mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SARL NOVAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022, M. B, représenté par Me Combes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2022 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de 3 ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'une semaine à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de supprimer toute mention de lui du fichier Schengen ;
4°) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* La décision portant refus d'admission au séjour :
- est entaché d'incompétence de l'auteur ;
- méconnaît l'article 6-4° de l'accord franco-algérien ;
- est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet de l'Isère n'a pas saisi la commission du titre de séjour.
* La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative au droit de l'enfant.
* La décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- Est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français.
* La décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- Méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 février 2023 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les observations de Me Combes, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 10 février 1990 à Drean El Tarf (Algérie), ressortissant algérien, déclare être entré en France le 22 juin 2015 sans justifier ni de la date, ni des conditions de son entrée. Il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans par le préfet des Bouches-du-Rhône le 12 août 2017, suite à une interpellation pour vol. Le 22 juillet 2021, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien au regard de l'article 6-4° de l'accord franco-algérien. Par un arrêté n°2022-LS192 en date du 12 octobre 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente (). " Il a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C D, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration à la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation consentie par un arrêté du préfet de l'Isère en date du 26 juillet 2022, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte en cause manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 4°) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an. ". Ces stipulations prévoient qu'un ressortissant algérien peut bénéficier d'un titre de séjour de plein droit dès lors qu'il est un ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France et qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvient effectivement à ses besoins, le certificat de résidence n'étant délivré, en cas de reconnaissance postérieure à la naissance, que si le ressortissant algérien subvient aux besoins de l'enfant depuis sa naissance ou depuis au moins un an. Toutefois, ni les dispositions précitées, ni aucune des autres stipulations de l'accord franco-algérien susvisé du 27 décembre 1968 ne privent l'administration du pouvoir qui lui appartient, en application de la règlementation générale relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France, de refuser l'admission au séjour d'un ressortissant algérien en se fondant sur la circonstance que sa présence en France constitue une menace à l'ordre public.
5. M. B déclare vivre en concubinage avec une ressortissante française avec laquelle il a eu une enfant née le 3 décembre 2020. Si le requérant démontre qu'il contribue à l'éducation et l'entretien de sa fille, il n'en demeure pas moins qu'il est défavorablement connu des services de police sous neuf identités différentes et qu'il a été interpellé à diverses reprises pour des faits de vol à la tire, vols à la roulotte, vols en réunion, recel de bien, violences aggravées et qu'il est détenu provisoirement depuis le 19 novembre 2021 pour des faits de vol en réunion, vol aggravé par deux circonstances et escroquerie. Si sa détention provisoire du 19 novembre 2021 ne constitue pas une preuve de la culpabilité de M. B pour les derniers faits de vol et escroquerie qui lui sont reprochés, sa mise en examen n'a pu être prononcée que parce qu'il existait des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'il ait pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions en cause. Dès lors, compte tenu du caractère répété des infractions commises par M. B, qui avait été notamment interpellé le 4 juin 2018 pour des faits de violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours et violence commise en réunion sans incapacité, en l'absence de tout élément permettant de douter de la vraisemblance des derniers faits reprochés à l'intéressé, et compte tenu de la gravité et du caractère récent des derniers faits, le préfet de l'Isère a pu, sans remettre en cause la présomption d'innocence et sans entacher sa décision d'erreur de fait, retenir, outre les faits commis depuis 2018, la vraisemblance des autres faits ayant justifié la mise en détention provisoire de M. B, pour constater que la présence de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, la circonstance que M. B démontre contribuer à l'éducation et l'entretien de sa fille qu'il a eue avec une ressortissante française, n'est pas de nature, compte tenu du caractère répété des infractions commises, à remettre en cause l'appréciation du préfet de l'Isère qui a retenu que le comportement du requérant constituait une menace à l'ordre public pour refuser au requérant un titre de séjour. Par suite, le préfet de l'Isère pouvait, sans méconnaître les stipulations précitées de l'article 6-4 de l'accord franco-algérien, prendre à son encontre le refus de titre litigieux. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
6. En troisième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent les conditions de délivrance de plein droit d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou une carte de résident, ou aux stipulations équivalentes de l'accord franco-algérien et auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui sollicitent un tel titre. Dès lors, comme en l'espèce, ainsi qu'il a été exposé au point précédent, que le préfet a estimé, à bon droit, que le demandeur ne remplissait pas les conditions de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, il n'était pas tenu de consulter la commission du titre de séjour avant d'opposer un refus. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2/ Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
8. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 2015, qu'il vit en concubinage et qu'il est le père d'une enfant née le 3 décembre 2020. Toutefois, si l'intéressé se prévaut d'une présence sur le territoire français depuis 2015, il apparaît qu'il s'y est maintenu pour l'essentiel de manière précaire, en situation irrégulière, et malgré deux obligations de quitter le territoire français respectivement en date du 12 août 2017 et du 1er août 2018. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale. S'agissant de sa vie familiale, le requérant et sa concubine ne pouvaient ignorer la précarité de leur installation commune, en l'absence de droit au séjour de M. B. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le requérant est défavorablement connu des services de police et a été interpellé à diverses reprises pour des faits de vol à la tire, vols à la roulotte, vols en réunion, recel de bien, violences aggravées. Il n'est pas non plus dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à ses 25 ans. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le préfet de l'Isère n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant (CIDE) du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
10. M. B soutient que la décision querellée méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, comme dit au point 5, si le requérant démontre qu'il contribue à l'entretien et l'éducation de sa fille, il appartient cependant à l'autorité de concilier, sous le contrôle du juge, les exigences de protection de la sûreté de l'Etat et de la sécurité publique avec l'intérêt supérieur de l'enfant et la liberté fondamentale que constitue le droit à mener une vie familiale normale. Dans les circonstances précisées au point 5 et eu égard à la gravité des faits relevés à l'encontre du requérant, la mesure d'éloignement attaquée ne porte pas à l'intérêt supérieur de son enfant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Enfin, le requérant ne fait état d'aucun obstacle à ce que sa compagne et sa fille lui rendent visite dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à invoquer la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
11. Les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été déclarées illégales, M. B n'est pas fondé à exciper de leur illégalité au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour (). " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L.612-6 et L.612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ". Il résulte des dispositions rappelées ci-dessus que lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans les cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
13. Dès lors qu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé au requérant, et que celui-ci ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière, le préfet de l'Isère pouvait en application des dispositions précitées, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. La circonstance invoquée par M. B selon laquelle il a une fille qui réside en France ne saurait, en effet, être qualifiée de circonstance humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'agissant de la durée de l'interdiction, il ressort de la décision attaquée que le préfet de l'Isère a pris en compte l'ensemble des critères mentionnées par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a notamment retenu que le requérant représente une menace pour l'ordre public, qu'il est défavorablement connu des services de police sous neuf identités et a été interpellé à diverses reprises, qu'il est actuellement incarcéré depuis le 19 novembre 2021 pour des faits de vol en réunion, vol aggravé par deux circonstances et escroquerie, qu'il a déjà fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français. Par ailleurs, le préfet a retenu que si M. B se prévaut de la présence de sa fille et de sa concubine en France, il ne démontre pas sa participation effective à l'entretien et l'éducation de l'enfant, ni l'existence d'une communauté de vie avec sa compagne. Enfin, le préfet a retenu que le requérant n'établit pas être en situation d'isolement dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et dans lequel demeurent ses parents, six frères et sa sœur. En outre, l'arrêté vise les dispositions des articles L. 612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté. Dans ces circonstances, eu égard notamment à la répétition des faits mentionnés au point 5, à leur gravité, au risque avéré de récidive, à la circonstance que M. B avait déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans par le préfet des Bouches-du-Rhône le 12 août 2017, qu'il n'a pas exécutée, le préfet de l'Isère n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation en prenant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans alors même le requérant démontre contribuer à l'éducation et à l'entretien de sa fille, contrairement à ce que soutient le préfet de l'Isère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction et celle tendant à la condamnation de l'Etat au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M.B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Combes et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le président-rapporteur,
C. E
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
P-H. d'ARGENSON Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026