vendredi 18 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HEINRICH AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 novembre 2022, le 14 avril 2025, M. B A, représenté par Me Chopineaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision tacite du 21 septembre 2022 par laquelle la maire de la commune des Echelles a refusé la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022 demandée le 19 juillet 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel la maire de la commune des Echelles a refusé de lui délivrer une autorisation d'occupation du domaine public en vue du confortement de cet immeuble par la pose d'étais et des bastaings sur la voie publique pour une durée de 120 jours ;
3°) d'enjoindre à la maire de la commune des Echelles de prononcer la mainlevée de son arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022, ou, à titre subsidiaire, d'autoriser les travaux d'étaiement par l'extérieur, jusqu'à une distance de deux mètres de la façade, sur la voie publique, comme prescrit par l'expert judiciaire, pendant une période de 2 mois, en édictant un arrêté de police de circulation pour ces travaux et de lui donner acte de ce qu'il accepte de réaliser la dalle haute au rez-de-chaussée constituant le plancher du 1er étage, ou, à titre infiniment subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise aux fins de constater l'état de l'immeuble situé 34-36 rue Jean-Jacques Rousseau aux Echelles ;
4°) de mettre à la charge de la commune des Echelles une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de prononcer la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022 :
- la mainlevée doit être prononcée dès lors que, suite à l'étaiement par l'intérieur, le péril a disparu, ou n'est plus imminent ;
- l'exécution complète des mesures préconisées dans le cadre de l'arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022 est rendue impossible par le refus du 8 novembre 2022 de lui délivrer l'autorisation d'occupation du domaine public sollicitée ;
En ce qui concerne l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel la maire de la commune des Echelles a refusé de lui délivrer une autorisation d'occupation du domaine public :
- il ne pouvait être fondé sur le motif tiré de l'entrave au passage des chasse-neiges pendant l'hiver dès lors que la chaussée a une largeur inférieure à 5,5 mètres, en dehors de tout travaux ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, les étais envisagés ne faisant pas obstacle à la circulation publique, notamment des cars, l'étaiement n'étant que provisoire et les jardinières existantes de l'autre côté de la voie pouvant être déplacées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2025, la commune des Echelles, représentée par Me Heinrich, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer, et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions aux fins d'annulation du refus explicite du 3 août 2022 de prononcer la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022 sont tardives ;
- à titre subsidiaire, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de ce refus compte-tenu de la démolition du bâtiment ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire présenté pour la commune des Echelles a été enregistré le 24 avril 2025 et n'a pas été communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, premier conseiller,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Chopineaux, avocat de M. A, et de Me Rochat, substituant Me Heinrich, avocat de la commune des Echelles.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er juillet 2020, M. A a obtenu un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable pour la rénovation d'une maison existante au 34-36 rue Jean-Jacques Rousseau, aux Echelles (Savoie). Le 12 mai 2021, la maire de la commune des Echelles a dressé un procès-verbal d'infraction et, par un arrêté du 5 juin 2021, elle a ordonné à M. A d'interrompre les travaux. Par un arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022, la maire de la commune des Echelles a enjoint à M. A de faire procéder aux mesures d'urgences requises. Le 19 juillet 2022, M. A a demandé la mainlevée de cet arrêté de péril. Le 3 août 2022, la maire de la commune des Echelles a refusé de procéder à cette mainlevée. Le 25 octobre 2022, M. A a demandé à la maire de cette commune de lui accorder une autorisation d'occuper le domaine public en vue du confortement de l'habitation par la pose d'étais et des bastaings sur la voie publique pour une durée de 120 jours au droit de sa propriété. Dans la présente instance, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation du refus de procéder à la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022 qui lui a été opposé le 3 août 2022. Il demande également l'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2022 par lequel la maire de la commune des Echelles a refusé de lui délivrer l'autorisation d'occupation du domaine public sollicitée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de prononcer la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 10 janvier 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 511-19 du code de la construction et de l'habitation : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe. / Lorsqu'aucune autre mesure ne permet d'écarter le danger, l'autorité compétente peut faire procéder à la démolition complète après y avoir été autorisée par jugement du président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond ". Aux termes de l'article L. 511-21 du code de la construction et de l'habitation : " Si les mesures ont mis fin durablement au danger, l'autorité compétente prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement. Elle prend un arrêté de mainlevée conformément à l'article L. 511-14. / Si elles n'ont pas mis fin durablement au danger, l'autorité compétente poursuit la procédure dans les conditions prévues par la section 2 ".
3. Pour statuer sur la légalité d'arrêtés pris sur le fondement de ces dispositions, le juge de plein contentieux se fonde sur les circonstances de droit et de fait à la date à laquelle il se prononce.
4. Il résulte de l'instruction que l'immeuble en litige a été totalement démoli au cours de l'année 2023. Compte tenu de la disparition de l'immeuble, les conclusions dirigées contre le refus de prononcer la mainlevée de l'arrêté de péril du 10 janvier 2022 ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a dès lors pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 3 août 2022. Pour les mêmes motifs, les conclusions à fin d'injonction de M. A, sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise, doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté du 8 novembre 2022 :
5. Pour refuser à M. A le permis de stationnement sollicité, la maire de la commune des Echelles s'est fondée sur les circonstances que " la RD 1006 constitue la principale voie de desserte de la commune, et qu'ainsi, elle reçoit un trafic automobile important notamment pour la desserte des bus de transports scolaires ", qu'ainsi que le mentionne le conseil départemental dans son avis du 2 novembre 2022 " la pose d'étais sur l'emprise de la RD 1006 aura pour effet de réduire la largeur de la chaussée en-deçà de 5.50 mètres entre le 12 novembre 2022 au 12 mars 2023 () et entravera le passage des chasse-neiges pendant l'hiver " et " l'absence de déneigement de la RD 1006 durant la période hivernale serait de nature à occasionner une gêne pour la circulation et un risque important pour la sécurité publique ". L'arrêté mentionne également qu'ainsi que l'expose le conseil régional dans son avis du 8 novembre 2022, ces travaux " empêcheront la desserte de plusieurs arrêts de la ligne régulière 7010 " et " devront être réalisés pendant les vacances scolaires estivales afin d'éviter des difficultés organisationnelles pour la circulation des autocars scolaires qui empruntent la RD 1006 " et qu'enfin, " une autre solution de confortement du bâtiment par l'intérieur, sans impacter la largeur de la rue, aurait pu être envisagée " par M. A.
6. Si M. A soutient que la pose d'étais et des bastaings sur la voie publique n'était pas susceptible de gêner la circulation des autocars empruntant la RD 1006 dès lors que leur largeur serait inférieure à trois mètres, cette assertion n'est pas établie. S'il soutient que les jardinières existantes de l'autre côté de la voie pouvaient être déplacées, il ressort des pièces du dossier que ces jardinières protègent le seul trottoir qui resterait alors disponible. En soutenant que l'étaiement n'est que provisoire, il ne critique pas utilement la décision attaquée dont la motivation retient la possibilité d'effectuer les travaux pendant les vacances scolaires estivales. Enfin, il ne conteste pas qu'une autre solution de confortement du bâtiment par l'intérieur aurait pu être envisagée. La maire était fondée à refuser, pour ces seuls motifs, le permis de stationnement sollicité. Il résulte de l'instruction qu'elle aurait pris la même décision si elle avait retenu ces seuls motifs. Dès lors il y a lieu de rejeter la demande d'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2022 sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la légalité de l'autre motif retenu par la maire.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la commune des Echelles au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 3 août 2022.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :M. A versera à la commune des Echelles une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A et à la commune des Echelles.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2025.
Le rapporteur,
A. Derollepot
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de la Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026