vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 novembre 2022 et le 5 juin 2024, sous le n°2207403, la SAS L'Orée des Bois et M. A B, représentés par Me Leplat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les titres exécutoires n°01972, n°01973, n°01974, n°01975, émis par le syndicat mixte du Lac d'Annecy le 5 septembre 2022 en vue du paiement des sommes de 3 880 euros chacun, ainsi que le titre exécutoire n°01976 émis le même jour en vue du paiement de la somme de 3 960 euros, au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC) ;
2°) de les décharger de ces sommes ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte du Lac d'Annecy une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le titre exécutoire est entaché d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- la créance n'est plus exigible en raison de sa prescription.
Un mémoire, enregistré le 5 août 2024, présenté pour les requérants, n'a pas été communiqué, en application des dispositions de l'article R.611-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 avril et 4 juillet 2024, le syndicat mixte du lac d'Annecy, représenté par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SAS L'Orée des Bois une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par lettre du 4 septembre 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des titres exécutoires n°01972, n°01973, n°01974, n°01975, n°01976 émis par le syndicat mixte du Lac d'Annecy et à la décharge des sommes mises à la charge de SAS L'Orée des Bois au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC), en ce qu'elles sont présentées par M. B, dès lors que ce dernier n'est pas personnellement tenu au paiement de ces sommes.
Par un courrier enregistré le 6 septembre 2024, les requérants ont produit leurs observations sur le moyen d'ordre public.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 décembre 2022 et le 5 juin 2024, sous le n°2208560, la SAS L'Orée des Bois et M. A B, représentés par Me Leplat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les titres exécutoires n°02546 et n°02547 émis par le syndicat mixte du Lac d'Annecy le 4 novembre 2022 en vue du paiement des sommes de 4 040 euros chacun au titre de la PFAC ;
2°) de les décharger de ces sommes ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte du Lac d'Annecy une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le titre exécutoire est entaché d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- la créance n'est plus exigible en raison de sa prescription.
Un mémoire, enregistré le 5 août 2024, présenté pour les requérants, n'a pas été communiqué, en application des dispositions de l'article R.611-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 avril et 4 juillet 2024, le syndicat mixte du lac d'Annecy, représenté par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SAS L'Orée des Bois une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par lettre du 4 septembre 2024, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des titres exécutoires n°02546 et n°02547 émis par le syndicat mixte du Lac d'Annecy et à la décharge des sommes mises à la charge de SAS L'Orée des Bois au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC), en ce qu'elles sont présentées par M. B, dès lors que ce dernier n'est pas personnellement tenu au paiement de ces sommes.
Par un courrier enregistré le 6 septembre 2024, les requérants ont produit leurs observations sur le moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Bastard-Rosset, avocat du syndicat mixte du Lac d'Annecy.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2207403 et 2208560 de la SAS L'Orée des Bois et M. A B présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
2. Le 3 août 2016, la société par actions simplifiée (SAS) L'Orée des Bois a présenté une demande d'aménager tendant à la création d'un lotissement de huit lots à bâtir sur un terrain situé Clos l'Orée des Bois à Chapeiry, qui a été accordée le 16 décembre suivant. Le 30 septembre 2022, cinq titres de recette d'un montant total de 19 480 euros ont été émis par le syndicat mixte du Lac d'Annecy, devenu compétent en matière d'assainissement, pour le recouvrement de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC). Le 4 novembre 2022, deux titres de recette supplémentaires d'un montant total de 8 080 euros ont été émis par le syndicat mixte du Lac d'Annecy à ce même titre. Dans la présente instance, les requérants demandent l'annulation de ces titres exécutoires et la décharge de l'obligation de payer la somme totale de 27 560 euros.
Sur la recevabilité :
3. Le dirigeant d'une société déclaré solidaire du paiement de sommes mises à la charge de cette société est recevable à en contester le bien-fondé. En revanche, le dirigeant d'une société, qui n'a pas été déclaré redevable de sommes au titre de cette solidarité et qui ne dispose d'aucun titre pour en demander la décharge, n'est pas recevable à en contester le bien-fondé devant le juge administratif. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait été déclaré solidaire du paiement des sommes susvisées mises à la charge de la SAS L'Orée des Bois, seule cette dernière peut demander l'annulation de ces titres et la décharge des sommes en litige. Les conclusions de la requête, en ce qu'elles sont présentées par M. B en son nom propre, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ".
5. Un état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette. En application de ce principe, l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
6. En l'espèce, les titres exécutoires n°01972, n°01973, n°01974 et n°01975 mentionnent en objet " CHAP/OREE DES BOIS - PFAC - 01/01/2017 ", le titre exécutoire n°01976 mentionne " CHAP/OREE DES BOIS - PFAC - 01/01/2018 " et les titres exécutoires n°2546 et n°2547 mentionnent " CHAP/OREE DES BOIS - PFAC - 31/12/2021 ". Ce faisant, ils ne précisent ni les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle ils ont été émis, ni les éléments de calcul sur lesquels ils sont fondés. Si le syndicat mixte du lac d'Annecy fait valoir que ces titres étaient accompagnés de la facture explicative afférente et dans laquelle figuraient les éléments permettant de calculer le montant de chaque titre, aucun de ces titres exécutoires ne fait référence à cette pièce, ni à aucun autre document précisant les bases de la liquidation et les éléments de calcul des sommes réclamées.
7. Il résulte ce qui précède que les titres exécutoires n°01972, n°01973, n°01974, n°01975, n°01976, n°02546 et n°02547 émis les 5 septembre et 4 novembre 2022 doivent être annulés.
En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :
8. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre, statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
9. L'annulation des titres exécutoires n°01972, n°01973, n°01974, n°01975, n°01976, n°02546 et n°02547 émis les 5 septembre et 4 novembre 2022 résultant seulement d'un vice de forme, n'implique pas, l'autre moyen invoqué n'étant pas susceptible de la fonder, que la SAS L'Orée des Bois soit déchargée de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge. Par suite, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS L'Orée des Bois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le syndicat mixte du lac d'Annecy au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du syndicat mixte du lac d'Annecy la somme demandée par la SAS L'Orée des Bois sur ce même fondement.
D É C I D E :
Article 1er :La requête est rejetée en tant qu'elle est présentée pour M. B.
Article 2 :Les titres exécutoires n°01972, n°01973, n°01974, n°01975, n°01976 du 5 septembre et les titres exécutoires n°02546 et n°02547 du 4 novembre 2022 sont annulés.
Article 3 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la SAS L'Orée des Bois, à M. B ainsi qu'au syndicat mixte du lac d'Annecy.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le rapporteur,
A. Derollepot
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2208560
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026