vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 novembre 2022 et 13 décembre 2022, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de l'arrêté du 23 septembre 2022 par lequel le maire de la commune de Cordon a retiré sa décision tacite de non-opposition à travaux du 4 août 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cordon une somme de 5000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que : la condition d'urgence est remplie ;
- plusieurs moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- la décision procède au retrait d'une décision déjà retirée ;
- et en toutes hypothèses, la décision de retrait est intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article 222 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique ;
- les dispositions des articles 11.3, A 2.6 du règlement et R. 111-27 du code de l'urbanisme font l'objet d'une appréciation erronée ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait et de droit au regard des dispositions R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés les 9 et 12 décembre 2022, la commune de Cordon, représentée par Me Duverneuil conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3000 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- à titre principal, que les conclusions sont irrecevables en ce que toutes les décisions postérieures à la décision d'opposition à déclaration préalable en date du 20 avril 2022 ont le caractère de décisions confirmatives, qui ne peuvent nullement faire l'objet d'un quelconque recours ;
- à titre subsidiaire, que la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- à titre infiniment subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ;
- une substitution de motif doit, au besoin, être effectuée dès lors que la décision d'opposition contestée est en tout état de cause légale et parfaitement justifiée au regard des dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques selon lequel.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 octobre 2022 sous le numéro 2206847 par laquelle société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :
- Me Mirabel, représentant la société Free Mobile ;
- Me Nectoux, représentant la commune de Cordon.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé un dossier de déclaration préalable le 24 février 2022, complété le 25 mars 2022 en vue de l'installation d'une station de radiotéléphonie mobile sur la parcelle n°3401, au lieu-dit " Les Molliards ", le long du chemin des Mouilles. Le maire s'est opposé à ce projet par un arrêté du 20 avril 2022 en retenant notamment qu'un risque d'atteinte à la sécurité publique existait au regard du défaut de production d'une étude géotechnique du sol. La société Free Mobile a alors déposé un nouveau dossier de déclaration préalable de travaux le 4 juillet 2022 en ajoutant au dossier originel une étude géotechnique et en prévoyant la construction d'un puit perdu d'environ 3 m² pour la récupération des eaux de pluie et de ruissellement. Par une décision du 1er août 2022, notifiée au pétitionnaire seulement le 5 août 2022, le maire s'est opposé à cette déclaration de travaux. Par une décision du 23 septembre 2022, notifiée le 27 septembre 2022, le maire a procédé au retrait de la décision tacite de non opposition à travaux en date du 4 août 2022. La société Free Mobile demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision de retrait.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Cordon :
2. La commune de Cordon soutient que la requête est irrecevable au motif que toutes les décisions postérieures à la décision d'opposition à déclaration préalable en date du 20 avril 2022 ont le caractère de décisions confirmatives, ne pouvant nullement faire l'objet d'un quelconque recours. Toutefois, les conclusions aux fins de suspension ne sont pas dirigées contre ces décisions, mais seulement contre l'arrêté procédant au retrait de la décision implicite de non-opposition né, en application des dispositions des articles L. 424-1, R. 424-1 et R. 423-23 du code de l'urbanisme, le 4 août 2022 soit un mois après le dépôt du dossier de déclaration préalable de travaux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut être qu'écartée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction et particulièrement des cartes de couverture réseau produites par la société requérante, dont la sincérité ne peut être utilement contestée du seul fait des contradictions relevées avec les cartes de couverture réseau mise en ligne sur le site internet de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), qui n'ont pas la même précision ni la même portée, que la société Free Mobile ne dispose pas en propre de couvertures des réseaux téléphoniques sur la totalité du territoire proche de la station relais en litige. Aussi, et eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile et aux intérêts propres de la société Free Mobile, qui a pris des engagements vis-à-vis de l'État quant à cette couverture du territoire par les réseaux 4G et THD, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie, et ce alors même que la société Free Mobile n'a saisi le juge des référés que près de quatre mois après l'intervention de la décision attaquée.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
6. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable () ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ". L'article R. 423-23 du code de l'urbanisme prévoit que : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables () ".
7. Il résulte de l'instruction que la déclaration préalable en vue de l'installation du relai de radiotéléphonie mobile en cause a été déposée par la société Free Mobile le 4 juillet 2022. Dès lors, en application des dispositions précitées, une décision implicite de non-opposition est né le 4 août 2022. Il n'est pas contesté que la décision du 1er août 2022, notifiée le 5 août 2022 au pétitionnaire doit ainsi être regardée comme une décision portant retrait de cette autorisation implicite. Par suite, en procédant, par la décision contestée, au retrait de cette même décision implicite de non-opposition à déclaration préalable de travaux, le maire a procédé au retrait d'un acte inexistant ce qui, en l'état de l'instruction, paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
8. Les autres moyens étant présentés à titre subsidiaire, il n'y a pas lieu de de les examiner. Il en va de même s'agissant de la demande de substitution de motifs proposée par la commune.
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions des parties, présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 23 septembre 2022 par laquelle le maire de Cordon a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable de travaux en date du 4 août 2022 est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune de Cordon.
Fait à Grenoble, le 16 décembre 2022.
Le juge des référés La greffière
E. A C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026