lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°2022/148 du 28 juin 2022 par lequel le préfet la Savoie a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " dès notification du jugement sous astreinte journalière de 100 euros ou, subsidiairement, après délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de travail, de réexaminer sa demande dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivé ;
- ce refus est entaché d'erreurs de fait ;
- le préfet de la Savoie n'a pas examiné sa situation ;
- ce refus méconnaît l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ce refus méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ce refus est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour prive l'obligation de quitter le territoire français de base légale ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- cette obligation est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français prive la décision portant fixation du pays de destination de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Le mémoire présenté par M. A, enregistré le 13 janvier 2023, n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du président de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Grenoble du 12 septembre 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- et les observations de Me Mathis, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien, serait entré en France en mars 2017 alors qu'il était mineur. Il a été confié au service d'aide sociale à l'enfance. A sa majorité, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans la présente instance, il demande l'annulation pour excès de pouvoir du refus que le préfet de la Savoie lui a opposé par arrêté du 28 juin 2022 portant également obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
2. Le refus de titre de séjour contesté comporte les considérations de fait et de droit qui le fondent. Il satisfait ainsi à l'exigence de motivation qu'imposent les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du vice de forme dont il serait entaché doit donc être écarté.
3. Il résulte des termes de l'arrêté en litige, que le préfet de l'Isère a examiné la situation du requérant avant de rejeter sa demande de titre de séjour. Le moyen correspondant doit donc être écarté.
4. Les éléments pris en compte par le préfet pour apprécier si les conditions instituées par l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont satisfaites ne correspondent pas à des motifs du refus de titre de séjour en litige, mais à des éléments de l'appréciation ainsi portée par le préfet. Par suite, les éventuelles erreurs dont ils seraient entachés ne caractérisent pas une erreur de fait entachant ce refus. Le moyen correspondant doit donc être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".
6. A la date du refus de titre de séjour en litige, M. A, qui avait obtenu un certificat d'aptitude professionnelle d'opérateur logistique en juin 2021, avait achevé sa formation. Il ne remplissait donc plus la condition exigée par les dispositions citées au point précédent de suivi d'une telle formation. Il ressort par ailleurs de ses déclarations, formulées en décembre 2020, qu'il conserve des liens avec sa mère demeurée en Côte d'Ivoire. Enfin, il a adopté à plusieurs reprises, au cours de ses années de placement auprès du service social à l'enfance, un comportement répréhensible. Dans ces circonstances et malgré l'avis favorable de la structure qui l'accueillait en juillet 2021, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour contesté méconnaît les dispositions citées au point précédent.
7. A la date du refus de titre de séjour en litige, M. A n'était présent en France que depuis 5 ans. Il conserve des attaches familiales dans son pays d'origine en la personne de sa mère et de trois frères et d'une sœur. Il ne justifiait pas, à cette même date, d'une insertion professionnelle sérieuse et ne produit pas de preuve des relations personnelles, notamment amicales, qu'il aurait tissées sur le territoire national. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour attaqué porte, à sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts pour lesquels cette décision a été édictée. Le moyen tiré de la méconnaissance, par ce refus, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.
8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le refus de titre de séjour doit être écarté.
9. L'obligation de quitter le territoire français contestée comporte les considérations de fait et de droit qui le fondent. Elle satisfait ainsi à l'exigence de motivation qu'impose l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du vice de forme dont elle serait entachée doit donc être écarté.
10. Il résulte des éléments exposés aux points 2 à 8 que l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour, excipée à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écartée.
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 8, les moyens tirés, d'une part, de la méconnaissance, par l'obligation de quitter le territoire français, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, d'autre part, de l'erreur manifeste d'appréciation entachant cette obligation doivent être écartés.
12. Il résulte des éléments exposés aux points 2 à 11 que l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français, excipée à l'encontre de la décision portant fixation du pays de destination, doit être écartée.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées.
14. Il en va de même, eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, des conclusions qu'il présente au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Mathis et au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, premier conseiller,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2207603
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026