LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2207840

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207840

lundi 20 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207840
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 novembre 2022 et le 17 mai 2023, le préfet de la Haute-Savoie demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 août 2022 par lequel le maire de la commune de Talloires-Montmin a accordé un permis de construire à la société FC Debuquoy.

Il soutient que :

- les dispositions des articles 1 UT et 2 UT du règlement du plan local d'urbanisme au visa desquels a été délivré le permis de construire litigieux sont illégales et méconnaissent les dispositions des article R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme ;

- l'article 7 UT du règlement du plan local d'urbanisme de Talloires-Montmin a été méconnu ;

- l'article 3.1 UT du règlement du plan local d'urbanisme de Talloires-Montmin a été méconnu ;

- l'article 11.1 UT du règlement du plan local d'urbanisme de Talloires-Montmin a été méconnu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, la société FC Debuquoy, représentée par Me Planchet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par le préfet de la Haute-Savoie ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 mai 2023 et le 21 août 2023, la commune de Talloires-Montmin, représentée par Me Duraz, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par le préfet de la Haute-Savoie ne sont pas fondés.

La clôture d'instruction a été fixée le 12 octobre 2023 par un avis d'audience du même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de Talloires-Montmin ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauveplane,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,

- les observations de Me Duraz représentant la commune de Talloires-Montmin et de Me Planchet représentant la société FC Debuquoy.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 11 août 2022 le maire de la commune de Talloires-Montmin a accordé un permis de construire à la société FC Debuquoy pour la construction d'un immeuble destiné à l'hébergement du personnel saisonnier de l'hôtel Beau Site dont elle est propriétaire. Ce projet vise en la construction d'un bâtiment comprenant 21 logements et une zone de stockage destinée à l'hôtel Beau Site pour une surface de plancher de 706,56 mètres carrés. Le préfet de la Haute-Savoie a demandé le retrait de cette décision par un recours gracieux du 3 octobre 2022, qui a été rejeté par le maire de la commune de Talloires-Montmin le 12 octobre 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme :

2. Aux termes de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme : " Sous réserve de l'application des articles L. 600-12-1 et L. 442-14, l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a pour effet de remettre en vigueur le schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document d'urbanisme en tenant lieu ou la carte communale immédiatement antérieur. ". Aux termes de l'article L. 600-12-1 du même code : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet () ".

3. Il résulte de l'article L. 600-12-1 que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Un vice de légalité externe est étranger à ces règles, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. En revanche, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, un vice de légalité interne ne leur est pas étranger. Si le ou les motifs d'illégalité n'affectent que certaines règles divisibles du document d'urbanisme, la légalité de l'autorisation contestée n'est appréciée au regard du document immédiatement antérieur que pour les seules règles équivalentes nécessaires pour assurer le caractère complet et cohérent du document.

4. S'agissant en particulier d'un plan local d'urbanisme, une disposition du règlement ou une partie du document graphique qui lui est associé ne peut être regardée comme étant divisible que si le reste du plan forme avec les éléments du document d'urbanisme immédiatement antérieur le cas échéant remis en vigueur, un ensemble complet et cohérent. En outre, lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.

5. En l'espèce, si le préfet de la Haute-Savoie soutient que les dispositions des articles 1 UT et 2 UT du plan local d'urbanisme de la commune de Talloires-Montmin dans sa version applicable au projet adoptée le 15 novembre 2018 et qui ne sont pas étrangères au permis de construire délivré, méconnaissent les dispositions des article R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme, il ne soulève aucun moyen relatif à la méconnaissance des règles antérieurement applicables. Par suite, et quand bien-même les dispositions du plan local d'urbanisme seraient illégales, le moyen tiré de l'exception d'illégalité des article 1 UT et 2 UT du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Talloires-Montmin ne saurait prospérer et doit donc être écarté.

En ce qui concerne les moyens relatifs au permis de construire accordé le 11 août 2022 :

6. Aux termes de l'article 3.1 UT du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Talloires-Montmin : " Les occupations et utilisations du sol sont refusées si les accès provoquent une gêne ou présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte-tenu notamment de la position des accès, de leur configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".

7. Si le préfet soutient que le projet ne prévoit qu'un seul accès viable dès lors que la société pétitionnaire n'a pas obtenu de la commune la servitude de passage sur les parcelles cadastrées section AH 193, 194, 195 et 196, d'une part, il ressort toutefois du plan de masse qu'un premier accès vers le chemin de la Ruaz desservant la première aire de stationnement depuis la parcelle AH 605 et sur lequel la société pétitionnaire dispose déjà d'une servitude de passage est prévu. D'autre part, si la commune a refusé l'octroi d'une servitude sur la voie constituée par les parcelles AH 193, 194, 195 et 196 à laquelle devait être relié l'accès prévu depuis l'angle Ouest et desservant la seconde aire de stationnement, le projet prévoit en tout état de cause la réalisation d'un chemin goudronné d'une largeur comprise en 3 et 5 mètres permettant de relier cet accès, au chemin de la Ruaz. Ainsi, le projet prévoyant deux accès véhicules reliés au chemin de la Ruaz, permettant de desservir l'ensemble des places de stationnement ainsi qu'un accès distinct réservé aux piétons depuis cette même voie, aucun des éléments au dossier n'établit qu'il existerait un risque pour la sécurité des usagers. Le moyen doit donc être écarté.

8. Aux termes de l'article 7 UT du règlement du plan local d'urbanisme de Talloires-Montmin : " La distance comptée horizontalement de tout point de la façade d'une construction ou installation, telle que définie ci-dessus, au point de la limite parcellaire de la propriété voisine qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à 3 m. ".

9. Contrairement à ce qu'expose le préfet, la bande de terrain d'une largeur de trois mètres et séparant le projet de la parcelle AH 194 n'a pas vocation à être acquise par la société pétitionnaire dès lors qu'elle en est déjà propriétaire. A la lumière des explications et des éléments produits par la commune, il ressort des pièces du dossier que cet espace avait vocation à être cédé par la société FC Dubuquoy à la commune afin de créer un accès facilité au lac pour les piétons en échange de l'octroi d'une servitude de passage sur les parcelles cadastrées section AH 193, 194, 195 et 196. Toutefois, par une délibération du 25 juillet 2022 le conseil municipal de la commune de Talloires-Montmin a fait obstacle à cette rétrocession en rejetant la demande de servitude. Par conséquent et dès lors qu'aucune modification des limites parcellaires n'a eu lieu et n'est désormais prévue, le projet litigieux s'implante à une distance d'au moins trois mètres de la limite séparative avec la parcelle AH 194. Le moyen doit donc être écarté.

10. Aux termes de l'article 11.1 UT du règlement du plan local d'urbanisme de Talloires-Montmin : " Lorsqu'un projet est de nature à modifier fortement le site existant, ou à créer un nouveau paysage, l'aspect des constructions peut-être apprécié selon des critères plus généraux que ceux ci-dessous détaillés dans les articles 11.3 et 11.4, notamment dans la mise en œuvre de matériaux ou de techniques liées aux économies d'énergies, aux énergies renouvelables, ou à la bio-construction. Le demandeur ou l'auteur du projet doit alors justifier de la bonne insertion des dispositions architecturales du projet, dans le site et l'environnement bâti ".

11. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune.

12. Le préfet soutient que le projet s'implante dans un espace préservé situé au bord du lac et que le projet, par ses dimensions, créera une densification significative de l'urbanisation. Toutefois, s'il ressort des prises de vue aériennes que le terrain d'assiette du projet se situe dans un espace d'urbanisation diffuse, l'immeuble projeté sera implanté en bordure du chemin de la Ruaz lequel est bordé, à proximité immédiate de la construction autorisée, par de nombreux hôtels et villas de dimensions importantes et présentant les mêmes caractéristiques volumétriques et architecturales, notamment s'agissant des façades et de la toiture, que le projet de la société FC Debuquoy. Par conséquent, le moyen doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête du préfet de la Haute-Savoie doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu, eu égard aux circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros chacun à verser à la commune de Talloires-Montmin et à la société FC Debuquoy.

D E C I D E :

Article 1er :La requête du préfet de la Haute-Savoie est rejetée.

Article 2 :L'Etat versera la somme de 750 euros chacun à la commune de Talloires-Montmin et à la société FC Debuquoy en application des dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié au préfet de la Haute-Savoie, à la commune de Talloires-Montmin et à la société FC Debuquoy.

Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Barriol, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.

Le président,

M. Sauveplane

L'assesseure la plus ancienne,

C. Letellier

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions