vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207919 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 5 |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 1er décembre 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal la requête présentée par M. C B où elle a été enregistrée le 1er décembre 2022.
M. B, représenté par Me Bouhalassa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
Par un mémoire enregistré le 16 décembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement convoquées à l'audience publique du 3 janvier 2023 à 8 heures 50, ne s'y sont pas présentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ". Sur le fondement de ces dispositions, le préfet du Rhône a pris à l'encontre de M. B alias A, ressortissant algérien, l'arrêté attaqué du 15 novembre 2022.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application et énonce les éléments de fait essentiels tenant à la situation personnelle et familiale de M. B. Il est donc suffisamment motivé au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, cette motivation atteste que le préfet du Rhône s'est livré à un examen de la situation personnelle de M. B.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
4. M. B réside illégalement en France depuis l'expiration de son visa court séjour le 20 août 2016 et a attendu plusieurs années avant de chercher à régulariser sa situation. Il n'est pas contesté qu'il s'est soustrait à une obligation de quitter le territoire émise par le préfet des Alpes-Maritimes le 5 octobre 2018. Par ailleurs, il reconnaît avoir utilisé à plusieurs reprises de faux papiers et de faux permis de conduire. Si M. B s'est marié le 29 octobre 2022 avec une ressortissante française, après avoir vécu en concubinage quelques mois, cette relation est récente et le requérant garde la possibilité d'être admis au séjour au titre du regroupement familial, de sorte que la séparation du couple ne serait que temporaire. Enfin, si le requérant démontre avoir tissé des liens familiaux et amicaux en France, il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, puisqu'il a admis dans le procès-verbal d'audition du 7 juin 2021 envoyer régulièrement des médicaments à ses parents en Algérie. Ainsi, eu égard au caractère récent de son mariage et aux conditions de son séjour en France, l'arrêté attaqué ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée. Pour les mêmes motifs, il n'est pas non plus entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B alias A est rejetée
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C B, et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026