Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207251

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantGALLO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en juge unique, a examiné la requête de M. C contestant la suspension de six mois de son permis de conduire pour conduite sous stupéfiants. Le tribunal a constaté que le préfet de l'Isère avait rapporté l'arrêté attaqué le 25 novembre 2022, rendant les conclusions à fin d'annulation sans objet. Les conclusions indemnitaires ont été rejetées comme irrecevables, faute de demande préalable auprès de l'administration, conformément à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. L'État a été condamné à verser 800 euros à M. C au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Gallo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 juin 2022 par laquelle le préfet de l'Isère a suspendu la validité son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 000 euros par mois de suspension effective de son permis de conduire en réparation des préjudices subis ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- il y a non-lieu à statuer dès lors que par une décision du 25 novembre 2022, il a rapporté la décision du 16 juin 2022,

- les conclusions indemnitaires ne sont pas recevables puisque le requérant n'a présenté aucune demande préalable indemnitaire,

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été contrôlé par la gendarmerie le 12 juin 2022. Il a été soumis à un contrôle de dépistage, lequel a été positif au cannabis. Par conséquent, son permis de conduire a fait l'objet d'une mesure de rétention le même jour. Par un arrêté du 16 juin 2022, notifié le 22 juin 2022, le permis de conduire de M. C a été suspendu pour une durée de six mois pour conduite sous emprise de stupéfiants.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par décision du 25 novembre 2022, le préfet de l'Isère a rapporté l'arrêté attaqué du 16 juin 2022. Par suite, les conclusions tendant à son annulation sont devenues sans objet, ainsi que les conclusions à fin d'injonction, et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

4. Si M. C demande l'indemnisation du préjudice financier et moral subi, il est constant qu'il n'a pas présenté de demande préalable en ce sens auprès du préfet de l'Isère permettant de faire naître, à la date du présent jugement, une décision. Dès lors, faute de liaison préalable du contentieux indemnitaire, ces conclusions sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au profit de M. C au titre des frais engagés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. C.

Article 2 : L'Etat versera à M. C une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2207251