au 9° de l'article L. 611-3 est constaté au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. () ".
15. Lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger, l'autorité préfectorale n'est tenue, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.
16. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Isère disposait à la date de l'arrêté du 7 juillet 2022, d'éléments d'information précis lui permettant de considérer que l'état de santé de M. C était susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Si l'intéressé a produit, à l'appui de sa demande de titre de séjour du 4 mars 2021, présentée sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un compte rendu d'hospitalisation du 10 juin 2020, ce document n'a pas été communiqué dans le cadre de la présente instance et ne permet pas ainsi au tribunal d'en apprécier la portée. Par ailleurs, M. C ne saurait se prévaloir de l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le 7 septembre 2018, dans le cadre de sa demande de titre de séjour du 4 mars 2021, alors qu'il n'établit pas avoir transmis à l'autorité administrative des justificatifs récents susceptibles de permettre d'établir qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement à la date de la décision contestée. Au surplus, il ressort, en tout état de cause de l'avis du 7 septembre 2018, que l'intéressé peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'il peut voyager sans risque. Enfin, dans le cadre de la présente instance, M. C n'a produit aucun document médical récent relatif à son état de santé à l'exception d'un courrier du Centre Hospitalier Universitaire Grenoble Alpes mentionnant qu'il allait bénéficier de la poste d'un " Holter Tension MAPA ", le 1er septembre 2022, et que l'appareil devra être restitué à la fin de l'enregistrement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris au 9° de l'article L. 611-3 du même code, doit être écarté.
17. En troisième lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement.
18. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure d'éloignement soit entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
21. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
22. Il ressort des termes de l'arrêté du 7 juillet 2022, que pour prendre la décision contestée, le préfet de l'Isère s'est fondé sur la date d'entrée en France de l'intéressé en qualité d'étudiant, sur la circonstance qu'il a fait l'objet de deux mesures d'éloignement les 29 janvier 2014 et 10 octobre 2016 qu'il n'a pas exécutées alors que les recours exercés à l'encontre de ces décisions avaient été rejetés, sur le fait qu'il ne justifiait pas de liens intenses, stables et anciens sur le territoire national et sur les attaches familiales que M. C a conservé dans son pays d'origine où résident sa fille mineure, ses parents et sa sœur. Si l'intéressé soutient qu'il doit être soigné en France et que son traitement est indisponible en Guinée, il n'apporte aucun élément récent notamment en ce qui concerne la prise en charge médicale dont il bénéficierait, son caractère indispensable et l'indisponibilité du traitement médical dans son pays d'origine à la date de la décision attaquée. En l'espèce, le requérant ne démontre pas que des circonstances humanitaires s'opposaient à ce qu'il fasse l'objet d'une interdiction de retour en France d'une durée de deux ans. Dans ces conditions, le préfet de l'Isère n'a pas méconnu les dispositions du III de l'article L. 511-1, repris à l'article L. 612-6 du même code, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en fixant à deux ans la durée de cette interdiction. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ne présente pas un caractère disproportionné.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et les frais de l'instance :
24. Il y a lieu de réserver ces demandes pour la formation collégiale de jugement qui sera appelée à statuer sur le surplus des conclusions de la requête.
DECIDE :
Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions à fin d'annulation des décisions figurant dans l'arrêté n° 2022-AK-091 du 7 juillet 2022 faisant obligation à M. C de quitter le territoire français, refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions dirigées contre le refus de délivrance d'un titre de séjour sont renvoyées à la formation collégiale de jugement.
Article 4 : Les autres conclusions de la requête sont réservées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Schürmann et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
La magistrate désignée,
N. B
La greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026